New-York – Jour 2

« Et puis je pense que mes pieds sont moyens chauds pour refaire 14km dans les 24/48 prochaines heures. » – Moi hier.
Devinez qui a fait 15 bornes à pied aujourd’hui?

Contrairement à hier, ce matin au saut du lit il fait grand soleil. Toujours matinaux nous partons commettre notre première erreur de la journée.

A la rencontre de la patrouille autoroutière de… Californie

Cette erreur sera le petit déj. Aurélie a repéré un petit magasin où ils font des petits dejs à emporter. Nous y allons, commandons, le gars vient nous confirmer que nous voulons bien ça, ça, ça et ça. YES. Nous repartons de là avec une omelette d’un fort beau gabarit accompagnée de ses galettes de patates et de son cheddar. S’ajoutent à ça des toasts, 3 pancakes, un wrap omelette avocat et un smoothie beurre de cacahuète/banane.
Nous partons nous poser avec tout ça sur un banc au soleil dans Battery Park pour méditer sur les conséquences diététiques de notre décision. Le décès étant proche, nous décidons de garder pancakes et toasts pour plus tard et partons en métro vers le 14 N Moore Street.

Une fois sortie du métro, nous passons devant un commissariat devant lequel sont garées quelques anciennes voitures de police ainsi qu’une tripoté de motos. Les flics ont sorti leurs uniformes de gala. Il se passe vraisemblablement un truc mais ce n’est pas ça qui nous intéresse. Littéralement de l’autre côté de la rue se trouve notre objectif: le QG de SOS Fantômes immortalisé dans le film du même nom auquel je voue un culte sans limite. Ca ne se visite pas car c’est une authentique caserne de pompiers. La porte de la caserne est ouverte, on y voit le camion et les pompiers qui font leur vie, visiblement habitué à voir débouler des touristes pour faire des photos. Les mecs sont fiers que leur caserne soit mondialement connue et ont tout une collection de patch de de brigades de sapeurs pompiers du monde entier avec le logo au fantôme. Il y a même la caserne en Lego percheé dans un coin. Aurélie décide de m’acheter un patch de la brigade avec le fantôme dessus *joie*

Nous repartons pour où nous sommes venus et repassons devant le commissariat. Curieuse, Aurélie va voir un policier pour lui demander pourquoi il y a autant de motos. Là le flic lui explique qu’ils viennent de Californie et assure la sécurité d’une course cycliste. Soit. En discutant, nous précisons que le père d’Aurélie est aussi policier. C’est l’info qui change tout. Sachant cela, notre flic californien propose à Aurélie d’aller faires des photos avec sa bécane. Comme elle hésite, il sort l’argument imparable « once in a lifetime opportunity ». Et nous voila en train de nous faufiler entre les énormes motos pour aller rejoindre la sienne. Là il lui propose de carrément monter dessus. Et là voila installée toute contente sur cette énorme moto. Après quelques photos et les remerciements d’usage nous partons… et là je me suis agacé.

A B R U T I X le gaulois

Comme hier nous avons fait plus de choses que prévu, mon petit programme se trouve un peu changé. Du coup nous voila reparti vers un endroit à côté duquel nous sommes passés hier. Quand je dis à côté… c’est littéralement à 20 mètres. Mais comme la chose en question est compliquée à trouver même quand on sait où elle est et à quoi elle ressemble. Ca m’a gonflé quand je m’en suis rendu compte et ça m’a encore plus gonflé de passer 3 fois devant sans la voir. De quoi je parle? Tout simplement d’une petite mosaïque incrustée dans le sol à un angle de rue et qui a pour particularité d’être le plus petite propriété privée de New-York.

Point histoire. Dans les années 1910, lors de l’élargissement de la 7ème avenue, la ville a exproprié un certain nombre de gens. La négo ne s’est pas bien passée entre Mr Hess (le propriétaire d’un des immeubles concernés) et la marie. Après que tous ses recours légaux pour bloquer l’expropriation aient échoués, il découvre en réexaminant les plans que la marie à louper cette minuscule parcelle. Donc pour emmerder le monde par principe, il y a fait mettre cette mosaïque qui dit que c’est chez lui. Même si tout le monde s’en tape, lui le premier.

Là-dessus nous partons vers Litlle Italy et Chinatown pour voir à quoi ça ressemble. Les quartiers n’étant pas clairement délimités, il faut prendre des rues au pif en espérant trouver ce qu’on cherche. Ce fut notre cas. Bon franchement, l’un comme l’autre c’est rigolo mais ça ne casse pas 3 pattes à un canard. Little Italy ce ne sont que des rues avec des restaurants et Chinatown c’est la Chine à NY. Tout y est en dans leur patois et c’est limite si ils ne peuvent pas vivre en autarcie. La seule chose qui m’a fait tiqué c’est l’étrange cohabitation dans le quartier entre le drapeau de la Chine et celui de Taïwan.

Manhattan vs Brooklyn

Grâce à un pif de précision militaire, Aurélie nous fait sortir de Chinatown exactement là où nous devons aller: l’entrée du Manhattan Bridge. Pour aller à Brooklyn à pied depuis le sud de Manhattan vous avez 2 options: le Brooklyn Bridge ou le Manhattan Bridge. Le premier est sympa mais c’est devenu une autoroute à touristes (j’y reviendrai) quant au second c’est tout juste si on y croise quelqu’un. Mais ce n’est pas son seul avantage, c’est aussi celui qui vous offre le meilleure panorama sur le sud de Manhattan. Avec une météo pareille, la vue est folle, quel que soit l’endroit du pont où l’on se trouve. Alors oui, le métro passe littéralement à 2 mètre de vous dans un bruit infernal et en faisant grincer tous les rivets du pont, n’empêche.

Une fois sorti du pont, nous allons à un célèbre spot photo qui a servi de lieu de tournage à Il était une fois en Amérique. La vue est belle, dommage qu’il y ait 600 millions de connasses en train de prendre des poses de cagoles pour mettre sur leur Instagram.

Anecdote. Je suis en train de faire mes photos quand 2 françaises viennent faire de même. L’une dit à l’autre « si je devais faire autre chose qu’un vrai métier, je voudrai être photographe ». Là je regarde l’écran de son téléphone, je vois la photo qu’elle vient de prendre et je suis pris d’un fou rire. Madame si tu étais photographe tu serais surtout au chômage avec ce genre de photos. Photographe c’est un vrai métier.
J’ai aussi vu quelques spécimens qui se trimballaient avec une fortune en matos… tout ça pour tout faire à l’écran comme tonton Michel et un autre qui faisait des portraits comme si il était en train de shooter un grand prix de F1. Nawak. Et moi? Ha bah j’ai aussi une fortune en matos mais j’assume ma nullité.

BREF.

Pause pancakes au pied du Brooklyn Bridge dans le nouveau parc créé autour de la pile Est du pont. La friche industrielle attenante a été joliment réaménagée. C’est boboland mais c’est sympa. Au soleil sur notre rocher, des décisions seront prises et une erreur sera commise. La seconde du jour. Cette erreur sera de se dire « ho bah ça va on va se faire le pont de Brooklyn aussi ». Nos pieds vont nous faire payer très cher cette décision. Mais plus tard.

Nous montons sur le Brooklyn Bridge est là, c’est le drame. Un monde… mais un monde… vous n’avez pas idée. Et nous ne sommes qu’au mois de mai. Je n’ose imaginer ce que ça donne en juillet/août. C’est dommage car il y a quelques chouettes photos à faire mais l’endroit est devenu un enfer. Sans parler du comportement des gens qui prennent des risques ahurissant pour une photo qui finira sur Instagram. Vas-y connasse, va faire ta pause de merde sur debout sur la grille qui te sépare de la route d’un côté et des 40 mètres de vide si tu passes à travers.

5 sur 5

Une fois sorti de cet enfer de pont, nous passons devant le QG de la police de NY, allons voir le tribunal et la cour suprême de l’état qui sont à 50 mètres de là. Ca aussi cela fait parti des bâtiments vus et revus dans tout un tas de séries/films.
Aurélie me dit « je veux voir un supermarché Target ». Pourquoi un Target plus qu’un Wallmart ou un Kroger? Je ne sais pas mais le hasard fait qu’il y a un Target pas loin de l’hôtel. C’est en chemin vers le supermarché que nos pieds vont nous faire savoir qu’ils en ont marre.
Nous rentrons dans le supermarché pour acheter de quoi grignoter ce soir, nous repartons avec 1kg de M&M’s au beurre de cacahuète, des advils pour 10 ans et un legging.

Retour vers l’hôtel. Comme c’est sur le chemin et qu’il n’est que 15h30, nous pouvons ENFIN stopper au mémorial du World Trade Center. En lieu et place des 2 tours, il y a 2 trous qui sont des fontaines. Aurélie trouve ça lugubre. C’est pas faux. Entre les 2 tours, nous remarquons de policiers particulièrement armés. Je veux dire par là qu’ils étaient en tenue tactique avec les AR-15 en bandoulière. La présence policière sur le lieu est toujours soutenue mais là c’est autre chose. En effet une petite cérémonie va avoir lieux avec des gradés de la police. Bien entendu cela créé un attroupement. La sécu du site remballe les récalcitrant qui ne respecteraient pas une distance de sécurité/respect vis à vis de la cérémonie. Exactement comme dans les films il y a la cornemuse et puis le clairon qui jouent ces airs moult fois entendus.
Nous rampons jusqu’à l’hôtel pour une pause.

Comme il est encore tôt et que nous ne tenons pas compte des avertissements de nos pieds, nous voila reparti vers Trinity Church. Visite rapide et plutôt sympa. Direction ensuite le musée amérindien qui se trouve plus bas, toujours sans tenir compte des messages venus des pieds.
Le musée se trouve dans l’ancien bâtiment des douanes de la ville. Comme beaucoup d’autres endroits, vous l’avez vu dans des films sans savoir que c’était lui. La visite, gratuite, se divise en 3 galeries. 2 expos temporaires sur des artistes d’origines amérindiennes et une avec une collection d’objets de diverses tribus. Vu la taille du lieu, c’est vite expédié.

En sortant de là, toujours aussi vaillant malgré des pieds qui nous disent que c’est le dernier avertissement, nous partons prendre le ferry pour Staten Island – probablement l’arrondissement de NY le moins connu et aussi le plus excentré. Que y’a t-il de rare là-bas? RIEN. Le seul intérêt du trajet (pour nous) c’est la vue depuis le ferry qui offre un des meilleurs panoramas sur le sud de Manhattan mais aussi sur la statue de la Liberté puisque le ferry passe à proximité. Le truc est connu, il y a plein de touristes. Ce que les touristes ne savent pas tous c’est que pour avoir la meilleure vue, il faut rester à l’arrière du ferry. Cerise sur le gâteau, c’est gratuit.
Pour la petite histoire, en posant le pied à Staten Island, j’ai officiellement visiter les 5 arrondissements de la ville. On s’en fout? oui.
Donc une fois à Staten Island, 2 options: reprendre le ferry immédiatement pour repartir ou tenter d’explorer un peu les lieux. L’exploration tournera court à cause de nos pieds. Retour par le même moyen de locomotion mais assis parce que les pieds ce n’est plus possible. Ce n’est même tellement plus possible que nous irons manger un Burger King de la défaite parce que c’est le premier truc que nous trouverons.

Aujourd’hui, ce que vous devez retenir c’est que les 2 meilleurs panoramas de la ville sont gratuits et facilement accessibles. Et aussi que Manhattan Bride > Brooklyn Bridge.
A demain pour 15km de plus. Ou pas.

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