Corée du Sud – Jour 9

Hier je disais que je voulais de la musique. Aujourd’hui j’ai été servi.

Après un petit déjeuner spartiate et diverses arnaques avec le sèche linge pour finir de sécher le linge (car notre installation de manouche dans la chambre n’a pas fonctionné aussi bien qu’attendu), nous partons à l’aventure dans les rues de Gyeongju.

Point culture

Rapide mise en contexte pour comprendre ce que vous allez voir en photo. L’histoire coréenne se découpe grosso modo en 3 périodes principales: l’empire Silla qui a régné sur une grande partie de la péninsule de 57 avant JC jusqu’en 935, la dynastie Goryeo lui a succédé de 943 à 1392 puis enfin la dynastie Joseon de 1392 à 1910 et l’invasion japonaise. Ce sont des palais de période Joseon que nous avons vu à Séoul. Aujourd’hui c’est l’empire Silla qui nous intéresse car Gyeongju était la capitale impériale. Il y a donc quantité de tombes royales en ville.

Malheureusement comme à Séoul, tout ce que nous avons vu (ou presque) est une reconstitution, souvent partielle, de ce qui occupait les lieux. La faute aux japonais en grande partie. C’est un peu le drame de la Corée, avoir une histoire et une culture extrêmement riche mais hélas quasiment aucun vestige hormis quelques traces ici ou là. Ils font ce qu’ils peuvent avec ce qu’ils ont, quitte à survendre le peu de patrimoine qu’ils ont à disposition. A leur décharge, il est compliqué de rendre sexy de gros tertres couvert d’herbe. Ca reste néanmoins super intéressant pour peu qu’on soit curieux sur l’histoire de cette partie du monde car certaines reconstitutions sont bien fichues.

Ca butte

Notre premier est Geumgwanchong, une reconstitution de tombe typique de l’époque Silla. C’est bien foutu, bien expliqué et ça permet de voir ce qu’il y a « en-dessous ». Nous passons ensuite devant la cloche symbole de l’empire. Puis nous traversons la rue pour aller voir un nouvel ensemble de tombes dont l’incontournable tombe du roi Michu. Incontournable parce que « madame Michu » et que cette vanne digne de Laurent Gera nous a fait beaucoup rire. Ok surtout moi en fait.

Nous traversons une nouvelle rue pour arriver sur un nouveau complexe de tombes que nous laisserons de côté pour aller voir l’emblème de la ville: l’observatoire de Kyongju. En soit c’est juste une tour en pierre mais c’est aussi le symbole du savoir scientifique de l’empire. L’endroit est bordé par un joli jardin rempli de touristes demeurés qui n’hésitent pas à rentrer dans les massifs de fleurs pour faire des photos immondes avec leurs téléphones. Ils sont vite rappelé à l’ordre par une armée de mamies équipées de sifflet qui n’hésitent pas à en faire usage au moindre écart. Autant vous dire que ça siffle environ toutes les 25/30 secondes.

Nous continuons notre petit tour sous un soleil qui chauffe bien plus qu’annoncé. A tel point qu’Aurélie a pris des coups de soleil. Là-dessus nous arrivons au Donggung Palace. Un magnifique exemple d’occasion ratée de recréer un sublime palais Silla. En effet, au milieu d’un joli parc, n’ont été reconstitué que 3 pavillons qui faisaient parti d’un complexe plus important. Complexe dont on peut voir la maquette et là on se dit qu’ils auraient dû mettre le paquet pour le refaire en intégralité tant il semblait magnifique.

Ensuite direction le Woljeong Bridge, reconstitution très réussie d’un pont de l’époque. De plus il se trouve à proximité de plusieurs maisons de la même période qui sont partiellement authentiques. L’endroit est en plus tout proche d’un énième village hanok mi-restauré mi reconstitué.
La faim se faisant un peu sentir, nous nous posons un moment regarder ce qu’il y a dans le secteur pour grignoter quelque chose. Là une famille qui déjeunait à côté de nous nous propose de goûter un peu de leur dessert. Une sorte de pâte de riz roulée dans une poudre non identifiée. C’est un peu gluant mais pas mauvais et ça a eu le mérite de nous caler un petit peu.

Comme il n’y a rien qui nous convienne dans le secteur pour manger, nous partons vers notre dernière visite du jour: un complexe de cinq tombes royales qui seront, vous vous en doutez, de belles grosses butes d’herbe au milieu d’un parc. L’endroit est très joli et il y a Ô miracle 2 petits pavillons qui sont d’époque. Après ça, repli stratégique vers l’hôtel car le ciel se couvre et la météo annonce de la pluie. Pluie qui n’arrivera jamais.
Sur le chemin du retour nous trouvons (enfin) un supermarché. Je dis « enfin » car nous étions curieux d’en trouver pour voir. Absolument pas déçu du voyage. C’est à la fois pareil et différent de chez nous. Pareil parce qu’un supermarché reste un supermarché. Différent parce qu’avoir la lessive en face des céréales est pour le moins déconcertant. Il se peut que quelques achats scandaleux y aient été effectué.

La fête au village

Je l’évoquais hier, il y a durant ce week-end un festival en ville. Ce soir plusieurs animations ont lieu un peu partout en ville dont un énorme concert de Rap avec quelques grosses pointures, locales cela va de soit.
Aurélie a repéré un marché proche de l’hôtel. Suite à notre échec à Séoul, nous retentons notre chance pour voir un marché nocturne. A priori ça sentait le ratage lorsque nous sommes arrivés quand Aurélie dit « écoutes tant qu’on est là autant le traverser complètement ». Quelle idée! Nous arrivons sur une galerie débordante de vie. Il y a des stands de nourriture, des familles attablées et une scène où se produisent des musiciens amateurs. Dur. Très dur. Entre le gars qui faisait des reprises de Bonnie Tyler version country (en chantant faux), celui qui a fait un solo de trompette de 10 minutes et le Claude François au rabais avec ses danseuses, il fallait s’accrocher. Ca nous a bien fait rire en tout cas.
Nous passons en revue les différents stands avec le secret espoir de trouver quelque chose qui nous tente quand soudain: okomiyaki. Ce sera la version coréenne avec du kimchi. Vendu. Un régal.

Là-dessus nous partons en direction du concert de Rap parce qu’après tout pourquoi pas? Lorsque nous arrivons c’est LILBoi qui est sur scène. J’ai fait quelques recherches, c’est la version locale de Matt Pokora. Il a débuté sa carrière dans un télé-crochet, a sorti quelques titres qui ont très bien marché et a un public essentiellement féminin si j’en crois les cris d’orfraie qui arrivaient depuis les premiers rangs. Et comme Pokora, c’est du Rap bisounours. Bref c’est rigolo 2/3 morceaux et puis nous repartons vers d’autres animations. Il y en a pour tous les goûts: un gars fait tourner des bandes LEDs sur de la techno, un autre fait un joli spectacle pour les enfants en jonglant et puis il y a une démonstration de break dance. Tout ça dans une ambiance super détendue. Pour tout vous dire, c’est tellement tranquille que vous pouvez poser votre sac sur un table pour la réserver et aller passer votre commande sans vous inquiéter de voir le sac disparaître. Idem, étant donné le monde, on pourrait penser que ça va être un peu sale. Non. Enfin si, il y a bien quelques détritus par terre mais ça reste plus propre que n’importe quelle rue de Paris même après le passage de la voirie.

Hier j’ai oublié de vous donner une information capitale. La salle de bain de la chambre est équipée d’un toilette japonais. Bien entendu on peut se faire laver la rondelle par le traditionnel petit jet d’eau. Mais celui-là a une option inédite: un ventilateur pour se sécher la rondelle. Je tairais le nom de qui a piqué un fou rire en essayant.
Autre information capitale: on entend par la fenêtre de la chambre les chanteurs amateurs des karaokés de la rue. Une souffrance de tous les instants à la nuit tombée.

Les stats du jour: petit 19 kilomètres de marche.

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