New-York – Jour 4
Aujourd’hui c’est impro à 100%. Mais ne vous en faites, nous avons trouver à nous occuper.
Spoiler alert: 9km à pied aujourd’hui. Demain j’arrête.
Blocage
Tout commence bien. Nous avons dormi comme des souches, il fait encore beau et nous allons prendre un petit dej de champion dans notre commerce favori du coin de la rue. Tout se passe bien jusqu’au moment de payer. Je tape mon code. Invalid code. Ouais alors en fait non. Je retape mon code. Invalid code. Je reretape monde bien conscient des conséquences si ça se passe mal. Card declined. Ma carte est bloquée. Je ne sais pas comment je vais payer l’hôtel demain mais le vis bien.
Malgré cela nous engloutissons le petit dej et partons vers Union Square. A notre grande surprise nous débarquons en plein milieu du marché. Miel, légumes, weed il y a tout. Après un petit tour des lieux nous partons en direction d’une boutique de fringues que j’ai repéré avant de partir. Les vendeurs sont charmants, nous trouvons tout ce que nous voulons et repartons de là alléger de quelques centaines de dollars. S’en suit une petite heure d’errance dans les rues avant de se décider à partir vers l’université de Columbia parce qu’après tout pourquoi pas?








Comme à la télé
Quelques arrêts de métro plus tard, je précise au passage que la carte de métro est largement amortie malgré les kilomètres à pied, nous sortons devant la fac. Le campus principal est délimité par une immense grille mais on peut y pénétrer sans souci. Nous débarquons sur une grande esplanade avec gradins, tribunes et chapiteaux. Voyant les ouvriers s’afférer au démontage de tout ça et croisant moult étudiants avec leur espèce de robe bleu ciel, nous en déduisons que la remise des diplômes a eu lieu récemment. A côté de ça on en croise d’autres le nez sur leur ordi visiblement en train de potasser tandis que d’autres filent d’un bâtiment à l’autre l’air pressé. Bon en soit il n’y a rien de spé à voir, c’était plus de la curiosité.





Le mythe
Voyant que nous sommes tout proche d’Harlem et d’un endroit Ô combien mythique dans l’histoire de la musique noire américaine, nous décidons d’y aller. Petite promenade de 25 minutes avec un changement d’ambiance frappant. On passe des étudiants friqués et des bars à bobos aux tours d’habitation sans âme et aux gamins qui font du vélo avec des roues voilées. Aucun sentiment d’insécurité cela dit, c’est juste un quartier populaire… bien que ses jours soient visiblement comptés. Harlem subit aussi la gentrification de plein fouet et certains endroits ont déjà vu leur population radicalement changée. Là où nous sommes, c’est encore à peu près dans son jus mais d’ici 5 ans, pas si sûr.






Bref nous arrivons devant l’Apollo Theatre. Endroit mythique d’Harlem et de New-York qui a vu passé à peu près toutes les légendes de la musique noire américaine. De Louis Armstrong à Prince en passant par James Brown, Michael Jackson, Aretha Franklin… Tous je vous dis. Preuve de la gentrifciation en cours, il m’a semblé lire sur les écrans de la façade que la salle appartenait à Live Nation (multinationale du divertissement et mal absolu quand on parle de l’industrie musicale).
Pour en finir avec le point culture du jour, sachez que le quartier de Sugar Hill est à quelques pâtés de maison de là. Un petit courant musical nommé RAP y est apparu dans les années 1970.



A – trafic disrupted
Après cela, retour à l’hôtel. Enfin c’est que nous croyons. Nous repartons tranquillement d’Harlem par la station de la 125ème rue, c’est direct pour nous. NORMALEMENT. Au bout d’un moment je regarde le trajet je dis à Aurélie « c’est la prochaine ». Quelques instants passent, elle me dit « c’est pas si long que ça d’habitude ». Et elle a raison. Pour une raison que nous ignorons, le train ne s’est pas arrêté à notre station et nous voilà à Brooklyn. Bon en soit nous avons juste à traverser le quai pour repartir dans l’autre sens. Sauf que quand nous descendons, nous sommes accueillis par une quinzaine de policiers. Lampes torches à la main, ils cherchent quelque chose sur le quai et la voie. En écoutant ce que raconte le responsable (chemise blanche sur la photo), je comprends qu’ils ont trouvé des traces de sang sur le quai, qu’un avis de recherche est lancé dans tous les hôpitaux du secteur et qu’il faut à priori descendre sur la voie pour une inspection plus poussée.
Je fais quelques photos discrètement puis nous repartons dans l’autre sens. Sauf que rien n’est simple. De nouveau, le train ne s’arrête pas à notre station. Pour éviter tout nouveau souci, nous décidons de finir à pied. Sauf qu’une fois en gare, les portes du wagon ne s’ouvrent pas. Après plusieurs minutes d’attente, débarque la chef de train qui file au fond du wagon pour tenter de forcer l’ouverture manuellement. Echec. Elle repart dans sa cabine en pestant dans sa radio avant de revenir en râlant « ce sont vraiment des cons au central, je dis depuis le début qu’il faut les faire descendre par le wagon d’à coté ». Marrant.
Je constaterai plus tard sur l’application que notre train est à l’origine d’un retard conséquent sur toute la ligne.



Little Ukraine
Nous parvenons enfin à l’hôtel. La pause est bienvenue et Aurélie veut manger. C’est parti pour la pizzeria du coin de la rue. Typique de ce qu’on peut trouver à NY. C’est copieux et le prix est inversement proportionnel aux nombre de calories. Après avoir engloutie 2 parts conséquentes: « c’est le meilleur repas du voyage ».
Là-dessus nous repartons pour Union Square parce que madame a décidé qu’elle voulait une glace et qu’il y a des glaciers dans le coin. Nous trouvons celui sélectionner par sa majesté puis nous déambulons dans le quartier de Little Ukraine. Le nom parle de lui même. Il y a des drapeaux ukrainiens partout comme vous l’imaginez. C’est bien entendu très bobo.
Le passage dans le coin nous vaudra même une de nos meilleures conversations du voyage.
– T’as vu la Bentley Continental GT? Ce Piano Black est sublime. Y’a même les inserts en carbone!
– Tiens ils vendent des bongs en forme de bite.







Histoire de conclure en beauté, Aurélie propose d’aller dans un bar sportif. Idée de génie car en ce moment ce sont les phases finales du championnat de Hockey. Ce soir les New-York Rangers affrontent les Pittsburgh Penguins au Madison Square Garden. La série est au meilleur des 7 matchs et les Rangers sont menés 3-1. Donc si ils perdent ils sont éliminés. Ambiance garantie.
Sur le chemin c’est l’occasion de faire quelques photos « plus new-yorkaises tu meurs » comme des joueurs de basket sur un terrain de quartier ou des ados en train de faire des roues arrières à vélo en plein milieu d’une avenue sur fond de Rap sorti d’enceintes Bluetooth.
Quand nous nous installons dans ce super petit bar à l’ambiance irlandaise nommé Kelly’s, le score est de 2-0 pour les Penguins. Les clients du bar sont chauds comme la braise mais rien de fou ne se passent. Quand nous partons après quelques verres, en passant le pas de la porte c’est l’explosion. Les Rangers ont marqué. 2-1. Arrivé au feu quelques dizaines de mètres plus loin, nouveaux cris de joie. 2-2. Nous traversons l’avenue, faisons quelques mètres de plus. Hurlements de fous. 2-3. Là je me rends compte j’ai oublié mon téléphone dans le bar. Je repars donc en courant le chercher. Je rentre dans le bar et là je perds le peu d’audition qui me reste. Les Rangers viennent encore de marquer. 2-4 pour les locaux. Les mecs du bar sont en feu. Ca hurle « FUCK YOU PITTSBURGH » à tout va. Mort de rire je repars avec mon téléphone puis nous rentrons tranquillement.







Enfin presque.
Je vous ai parlé des ascenseurs de l’hôtel. 3 ascenseurs pour 50 étages dont un qui est réquisitionné pour le personnel. Ben imaginez vous qu’à 21h30, il faut attendre plus de 15 minutes pour en avoir un. Comme ça m’a gonflé d’attendre, je suis monté à pied. 22 étages OKLM (c’est faux je suis mort de décès au douzième). J’ai terminé à bout de souffle.





Score final: Penguins 3 – 5 Rangers



