Roadtrip Côte Est – jour 3

« Today is the day » comme dirait les locaux. Le grand jour oui mais le grand jour de quoi? Aujourd’hui c’est le Daytona 500 les p’tits loups, le Daytona 500!!!! La plus grande course de Nascar de l’année!!!
Haaaaaa le bruit assourdissant des V8, l’odeur de gomme brûlée, les voitures roulant cul à cul à des vitesses indécentes, les crashs, les beaufs dans les gradins, la bière tiède *sourire béat*

La Nascar pour les nuls

Commençons par le commencement: la Nascar c’est quoi? C’est le championnat de courses automobiles le plus populaire aux USA et connu chez nous grâce à des films comme Jour de tonnerre avec Tom Cruise ou plus récemment Cars (oui oui le Disney/Pixar). Accessoirement  c’est aussi le sport le plus populaire après le football – je parle ici de foot US, pas le truc de danseuses étoiles qu’on se coltine à longueur d’année chez nous.
Bref, l’idée fondatrice de la Nascar c’est de faire des courses avec une voiture ressemblant plus ou moins à celle de monsieur tout le monde. Au début, il s’agissait de passionnés se rassemblant le dimanche pour faire la course sur la plage de Daytona avec leur voiture mais très vite le tout c’est professionnalisé.

A gauche la voiture de série, à droite la version Nascar 2014
A gauche la voiture de série, à droite la version Nascar

Aujourd’hui, si de l’extérieur les voitures de Nascar ont un vague air de famille avec la berline de monsieur tout le monde, le nom du modèle et le logo du constructeur sont en réalité les seuls liens qu’elles entretiennent avec leur homologue civilisée. La différence se faisant surtout sous le capot avec un petit V8 de 725 chevaux.
Particularité des voitures de Nascar, elles n’ont ni phares ni essuie glace donc pour les courses de nuit on éclaire la piste et quand il pleut… ben on rentre au garage. Enfin le terrain de jeu de prédilection de la Nascar c’est l’ovale. Hé ouais, ici on tourne en rond.
Des ovales, il en existe de différentes tailles. Des petits: Short tracks, des moyens: les  Speedways (2/2.5 miles) et des gigantesques: les Superspeedways. Au nombre de deux – dont celui de Daytona, les voitures y sont bridées pour des raisons de « sécurité » car sur un circuit comme celui-ci, la vitesse moyenne au tour taquine les 325km/h (le record – en date de 1987 – s’est fait en 42 sec 783 soit 338.548 km/h de moyenne). Oui c’est n’importe quoi.

Daytona International Speedway

A propos du circuit, celui de Daytona est un tri-ovale de 4km dont les principaux virages sont inclinés à 31°. Ce qui veut dire que quand on est pied du truc, on se trouve face à un véritable mur. J’ai souvenir d’avoir râpé un fond de culotte en descendant le machin quand je suis venu là pour la première fois en 198… ouais enfin je devais juste commencer les âges à 2 chiffres. Bref vous comprenez donc comment font les pilotes pour être pied au plancher dans les virages et aussi pourquoi l’endroit est propice aux accidents les plus hallucinants.

Histoire d’être complet, sachez que l’on peut mettre pas loin de 160.000 rednecks dans les tribunes.

Everyday is race day

Tombage du lit à 4 heures du matin. Pourquoi? Parce que vu le programme du jour et le monde, il faut être dans les premiers sur le circuit. Et c’est là que le repérage d’hier va prendre tout son sens. Non seulement nous savons où se trouve le parking, comment on prend les navettes etc… mais en plus on se débrouille pour être dans les 40 premières voitures sur le parking et dans les 15 premiers de la file d’attente pour les stands. Car oui, tant qu’à venir autant en profiter et payer un petit supplément pour faire le tour des garages, avoir accès à la ligne des stands et plein d’autres trucs funky.
Une petite navette fait l’allé-retour entre l’infield (l’intérieur de l’ovale) et la tribune principale. C’est ça qui nous intéresse, ce qu’ils appellent la FanZone.  Hormis des bars, il y a tout un tas d’animation sponsorisées pour machin ou bidule mais il y a aussi les garages. A Daytona c’est bien fait: ces derniers sont vitrés. On peut voir les mécanos travailler sur la voiture de son pilote préféré, voir pour certains laisser un petit mot au marqueur sur la vitre à l’attention du pilote. On peut aussi se promener sur le Fan Deck, un coursive se trouvant sur le dessus des garages et qui permet de voir les mécanos à l’oeuvre mais aussi d’admirer les camions et tout le microcosme nascarien en pleine action. Mais là où nous avons bien joué en arrivant tôt, c’est que cela nous a permis de nous inscrire pour une visite « de l’autre côté de la vitre » – c’est-à-dire se trimbaler au milieu des voitures, mécanos, officiels etc. Le nombre de places étant limitées, les premiers arrivés sont les premiers servis. En moins de 10 minutes, tout était presque complet.

La visite, encadrée bien entendu, permet donc de voir de très très très prêt tout ce qu’on ne voit d’habitude qu’à la télé. Il est en effet très tentant de tendre le doigt pour toucher une voiture malgré l’interdiction formelle. On slalome donc entre les voitures partant ou revenant des différentes inspections, des mécanos qui courent partout, des gens importants qui font des trucs de gens important et de toutes les personnes qui gravitent dans le milieu. C’est marrant mais le plus intéressant ça reste quand même de passer à 3 centimètres de voitures, voir de mettre le nez dedans (sans la toucher) parce qu’on est curieux. La Formule 1 devrait prendre exemple là-dessus – je dis ça je dis rien.
Après une pause hotdog, direction l’allée des stands (oui oui celle qui servira pour la course) où l’on peut se promener tranquillement (presque vu le monde), poser devant l’équipe de son pilote favori ou bien tailler le bout de gras avec les mécanos. Ensuite passage sur la piste pour céder à la tradition locale du petit mot sur la ligne de départ/arrivée avant d’aller poser un cul (toujours sur la piste) face au podium qui servira à la présentation des pilotes et qui permettra en plus de voir la parade des pompiers et de tout un tas de gens sans doute important mais dont je me fous complètement ainsi que le concert d’avant course de l’infâme Kid Rock. Et tout ça, du même endroit.

Gentlemen, start your engines!

Enfin, parce qu’il faut bien qu’elle commence un jour: place à la course!!!
Et pour gagner nos places, on marche tout simplement sur la piste et on traverse le grillage de sécurité. Pratique car ça évite de faire en sens inverse le chemin du matin. Après un hymne national et un passage de la patrouille de France (on me dit ans l’oreillette qu’ils s’agit en réalité des Thunderbirds de l’US Air Force), on peut enfin attaquer les hostilités! Je m’étais promis de faire le test de supporter au moins un tour de course sans protections auditives pour voir le bruit que pouvait faire 43 bagnoles lancées à 300 à l’heure. Le premier passage à plein régime m’a vite convaincu qu’il serait déraisonnable d’en faire un second sans rien dans les esgourdes.
Et sinon la course? Copier/coller de celle de l’an dernier, très fluide, peu d’interruption et surtout pas de gros carton au désespoir de certains. La course en elle même passe assez vite (même si ça a tout de même duré pas loin de 4h). Les 50 premiers tours on est hyper attentif à tout, les 70/80 suivants on se déconcentre un peu et on regarde un peu partout ce qui se passe. Enfin dans les 20 derniers, toute la tribune est debout, au taquet et c’est à celui qui gueulera le plus fort pour encourager son pilote. Il n’y a qu’à voir comment toute la tribune s’est levée d’un seul homme en éructant de joie quand la 88 a pris le contrôle de la course et comment tout le monde s’est tiré dépité quand la 22 a gagné. Le public a ses petits favoris.

Sinon que dire? Je voulais voir une course de Nascar une fois dans ma vie, c’est fait. Déçu, fou de joie? Ni l’un ni l’autre. C’est à la fois complètement génial et frustrant. Frustrant parce que chez soi on ne manque absolument rien grâce aux 600.000 caméras qui couvrent chaque course alors que la, il faut avoir un oeil sur les voitures, l’écran géant et en plus écouter le speaker pour avoir toutes les infos en temps réel. Chaud. C’est aussi complètement génial, voir même carrément jouissif de voir ces bagnoles se tirer la bourre à des vitesse folles à moins de 10 mètres de soi sans parler du passage par les garages où on se sent comme une gosse dans un magasin de bonbons. Ce qui manque aussi à la télé se sont les odeurs. Celle de l’éthanol (le carburant), celle de la gomme brûlée, le bruit des pistolets pneumatiques lors des arrêts aux stands et puis le bruit infernal des moteurs aussi fabuleux qu’il est dangereux pour les oreilles.
C’est un truc à faire, pour peu qu’on en ait l’opportunité ou qu’on s’en donne les moyens. En plus l’avantage avec l’ovale, c’est qu’on en perd pas une miette puisqu’on voit tout le circuit.
Seul regret, « ma voiture », qui a pourtant archi dominé, a fini aux fraises suite à un contact dans le dernier tour *muf*

Sur ce, je vais soigner mes coups de soleil.

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