Corée du Sud – Jour 13
Pour ne pas perdre les bonnes habitudes, aujourd’hui nous allons grimper puis redescendre puis… ha bah non ce coup-là nous resterons au niveau de la mer.
Ce matin au petit déj’, les proctologues sont remplacées par les secrétaires de direction. Pas la même ambiance du coup, ça piaille beaucoup plus.
La colline a des yeux
Ce matin direction la station de métro de Nampo. En terme de distance depuis l’hôtel on est sur un Châtelet Les Halles/ Cergy Pontoise. Nous sommes à la recherche du Kakao Store. Je vous en parle depuis plusieurs jours, Kakao c’est l’appli de messagerie locale aux mascottes toutes mimis. Ils ont bien entendu ouvert des magasins remplis de produits dérivés totalement inutiles et donc rigoureusement indispensables. Sauf que nous sommes trop matinaux pour eux, il faudra revenir plus tard.
Nous prenons donc la direction de la BIFF Square. BIFF pour Busan International Film Festival. La BIFF Square dans les faits se sont quelques stands de bouffe et des plaques dans le sol avec les noms d’acteurs/réalisateurs célèbres. Vous reconnaîtrez sans doute quelques noms sous l’épaisse couche de crasse qui couvre les plaques. Ces dernières se trouvent au milieu de la rue, ceci expliquant cela.





Comme nous avons encore un peu de temps à tuer, nous allons vers le Gamcheon Culture Village qui se trouve à 40 minutes de marche (ou 17 en bus) mais surtout au sommet d’une colline avec des pentes flirtant parfois avec les 15%. Gamcheon est un ancien bidonville que les habitants ont décidé de rendre plus sexy en peignant des fresques un peu partout et attirer les touristes. Devinez quoi? Ca marche! Beaucoup de monde pour au final pas grand chose à voir si ce n’est des gens qui se prennent en photo partout, tout le temps devant n’importe quoi. Et quand un spot photo est conseillé, tout le monde fait consciencieusement la queue pour faire exactement la même photo. Chose sur laquelle je m’interroge: pourquoi cette passion des locaux pour Le Petit Prince? Il y a des statues et des peintures tirées du livres un peu partout.





Nous partons de là en nous interrogeant sur l’engouement autour du lieu. L’endroit ressemble à une favela donc j’ai du mal à voir le potentiel « instagramable » de la chose mais je dois être trop vieux pour comprendre. Comme c’est à moi qu’a échu le rôle de « tonton raciste » au repas de Noël, je ne vois pas d’autre explication. Ou alors je ne suis pas un débile qui ne vit que par le prisme des réseaux sociaux. Passons.



Bien entendu nous redescendons à pied. Pas drôle sinon. Et nous voila enfin devant le Kakao Store. Nous avons été extrêmement méthodique dans notre approche. Analyse approfondie du rez de chaussée. Puis analyse approfondie du premier étage. Puis analyse approfondie du second étage. Ensuite nous avons choisi avec parcimonie les articles que nous allions acheté et… pas du tout. En fait nous étions comme des poulets sans tête a nous extasié devant la créativité sans limite de Kakao pour les produits dérivés. Du stérilisateur pour brosse à dent à la coque de téléphone en passant les verres, les pyjamas, les tapis et environ 50 peluches différentes. Seul moment de lucidité, passage en caisse séparé pour avoir 2 fois la guirlande d’Halloween en cadeau. La somme dépensée dans la boutique est classée ‘secret défense’.
Gwangan Style
Après une courte pause déjeuner sur un banc non loin du Kakao Store, nous allons vers le métro quand soudain, boutique photo de l’autre côté de la rue. Nous traversons, rapide coup d’oeil dans la vitrine et… OH PUNAISE il est là. « Il » c’est l’objectif qu’un copain m’a demandé de lui ramener si d’aventure je le trouvais à un prix intéressant. Rapide conversion en euros, petit message rapide pour me faire confirmer que je dois faire chauffer la carte. Il a dit « banco ». Nous voila donc à nous trimballer chacun avec notre sac d’achat en plus de notre sac à dos. Ca va être pratique pour la suite.
Question existentielle. Aller voir la Diamond Tower ou pas? Elle est à côté mais elle est moche et nous sommes chargés. A votre avis? Si en plus je vous dis que ça monte? Bien sûr que nous y sommes allés. Et par le chemin le plus long sinon ce n’est pas drôle. La Diamond Tower en soit, intérêt très relatif, par contre il s’est passé un truc rigolo. Un lycéen est venu parler à Aurélie. Dans un anglais loin d’être génial mais à peu près suffisant pour qu’on le comprenne. Il a expliqué qu’il venait de Séoul avec son lycée, qu’il aimait MBappé, qu’il savait que Macron était notre président et qu’il voulait devenir prof d’anglais. Je pense qu’il a du beaucoup prendre sur lui pour oser aborder Aurélie et se lancer en anglais. Il est ensuite parti comme il est venu non sans avoir moult fois remercier de lui avoir accorder un peu de temps.





Nous repartons vers le métro que nous aurons du mal à prendre car nous nous perdrons en chemin dans le centre commercial souterrain qui se trouve sous la rue. Il est en effet assez commun ici de trouver de grandes galeries marchandes jouxtant les stations de métro. On y trouve en général des boutiques tenues par des personnes âgées dont on se demande qu’elle peut bien être la clientèle. Nous arrivons finalement au métro, direction Gwangalli Beach pour voir le Gwangan Bride. Mais si voyons vous le connaissez, c’est le pont suspendu que je prends en photo sous tous les angles possibles depuis 2 jours.
Aurélie se pose sur le sable pendant que je vais faire des photos du pont. Et là c’est moi qui me fait brancher mais pas par un local. Un gars vient me voir et me parle photo. Il me demande d’où je viens, je réponds et là il enchaîne en français « Enchanté je m’appelle Oumar je suis algérien ». Et la conversation continue sur la photo, il sait de quoi il parle. Et puis on enchaîne sur les voyages et là attention, ça déconne zéro en face. Il m’a expliqué que son pays le gonflait et que comme il n’avait aucune envie de s’installer dans un pays méditerranéen, il était parti vivre en Finlande il y a 35 ans. Depuis il a visiblement réussi puisqu’il a visité 193 pays (sur 197) – photos à l’appui pour le prouver. Là-dessus, il me laisse son Instagram et me dit « écris moi si tu passes en Finlande ».



Après cette rencontre improbable, il est l’heure de se mettre en quête du resto du soir. Sur le chemin de la plage depuis le métro, nous avions repéré un petit endroit sympathique. Ayant fait choux blanc sur le front de mer, nous retournons à l’endroit repéré. Petit tonkatsu au fromage. Pour une fois ce soir, avec Aurélie nous avons pris la même chose. Simple, efficace, bon et toujours un rapport qualité/quantité/prix imbattable. Retour à la plage pour quelques photos de nuit puis métro jusqu’à l’hôtel.


La stat du jour: 16 kilomètres dont beaucoup trop avec un pourcentage élevé.

