New-York – Jour 1,5

Pour raconter un voyage, le plus dur c’est de trouver la phrase qui va lancer le truc. Je vais vous surprendre, je ne l’ai toujours pas trouvé.

Après 2 ans et demi cloitré dans un pays de boeufs parce que pour une fois la Chine a produit quelque chose qui dure plus de 3 mois, il était plus que temps de sortir de là et d’aller prendre l’air ailleurs et si possible loin des français (ce dernier point étant un échec mais j’y reviendrai).

Roissy/JFK, une certaine idée de l’enfer

Il fut donc décidé de partir se changer les idées à New-York. Pour cela il faut prendre l’avion, donc aller à Roissy et subir les interminables files d’attente pour atteindre l’aérogare à cause de tous ces sacs à… ces gentils chauffeurs de Uber qui prennent la dépose minute pour un salon de thé.
Normalement à ce stade vous me dites « attends, c’est pas un peu la galère de voyager avec le virus? ». C’est là que je vous dis « oui mais non ». Parce qu’en fait, si vous êtes vaccinés contre la chinoiserie, un test négatif et la paperasse standard suffisent pour aller aux USA. Le plus pénible étant de faire le boulot de la compagnie aérienne. C’est à dire de gérer sois même sa carte d’embarquement et son étiquette bagage. Tout est faisable depuis internet et bien que sur le principe, ça m’emmerde d’imprimer tout ça, une fois à l’aéroport le gain de temps est réel. Même si encore une fois, sur place c’est moi qui fait le boulot de la compagnie puisqu’il n’y a même plus un péquin pour mettre la valise sur la balance. Passons.

Donc l’aéroport c’est fait. Supporter la famille Chombier ça par contre… c’est une autre histoire. Des français « de base » qui sous prétexte qu’ils sont clients se comportent comme de gros cacas avec le personnel. Quant au vol, rien à signaler. Matrix Resurrection est une infâme merde, du coup j’ai enchaîné sur Shaft pour me mettre dans l’ambiance.

C’est là que nous arrivons au second cercle de l’enfer.
L’aéroport JFK de New-York. 1h40 pour passer la douane. 1h40 à entendre la famille Chombier en duo avec les Berthier chouiner sur l’attente (certes excessive) qui nous est imposée.
Une fois cette épreuve terminée, nous récupérons la valise et filons vers l’air train. La navette qui fait la liaison entre les terminaux et le métro. Oui parce que j’ai eu la riche de idée de vouloir rallier JFK à Manhattan en métro. Une fois sur le quai du métro, on nous explique qu’en fait nous devons prendre un bus. Bus dans lequel nous montons sans savoir où nous allons parce que YOLO. Le bus nous lâchera 20 minutes plus tard (l’équivalent de 6 stations) en plein milieu des bas fonds de Brooklyn. Là un métro dans un état pour le moins discutable nous attend. Il aura au moins pour lui d’être un express (donc trajet de 35 minutes au lieu d’1h10) qui nous lâchera à 5 minutes de l’hôtel.

I love you « Mary Jane »

L’hôtel est une épopée en soit. Enfin les ascenseurs sont une épopée. Parce que dites vous que quelque part sur cette planète, quelqu’un a pensé que faire un hôtel de 50 étages (nous sommes au 22eme) avec seulement 3 ascenseurs pour desservir 10 chambres par étage était une bonne idée. Surtout quand le personnel en bloque un parce qu’il n’y a pas non plus d’ascenseur de service. Du génie. Moralité on perd du temps à attendre un des deux ascenseurs utilisables. C’est bien entendu sans compter sur les français de service qui en plus de gueuler à propos de l’attente font n’importe quoi une fois dedans. Sans doute les mêmes qui fument de la weed dans leur chambre non fumeur. Parce que ça c’est l’autre gros truc. La marijeanne est légale dans l’état de New-York depuis un an. Résultat on sent ça absolument PARTOUT. Vraiment partout.

Bon sinon pour en revenir à des choses plus positives, malgré la fatigue du voyage et une journée longue de 23h, nous avons fait un petit tour du quartier. Notre hôtel se situe dans le bas de Manhattan à 100m du World Trade Center. Donc petit tour sur place pour voir les lieux, nous filons vers Battery Park sous une belle pluie, regardons de loin une célèbre statue avant de filer chercher un endroit pour dîner. Nous optons pour la Fraunce Tavern. Un des rares bâtiments de la ville datant de la guerre d’indépendance américaine qui soit encore debout. Point culture: c’était le QG de George Washington. C’est sympa mais très bruyant et surtout très cher. NY ce n’est pas donné ce n’est pas un scoop mais avec les événements mondiaux, les USA connaissent une inflation 2 fois plus importantes que chez nous. Ce verre d’eau goût bière à 9$ « comme même », ça fait cher la blague.

« Y’a un connard qui pionce dans le chiotte »

La nuit nous procure un sommeil réparateur – aucune ironie dans mon propos car la literie est de qualité, pas comme la douche. Nous partons à l’aventure sur les coups de… 7h. Le petit déj est expédié dans un boui bobui en face de l’hôtel (16$ pour 2 vs 40$/tête à l’hôtel). Nous profitons d’être dans le quartier des affaires et de l’heure matinale de ce dimanche matin pour faire le tour des lieux emblématiques du coin dans un calme bienvenue. Pas de cohue, de cagoles qui prennent des poses idiotes pour leur instagram, rien personne sauf les matinaux qui sortent le chien.
Nous passons voir: le taureau symbolisant la finance se trouvant en bas de Broadway, la bâtiment abritant la bourse (à l’angle de Broad Street et Wall Street) puis nous partons vers le World Trade Center en espérant profiter du fait qu’il n’y ait personne. HA ça il n’y avait personne. Et pour cause, le site n’ouvre qu’à 10h. Pas Grave. Nous partons vers The Oculus, un délire architectural qui n’est rien d’autre qu’un centre commercial.

Nous sautons dans le métro pour aller vers le début officiel de notre programme du jour. Sauf que je me suis planté de ligne et qu’il a fallu descendre en catastrophe à la station suivante pour corriger le tir. Pas grave, nous passerons devant quelques curiosités que je voulais voir en allant récupérer la bonne ligne:
– le gratte ciel sans fenêtre, un ancien central téléphonique devenu un bâtiment de la NSA
– Cortlandt Alley, une ruelle vue, revue et re-revue dans toutes les séries télé et films de la galaxie qui doivent avoir une ruelle sombre et glauque. Vous l’avez forcément déjà vu et vous ne le savez pas.

Nous plongeons dans le métro direction le Flatiron, premier gratte-ciel « officiel » de l’Histoire. Manque de bol il est en rénovation. Nous remontons ensuite la 5eme avenue vers la tour la plus connue de la ville: l’Empire State Building puis direction Grand Central Station. Là, petite pause sanitaire. Beaucoup de monde dans les toilettes dont de quelques uns des très (trop) nombreux SDFs de la ville. C’est en voulant rentrer dans un des toilettes et trouvant porte fermer qu’un mec hurle « Y’a un connard qui pionce dans le chiotte ». Sur le coup, il y a un blanc dans l’assistance puis on entend effectivement un type ronflé comme un sonneur dans un des toilettes. Surréaliste.
Nous sortons de la gare pour traverser la rue et aller voir le Chrysler Building et son toit art déco. C’est vite fait puisqu’on ne peut pas y rentrer. Petit retour sur nos pas pour aller vers Bryant Park et la grande bibliothèque de la ville. Là il commence à y avoir plus de monde, comme si d’un seul coup tout le monde s’était réveillé. Il est tout de même 11h30.

Nous continuons sur la 5eme avenue vers le Rockfeller Center. Une fois arrivé je me rends compte que j’ai déjà flingué une batterie d’appareil photo. Ce nouvel appareil est une gouffre en terme de conso. Comme je suis turbo con c’est aussi à ce moment là que je réalise que j’ai pris tout ce qu’il fallait pour filmer mais que je n’ai rien filmé. Je me déteste.

Un p’tit tour au zoo

Une fois le petit tour du Rockfeller Center fait, nous traversons l’avenue pour aller voir la cathédrale Saint Patrick. Comme c’est dimanche, il y a messe. C’est placé sous haute surveillance mais on peut tout de même entrer. Petite joie, voir les chinois se faire défoncer par la sécu parce qu’ils parlent trop fort et se comportent mal. Beaucoup de plaisir.
Nous retraversons la rue pour aller à la boutique Lego. On ne juge pas merci. D’autant que je n’ai rien acheté (peut-être aussi parce que j’ai déjà la plupart des sets de 2022 *AHEM*).

Nous continuons sur la 5eme avenue et une fois arrivé à la Trump Tower (oui oui cette Trump Tower là), nous décidons qu’il est temps de manger. Le lien entre la faim et la Trump Tower? Aucun. Nous trouvons une supérette, prenons des sandwichs et allons nous poser dans Central Park qui est littéralement de l’autre côté de la rue. Nous cherchons endroit relativement tranquille à l’écart du passage. Nous optons pour un rocher qui surplombe la route pour cycles. En moins de 3 minutes notre rocher est devenu « the place to be ». Tout le monde a décidé de venir à celui-là.

Direction ensuite la 6eme avenue et demi. Aussi incongru que cela puisse paraître, ça existe. C’est en fait un passage situé entre les 6eme et 7eme avenue (d’où le nom) qui traverse des immeubles depuis la 57ème rue jusqu’à la 54ème. C’est parfois un peu caché, il faut oser passé dans des halls d’immeubles qui donnent l’impression que ce n’est pas un passage public alors que pourtant si. Ca fait passer dans des coins un peu différents et surtout ça évite la foule. Parce qu’une fois sorti de là, il va y avoir foule. Direction Time Square.

Et là c’est le bowdel version XXL. Un gigantesque foutoir où tout le monde fait n’importe quoi. Les touristes prennent des posent débiles pour leurs selfions, des mecs déguisés en super zéro soutirent des billets aux gogos pour une photos et en plus c’est le point de chute de tous les paumés de la ville. Un gigantesque zoo humain au milieu des boutiques de marques, des pièges à touristes, des théâtres et de tours gigantesques sur lesquelles sont posés des écrans d’une qualité ahurissante où passent pubs et bandes annonces de films.
L’endroit est devenu insupportable. J’espère néanmoins y revenir un soir pour tenter quelques photos de nuit.

Le bobo-istan

Nous continuons notre descente de la 7ème avenue pour arriver à hauteur du Madison Square Garden (le Bercy local) et filer vers la 10ème avenue dans un tout nouveau quartier. Je dis nouveau parce que tout y est neuf. Des tours immenses y ont poussé depuis ma dernière visite.
On y trouve notamment The Vessel, une œuvre d’art géante sur laquelle on peut théoriquement grimper et profiter de son design si particulier. Sauf seul l’accès au pied est possible. Pourquoi? Parce que dès son ouverture, le lieu est devenu l’endroit préféré des dépressifs du coin pour se suicider. C’est aussi là qu’un mec est venu me brancher pour que je le prenne en photo avec son mari. Bon en soit c’est bien la 2 ou 3eme fois de la journée que ça m’arrive. Sans doute l’effet « ho il a un gros appareil photo il doit être compétent » (c’est faux). Bref lui je le mentionne parce qu’il a fait ça avec humour en me disant que justement j’avais l’air compétent.

Nous prenons ensuite la High Line. Une ancienne voie ferrée désormais végétalisée qui traverse plusieurs quartiers en direction du sud (ou du nord, ça dépend d’où on part). Si l’endroit était calme et sympa il y a 10 ans car peu connu, c’est aujourd’hui une autoroute à touristes (dont nous). Pas top pour en profiter. Cela n’empêchera pas Aurélie de repérer une sorte de jardin suspendu. Nous décidons d’aller voir. En effet, sur les berges de l’Hudson River a été créé Little Island. Un jardin gagné sur l’eau et construit sur des pilonnes en béton qui donne l’impression que l’endroit flotte. Rigolo sans plus.

Pour finir la journée, nous décidons d’aller à Washington Square Park, en plein milieu du bobo-istan. Ce que j’appelle le bobo-istan c’est Greenwich Village, la mère patrie de tous les bobos du monde car c’est là que les premiers sont apparus. Ceci étant dit, il y a des coins très sympas dans ce secteur de la ville. N’empêche qu’une fois arrivé à Washington Square Park, on sent qu’ils ont perdu du terrain sur leur territoire. Les SDFs sont présent en nombre, la police aussi de même que les vendeurs de marijeanne. Nous optons ensuite pour l’option métro hôtel parce que mine de rien, il est prêt de 18h.

Une fois posé à l’hôtel, c’est ce moment là que choisira Aurélie pour sombrer dans une sieste d’une certaine durée. Complètement flingués, nous ne ressortirons que pour dîner dans un resto à 10 mètres de l’hôtel.
Normalement pour la suite, nous devrions avoir un peu moins de monde lors de nos ballades. Et puis je pense que mes pieds sont moyens chauds pour refaire 14km dans les 24/48 prochaines heures.

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