Roadtrip USA 2025 – Jour 2

Premier jour et la météo s’en mêle.

Dans l’inconscient collectif, il fait toujours beau et chaud à Las Vegas. Comme par hasard c’est pile lorsque nous y sommes que le temps est immonde. Du coup, changement de plan. Enfin un peu.

Accident nocturne

Je n’ai pas abordé le sujet parce que j’avais le cerveau grillé par la fatigue: l’hébergement. Pour ce début de séjour nous avons opté pour un AirBNB. Les prix des hôtels à Las Vegas étant abominable. Un comble vu le nombre d’hôtels. Bref Aurélie a dégoté un AirBNB à un prix correct situé à 10 minutes de l’aéroport dans un quartier résidentiel tranquille. Pour un garage réaménagé, c’est relativement spacieux, équipé correctement et c’est pensé pour être plus « joli » que pratique sur certains points. Ce qui va nous amener au drame de 6h30 du matin. Aurélie explose par terre une lampe de chevet en cherchant son chemin dans le noir. La nuit ayant été assez peu reposante parce trop fatigué (paradoxale je sais), le réveil a été non seulement violent mais aussi laborieux.

Rapide coup d’œil à la météo. Ouaip, changement de plan: aujourd’hui nous irons en Californie.
Nous embarquons nous petites affaires dans le pickup ainsi qu’une douzaine de bouteilles d’eau puis nous mettons en route pour l’endroit de l’hémisphère nord se trouvant le plus bas sous le niveau de la mer et qui se trouve être aussi le plus chaud de la planète: la vallée de la mort.

Une petite boucle

La plupart des gens qui visitent la vallée de la mort font le trajet depuis Los Angeles puis repique vers Las Vegas en ne passant que par les plus gros points d’intérêt. Histoire de ne rien faire comme tout le monde et même si d’autres l’on fait avant nous, nous faisons une boucle dans la vallée de la mort puis retour à Las Vegas pour un trajet d’environ 510 kilomètres.
Départ matinal sur les coups de 7h30 dans le trafic infernal de Las Vegas. Sur le chemin, nous passerons pour le Pahrump Highway, célèbre pour sa ligne droite de 56 kilomètres. C’est d’ailleurs sur cette ligne droite que Koenigsegg (un constructeur automobile suédois) a explosé le record du monde de vitesse pour une voiture de production avec 446kmh (vidéo du record ICI). A Pahrump: pause dans une station service: il me faut un deuxième café. Le café medium ici serait un format XXL chez nous. Allez comprendre. Aurélie prend du boeuf séché pour goûter.

Une fois sortie de Pahrump et passé la frontière entre le Nevada et la Californie, le paysage qui était déjà un peu débile devient fou. C’est simple, si je devais imaginer une route tracée sur mars, ce serait celle-là. Si le paysage est dingue, la route l’est beaucoup moins. Le revêtement est extrêmement abimé à cause de la chaleur.

Pas au niveau

Après environ 2h30 de route, nous arrivons enfin au premier point d’intérêt: Badwater Basin qui, comme son nom l’indique, est un plan d’eau. Mais de l’eau salée. En effet à cet endroit il fait tellement chaud que l’eau s’évapore ne laissant que des cristaux de sel. Et si il fait extrêmement chaud à cet endroit, c’est parce qu’on se trouve à 85 mètres sous le niveau de la mer. Malgré les panneaux disant que s’aventurer sur le sel après 10h du matin est dangereux et qu’on risque la mort à cause de la chaleur, les touristes font n’importe quoi.

Nous reprenons la route vers Artists Palette. Un endroit où la montagne offre des couleurs pour le moins original. La route vaut aussi des points car elle serpente au milieu des ravines avec parfois des virages au profil que je qualifierai « d’intéressant ». Aurélie est passé là-dedans au volant que paquebot avec dextérité.

Un peu plus loin nous stoppons à Golden Canyon. En soit, pas grand chose à voir. Enfin si, pour ceux qui savent, c’est dans ce petit canyon à 50 mètres du parking que des scènes du premier film Star Wars sorti en 1977 ont été tournées. En bon fan, je me devais de stopper à cet endroit. Pour qui connait un peu le film, on reconnait le lieu et l’endroit où était positionné la caméra, même 50 ans après. Les gens m’ont regardé bizarrement faire des photos de mes Lego à cet endroit. Passons.

Re-changement de plan

La suite sera une pause à Furnace Creek. Endroit bien nommé puisque c’est ici qu’au début du 20ème siècle a été enregistré le record absolu de chaleur sur Terre avec un petit 56,7°. Aujourd’hui nous n’avons eu « que » 42°. Dites vous qu’il y a 10 jours, le thermomètre affichait 51°. Nous en profiterons pour acheter le pass America The Beautiful qui, pour 80$, permet d’éviter de payer les entrées dans les autres parcs nationaux. Il est en effet moins cher de prendre le pass que de payer une entrée qui coûte de 20 à 35 dollars.. L’an dernier ce pass n’aurait pas été rentabilisé alors que cette année… il va servir. Beaucoup.

Nous apprendrons aussi que suite aux récentes crues, certains chemins sont fermés ce qui nous fait « encore » changer nos plans. Je sais qu’on peut avoir du mal à imaginer des crues dans un endroit aussi désertique. Partout dans le parc, on voit des panneaux disant de faire très attention aux crues éclaires. Le truc est que le terrain est tellement sec que l’eau ne pénètre pas et donc dévale les pentes à vitesse grand V. Nous avons vu pas mal d’engin de chantier en train de remettre en état les chemin ou simplement dégager des éboulements. Tout ça pour dire que nous ne ferons pas de hors piste et que je louperai donc d’autres endroits où a été tourné Star Wars. Pas grave.

La pluie

Au Visitor Center de Furnace Creek, il y a des places de stationnement à l’ombre. Je peux vous dire que c’est la guerre pour en avoir une. Guerre que nous avons gagné. Ce qui nous a évité d’avoir recours à des stratagèmes de type serviette coincée dans la vitre pour éviter que l’habitacle ne chauffe trop. Le fait d’avoir une voiture grise aide aussi. Le pick-up en noir aurait été un four. Bref, après un déjeuner à 14h dans la seul truc ouvert de Furnace Creek, nous repartons pour le pic de Dante. Aucun lien avec le film de 1997, c’est l’endroit du dernier point d’intérêt du jour.

Nous ferons un rapide stop à Zabriskie Point pour toujours plus de paysages sublimes et aussi vu dans Star Wars. Endroit hélas un peu pourri par les touristes français. Toujours d’une remarquable discrétion et d’une beauferie infinie. Encore de beaux spécimens dont nous seuls avons le secret.
Retour en voiture pour aller au pic de Dante. Ce dernier est un peu excentré de l’axe principal. Il faut savoir où tourner puis ensuite se faire 25 kilomètres d’une route au tracé chaotique et qui s’élève d’un seul coup puisqu’on se retrouve à 1600 mètres d’altitude.

Le panorama a servi dans Star Wars mais à ce stade c’est accessoire tant la vue est dingue. Une dame qui cherchait son mari me demandera pourquoi je me trimballe avec des Lego. La réponse l’a pour le moins surprise. Star Wars a vraiment été tourné ici? Bah oui madame! Une courte scène pour une phrase iconique qui a très mal vieilli mais c’était là.

Nous remontons dans la voiture pour entamé notre chemin de retour. Deux heure de route jusqu’à Las Vegas. Pour rentrer, nous sommes obligés de repasser par Pahrump. La route jusque là est chiante. Des lignes droites d’un ennui confondant que la fatigue qui arrive rend encore plus pénible. Et puis il faut encore se retaper les 56 kilomètres de ligne droite mais cette fois-ci sous la pluie.

Ce qui va me permettre d’aborder quelques défauts de notre Ford F150. Le premier est le plus accessoire mais quand il fait chaud comme aujourd’hui c’est appréciable: pas de siège ventilés. La Mustang de l’an dernier avait ça et ça rendait les trajets plus confortable. Aussi, pas d’essuies glace automatique. Sur une voiture de 2025 c’est difficilement compréhensible.
La gestion de la boîte automatique est pour le moins discutable. Pour avoir un peu de couple pour doubler par exemple, il faut mettre le pied dedans mais au lieu de redescendre d’un rapport, la voiture insiste sur le rapport en cours. Résultat, la puissance se fait attendre, dommage avec 325cv sous le capot. Ce qui amène à un autre point: j’ai comme un doute sur la « qualité » du contrôle de traction de la voiture. Plusieurs fois j’ai fait patiner les roues en accélérant un peu fort au démarrage et ce, sans le vouloir. Et sous la pluie, j’ai senti l’arrière partir en travers quand j’accélérais pour entrer sur l’autoroute. Comment dire? C’est le genre petit gag dont je me passe assez volontiers. ‘fin on apprend, c’était la première journée au contact d’une voiture qu’on ne connait pas.
Sorti de ça c’est confortable et spacieux. Vous me direz qu’à 2 dans une cabine prévu pour 6 on ne risque pas de se gêner. Il a bien encaissé la forte chaleur et niveau conso c’est raisonnable (environ 8l /100km à vue de nez). Les manœuvres se font aisément, on arrive placer ce monstre assez facilement où on veut. Ceci dit il y a le côté paquebot de l’engin qui dans la montée du pic de Dante s’est bien fait remarquer. A la descente j’ai bien senti les 2 tonnes du machin quand il fallait freiner. ‘fin on l’a voulu, on l’a eu.

Là-dessus, je vais dormir. Demain nous faisons ce que nous aurions du faire aujourd’hui. En espérant éviter les orages.

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