Texas & Route 66 – Jour 11

Que se passe t-il quand vous êtes au milieu des USA et que le GPS devient fou? La réponse maintenant.

Enfin dans quelques lignes parce qu’avant d’en arriver là il s’est passé des choses.

« Comme à la télé »

Comme je l’expliquais hier, cette partie de la Route 66 oscille entre le nase et le sympathique. Sauf que le premier l’emporte souvent sur le second. Donc pour trouver le second il faut « piffer » et espérer « piffer » juste pour ne pas se retrouver à faire beaucoup de kilomètres en trop. Tout ça pour dire qu’hier, grâce à ma super appli spéciale Route 66, je piffe une ville qui sur le papier a l’air sympa et un peu préservée.

Sauf que pour s’y rendre, le plus court est une route à péage. Hors les routes à péage avec les voitures de location c’est souvent la baise. Donc détour pour éviter les péages. Nous voila sur l’autoroute tranquilou quand nous arrivons à la hauteur de Prague. Oui Prague dans l’Oklahoma. Sur le côté de l’autoroute, je vois 2 gros SUV de flics. Je regarde dans le rétro et j’en vois un démarrer et je me dis « ha bah tiens y’en a un qui va avoir une surprise ». 30 secondes plus tard, le dit SUV est derrière nous et je vois un arbre de Nöel bleu et rouge illuminé mon rétro. Bordel qu’est-ce que j’ai bien pu faire?

Je me gare sur le bas côté, je coupe le moteur, je baisse ma vitre et je garde les mains visibles en attendant que le flic se ramène.
« Bonjour monsieur, je vous arrête parce que vous étiez à 76 dans une zone à 70 et que vous avez fait un léger écart sur la voie du milieu. Vous avez une explication? »
Le temps que je réponde je vois son regard parcourir vite fait l’intérieur de la voiture.
« Bonjour oui je suis au régulateur. Honnêtement j’ai du louper le panneau 70. »
« Ok. Je voudrai votre permis de conduire. Vous pouvez me dire qui est la personne qui vous accompagne? »
« Oui c’est ma mère ».
Il se marre. Je lui tends permis et passeport.
« Ok ne bougez pas le temps que je revienne » et il retourne dans bagnole tapoter sur son ordi. J’imagine qu’il a vérifié les plaques de la voiture et que je n’étais pas fiché quelque part. Il revient une grosse minute plus tard.
« Ok donc pour cette fois, je ne vous donne pas de contravention. Soyez plus vigilant sur les limitations de vitesse ok? Merci et bonne journée ».

Pour tout vous dire, avant de partir, j’avais le pressentiment qu’un truc comme ça allait arriver. Bah ça n’a pas loupé. HEUREUSEMENT, il a été cool. J’aurais pu me retrouver avec une méga prune ou pire, une assignation au tribunal pour ce genre de connerie. J’imagine qu’il n’a pas eu envie de se prendre la tête à faire de la paperasse avec nous. BREF.
Si dans les états voisins (Texs ou Missouri), quand la limitation est à 75 et que vous roulez à 80, personne ne viendra vous emmerdez. Dans l’Oklahoma, c’est « tolérance 0 », c’est même écrit sur les panneaux. Sachant qu’en plus en temps normal, je ne roule JAMAIS au régulateur, j’ai horreur de ça. Mais ici comme c’est plat, droit et donc d’un chiant absolu niveau conduite, je le mets. L’ascenseur émotionnel du matin.

« Vous ‘devienne’ fou »

Les 3 heures suivantes jusqu’à notre premier arrêt du jour seront d’un ennui absolu. Mais que ne ferait-on pas pour un petit tour à MIAMI. Oui vous aviez bien lu. Depuis des années on vous ment, Miami n’est pas en Floride mais dans l’Oklohama. Ca vous la coupe hein?
Le point d’intérêt ici est la rue principale avec son portail au dessus de la route, réplique exacte de celui créé initialement en 1930. Quelques bâtiments d’époque dont un théâtre subsistes encore le long de la rue. C’est sympa mais comme souvent les rues sont désertes et la plupart des commerces abandonnées. Il faut reprendre la voiture et continuer un peu plus loin pour trouver une zone commerciale. Petit stop dans un Walmart pour un ravito en M&M’s Peanut butter (ma valise vient de s’alourdir de 3Kg) et de quoi grignoter sur la route. Parce que bon, on rigole, mais il y a 800km à faire aujourd’hui. Il est 14h et on n’en a pas fait la moitié.

Petit complément de plein – franchement vu les distances parcourues, j’ai l’impression de passer mon temps à mettre de l’essence la voiture. A y regarder de plus près, elle consomme peu et vu le prix du plein ici… Bref nous repartons et là le GPS pète un câble et nous envoie dans le Kansas. Bien qu’à cet endroit, Kansas, Missouri et Oklahoma soient des très proches, il n’était pas prévu d’ajouter ce détour au détour.
Néanmoins ce fut un mal pour un bien. Nous nous retrouvons à Baxter Springs. Vous ne connaissez pas? Jusqu’à cet après-midi moi non plus. La notion de trou du cul des USA n’est pas galvaudé pour cet endroit et pourtant… sa rue principale a un charme fou. Ici aussi on tente tant bien que mal de faire vivre le mythe de la Route 66 mais on constate les mêmes choses qu’à Miami. L’endroit n’est pas bien vivant, c’est même à se demander comment tiennent les 2/3 commerces ouverts de la rue.

Ensuite nous reprenons notre route vers Saint Louis, notre destination du jour. Nous arriverons assez tard, autour de 19h et irons nous poser dans un bar sportif proche de l’hôtel pour siroter une bière à la citrouille. Halloween oblige. Bar sportif bien plus posé que celui de NYC en mai dernier. Ici au lieu d’insulter l’équipe d’en face, on passe Kajagoogoo et Culture Club. Et puis un p’tit Van Halen du plaisir aussi.

Demain, au lieu de continuer à suivre la Route 66 vers le nord et sa fin à Chicago nous irons vers… bah revenez demain tiens! Sinon pourquoi ne pas pousser jusqu’à Chicago? Parce que j’ai déjà fait ce bout de Route 66 en famille il y a quelques années et pour autant que je m’en souvienne, il n’a pas grand intérêt hormis quelques tronçons orignaux ici ou là. Voila vous savez tout.

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