Roadtrip Arizona – Jour 4

Aujourd’hui, premier jour de vrai roadtrip avec 480 kilomètres au compteur et un peu de tourisme.

Pas de coyotes cette nuit mais réveil quand même à 4h du matin juste parce que. Du coup les journées sont longues.

Coup de vent fatal

Nous quittons Sedona vers 8h30. Comme à cette heure là à 1300 mètres d’altitude il fait bon, nous roulons sans le toit. La route serpente au fond d’un canyon où la température tombe à 10°. Nous remontons juste les vitres pour nous protéger du courant d’air. D’un coup, la route prend de la hauteur et la végétation change, nous roulons au milieu des sapins et là c’est le drame. Coup de vent, ma casquette se fait la malle, impossible de s’arrêter. Adieu casquette. Est-ce que ça m’a énervé? PAS DU TOUT, j’en ai même rigolé. De toute façon celle là avait 90% de chance de finir ses jours ici. Prévoyant, j’en avais 2 autres dans la valise.

Cet écureuil a l’air de remettre en cause ses choix de vie

Nous arrivons en vue de Flagstaff, la grosse ville du nord de l’Arizona car au croisement de l’Interstate 40 qui traverse l’état d’Est en Ouest et l’Interstate 17 qui le traverse du Nord au Sud. Nous prenons vers l’Ouest en direction de Los Angeles… pour seulement 30 kilomètres. Là nous sortons pour prendre la direction d’un des plus célèbres parc de l’Ouest américain: le Grand Canyon.
Soyons clair, la route est chiante. C’est tout droit et à peine vallonné. 130 kilomètres comme ça jusqu’à un embouteillage au milieu de nulle part. C’est tout simplement l’entrée du parc où il faut payer (35$ par voiture) pour accéder. 20 minutes cul à cul au milieu de caravanes gigantesques.

Maintenant le plus dur reste à faire: se garer. Parce que vous pensez bien que si il y a embouteillage à l’entrée, c’est parce qu’il y a du monde. Lucide, j’avais fait du repérage avant de partir et je savais exactement où je voulais me garer (si c’était possible bien entendu). Je crois qu’à 20 mètres près, nous étions garés là où je le souhaitais. Comme attendu c’est la foule. Nous entendrons parler allemand, italien, espagnol, hébreu, coréen, japonais, chinois et bien entendu ceux que je préfère: les français. Et le haut du panier de surcroît. Entre Jean-Louis qui a loué une Harley et se prend un Hell’s Angels et puis Josianne et Martine qui voyagent en car et parlent mal des gens de leur groupe, je peux vous dire que nous avons été servi. Sans parler de Johanna et Kilyan qui prennent des risques insensés pour faire une photo Instagram qui ne sera vu qu’à la machine à café par 2 collègues. AU SE-COURS.

Les Insta-béciles

Quant au paysage, je pense que ça se passe de commentaires. C’est juste beau. Si vous voulez quelques chiffres pour situer l’étendue du machin: 6 millions d’année pour creuser le truc, 16 kilomètres de large, 1500 mètres de profondeur (en moyenne) et le fleuve Colorado qui coule au fond fait en moyenne 50 mètres de large.
Nous ferons un peu plus de 7 kilomètres (à pied) le long du canyon.

Nous prendrons la route après pause déjeuner suivi d’une indispensable glace. Seulement au lieu de repartir par la même route que ce matin (celle arrivant du Sud), nous prenons celle partant vers l’Est et là pffff c’était n’importe quoi en terme de paysage. Déjà, le Grand Canyon prend une toute autre allure et une fois celui-ci laissé de côté, les paysages sont fous.

Ensuite ce sera le passage par le point le plus élevé du voyage (je crois) à 2200 mètres puis ce sera l’Interstate 40 de l’ennui jusqu’au notre destination du soir.

L’Amérique d’en bas

Nous arrivons à Holbrook, notre lieu de résidence ce soir, sur les coups de 18h30. Aurélie voulait voir l’Amérique profonde, en moins de 10 minutes elle en a eu pour son pognon.
Déjà, la ville en elle même. Située entre l’Interstate 40 et la voie ferrée qui arrive depuis le Nouveau-Mexique et file vers la Californie, elle est comme toutes ces villes US qui ont connu leur apogée avec la Route 66 dans les années 50/60 et ont perdu de leur superbe avec l’arrivée de l’Interstate 40 (qui remplace la Route 66 originale) et évite le centre ville. Résultat, la ville est littéralement un trou. Motels à l’abandon, garages avec des épaves un peu partout et puis le clou du spectacle: le supermarché. Avec tous les ploucs du coin qui se retrouvent sur le parking avec leurs pickups démesurés. Forcément, les 2 ahuris qui déboulent en Mustang cabriolet, portent des tshirts avec des pentagrammes et qui en plus parlent autre chose que l’anglais: forcément ça attire l’attention. Notamment celle d’un petit vieux arborant un t-shirt du corps des Marines, une casquette de vétéran du Vietnam et surtout à la ceinture un Colt 1911 avec ses chargeurs. Oui en Arizona on peut se trimballer avec son flingue à la ceinture.
Pour compléter le tableau, débarque une famille endimanchée à la mode cowboy avec les bottes, le jean, la chemise à carreau rentrée dans le pantalon, la grosse ceinture et l’indispensable chapeau. Moment surréaliste.
Cela dit le caissier était super cool et nous a trouvé une réduc’ de 5$ sur nos courses. Maintenant que vous avez le décor, vous êtes prêt pour l’hôtel. Ou plutôt le Motel.

Il est resté dans son jus depuis 1960 (ou pas loin), il a juste eu droit à un coup de peinture, une déco douteuse pour donner un peu de personnalité à chaque chambre, un faux parquet de chez Home Depot (le Leroy Merlin local), des rideaux transparents, un double vitra… ha bah non y’a pas. Ha j’oubliais. Vous vous souvenez de la voie ferrée dont j’ai parlé plus haut? Elle est à 50 mètres à peine de l’hôtel donc j’aime autant vous dire que quand le train fait « tchou tchou », on en profite (et pas qu’un peu). Sans parler de la piaule qui vibre. Ca plus la clim’ qui doit dater de 1976 et qui fait un bruit d’enfer. MAIS, il y a un abonnement Hulu (une plateforme de vidéo à la demande) donc j’ai tout un catalogue de films et de sports à dispo. Je suis actuellement en train de regarder d’un oeil les Texas Rangers battre les Mariners de Seattle – c’est du baseball.
Normalement, la question qui vous vient à l’esprit c’est « pourquoi cet endroit »? Ben pourquoi pas en fait! Nous cherchions un ville étape sur notre trajet, Holbrook se situe au bon endroit. Aurélie voulait faire un motel un peu débile, celui-ci semblait cocher toutes les cases, le reste c’est cadeau.

Ah oui, cerise sur le gâteau, comme dans tous les bleds de ce type, les restos ferment au mieux à 19h au pire à 20h.

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