Roadtrip USA 2025 – Jour 3

Grands seigneurs, aujourd’hui nous donnons au peuple ce qu’il veut quand on parle de Las Vegas.

Notre choix d’hier, à savoir se taper 500km dans la vallée de la mort dès le premier jour pour éviter les orages à Vegas, c’est avéré payant. Pas une goutte ne nous est tombé dessus. Par contre ce soir, on voyait la foudre tomber dans les montagnes au sud de la ville.

Faire barrage

Le réveil fut bien plus calme qu’hier. Rien n’a été cassé. Les muffins à la citrouille achetés hier au supermarché ont fait office de petit déjeuner en ce qui me concerne. Aurélie était au muesli et aux fruits.
Ensuite départ tranquille pour le barrage Hoover à 40 minutes en voiture de Las Vegas. Sur place, il faut montrer patte blanche. Au checkpoint à l’entrée on vous demande si vous êtes armé etc et on vous fait baisser les vitres de la voiture pour contrôle visuel. Ambiance.
Une fois passé le contrôle, le premier stop est le Pat Tillman Memorial Bridge qui surplombe le Colorado se trouvant 270 mètres plus bas. Il offre une vue incroyable sur le barrage mais est surtout le pont autoroutier reliant Las Vegas à Phoenix.
Sur le pont, on déambule donc entre le vide et un parapet en béton qui nous sépare des voitures passant à tout vitesse. Un petit moment Nutella tout à fait satisfaisant surtout quand les camions passent et que tout tremble. Retour à la voiture pour aller voir le clou de la visite.

Le barrage Hoover (du nom du 31ème président des USA), a été construit entre 1931 et 1935, fait 14 mètres de large à son sommet et 201 à sa base. Il contient quelques éléments de style art déco qui lui donne un peu de personnalité. Sorti de ça c’est du béton. Beaucoup de béton. Mais la gorge en contrebas et le pont qui le surplombe donne un peu de charme à l’endroit. Comme nous sommes arrivés tôt, l’endroit ne grouille pas encore de monde ce qui rend la promenade relativement plaisante. Par contre le soleil tape déjà et sur le béton c’est du bonheur.
Anecdote concernant le barrage. Ce dernier est à la fois une star de cinéma (on a pu le voir dans Transformers en 2007 ou Superman en 1978), la frontière entre le Nevada et l’Arizona et accessoirement il produit l’électricité pour Las Vegas et une partie de la Californie. Il marque aussi la fin officielle du Grand Canyon.

Les touristes arrivant en masse il est temps de partir pour aller nous promener sur les hauteurs du lac. Car qui dit barrage, dit lac. Le lac créé par la construction du barrage se nomme le lac Mead. Il fournit en eau la ville. Enfin il essaie vu la consommation stupide qui en est faite. Pour tout dire, la consommation d’eau est telle, que le niveau du lac a baissé et a fait remonter un certain nombres de cadavres. En effet quand la mafia régnait sue Las Vegas, le lac servait à faire disparaître les personnes « gênantes ». Et puis c’était plus rapide que d’aller creuser un trou au milieu du désert.
Pour la promenade nous avons choisit un truc simple et plat. Mais en plein soleil. Il s’agit de l’ancienne voix de chemin de fer qui reliait la ville voisine de Boulder City au barrage Hoover. La vue sur le lac est sympa, l’ombre offerte par les anciens tunnels ferroviaires est salvatrice mais il fait vraiment trop chaud (36°) donc retour à l’automobile après avoir fait l’équivalent de 5 kilomètres aller-retour. Même le matériel souffre. La GoPro a fait rideau pour la seconde fois en 2 jours à cause de la chaleur.

100% ‘ricain

Il est autour de midi. Ce sera donc pause shopping dans divers magasins repérés à l’avance pour au final ne rien trouver de ce que nous cherchions. Nous profitons de la fraîcheur offerte par le centre commercial pour déjeuner puis avisons de la suite des événements. Continuer le shopping puis aller voir de gros V8? Ou aller voir de gros V8 puis continuer le shopping?
Décision est prise d’aller voir les gros moteurs d’abord. Donc direction Shelby American! Carroll Shelby, un texan donc forcément un gars bien, était un ancien pilote de course devenu préparateur automobile. Il a notamment collaborer avec Ford dans les années 1960, permettant à la marque de battre Ferrari au 24h du Mans avec la légendaire Ford GT40 (voir le film Ford vs Ferrari qui relate cette histoire). Mais ce n’est pas tout. C’est aussi à lui que l’on doit la mythique AC Cobra ainsi que les Ford Mustang badgées Shelby. Gage de performance et surtout de puissance. L’usine où se fabrique les Shelby Mustang se trouvent à Las Vegas et c’est là que nous allons.

Comment vous dire? Si vous aimez les voitures américaines, l’endroit est parfait. Technologiquement c’est de la mécanique agricole. Des moteurs aux cylindrées stupides, des carburateurs énormes, des compresseurs démesurés, une puissance d’une crétinerie absolue, un bruit à devenir fou. Pour dire les choses simplement: DU BONHEUR. J’espérais voir une ou deux AC Cobra tant ces voitures sont rares. J’en ai vu une dizaine (à 1 million de dollar pièce vous faite le calcul). La collection de voitures est folle.

Après une heure de bonheur mécanique, retour au shopping. Mais alors attention, là on a mis la barre très très haut. Direction le magasin Bass Pro Shop de Las Vegas. Bass Pro Shop est une chaîne de magasins spécialisés dans tout ce qui touche aux activités d’extérieures: de la randonnée à la pêche en passant par la chasse etc. Décathlon version US si on veut. Sauf que le magasin de Las Vegas fait 16000m². Il y a 2 chutes d’eau, un aquarium, des bateaux, des chaises de camping, des couteaux suisse, des tenues de camouflages et assez de flingues pour défendre l’Ukraine. C’est à la fois débile et génial. Et c’est tellement gigantesque qu’Aurélie m’a dit « tu ne t’éloignes pas sinon je ne te retrouve pas ». Je n’étais jamais rentré dans ce type de magasin, bah c’est quelque chose.

Vegas Babay!

Retour à la maison pour une nécessaire pause puis nous allons enfin voir ce qui fait que Las Vegas est Las Vegas: le Strip, les casinos… bref le zoo humain qu’est cette ville.
Pour commencer direction Fremont Street. Mais avant d’y arriver il faut se garer et ici ça peut devenir l’angoisse. J’avais repéré un parking juste en face de Fremont Street mais ce que je n’avais pas prévu c’est qu’avec notre tank, nous sommes trop haut pour rentrer. Il a donc fallu improviser un plan B. Le plan B sera trouvé 200 mètres plus loin. Parking en plein air, moins cher et à l’ombre. Nos 2 heures sur place nous ont coûté… 10$.
Fremont Street donc. Pour faire simple, c’est la cour des miracles. D’un côté: touristes en goguette, jeunes mariés et supporters de foot (la saison de foot US reprenait aujourd’hui). De l’autre, des « artistes » de rues qui font leur cirque dans de petits espaces dédiés qu’ils louent pour un temps limité, des SDF en quantité absurde et des bars qui servent de l’alcool directement dans la rue. Le tout avec une odeur constante de cannabis sous un toit qui clignote, avec de la musique qui gueule et des lumières qui clignotent. L’endroit est nommé The Fremont Street Experience. Tu parles d’une expérience!

Ce qui nous amène ici est un énième truc débile: le Heart Attack Grill. Littéralement « le grill de la crise cardiaque ». Le concept? Vous déguisez en patient d’un hôpital où on vous sert des plats hyper caloriques dans des portions à la taille démesurée. Et si vous ne finissez pas, les serveuses déguisées en infirmières vous fessent devant tout le monde. Et elles ne font pas semblant. Cela dit, on vous prévient de tout ça dès l’entrée donc vous ne pouvez pas dire que vous ne saviez pas.
Sachez que cet établissement de bon goût détient le record du monde du burger le plus calorique. Le bien nommé « octuple bypass » contient plus de 9000 calories. Soit l’équivalent de 6 repas pour une personne normal.
Je n’ai pas pris de risque, j’ai pris le burger le plus basique – qui est déjà d’un beau gabarit. Aurélie a opté pour une « simple » milkshake. Le truc faisait 1 litre et demi. Bref c’est marrant, l’ambiance est décalée, l’humour un peu « gras » mais c’est ce qui fait le charme du truc. On adhère ou pas. Je vous avoue que vu le peu de monde ce soir au resto, le seul moment où on sortait de sa torpeur c’est quand quelqu’un se faisait latter le fiac par une serveuse.

La suite de la soirée se déroulera sur le Strip, au milieu des fameux casinos à thème. Mais avant ça, retour du problème de parking. Oui car aller de Fremont Street à pied jusqu’au Strip ça se fait. En 2 heures. Donc je repère un parking mais sur le chemin, je me rends compte qu’en fait nous serons vraiment loin de tout donc j’improvise à un feu. Nous voyons des voitures rentrées dans ce qui ressemble à un parking et qui est de surcroît assez haut pour accueillir des pickups. Nous y allons, les barrières sont levées, personne ne nous arrête pour nous dire qu’on n’est pas censé être là. Bon… on se gare et on croise les doigts en partant.

Arrivée sur le Strip, l’ambiance est… morose. Comme nous sommes hors saison, il y a peu de monde. Vous me direz que c’est bien car on peut se promener tranquillement. Mais ce grand cirque fait vraiment toc quand il est vide. Le vague souvenir que je garde ma seule et unique visite avant celle-ci (en 1990) c’est qu’il y avait juste des casinos avec des néons. Et dans ces casinos, d’immenses salles avec des machines à sous à perte de vue. Maintenant il y a des écrans à LEDs partout et les casinos sont devenus d’immenses galeries marchandes. L’aspect un peu kitch qui donnait un peu de cachet à l’endroit a disparu au profit de tous ces trucs tape à l’œil et sans âme. Un peu comme Time Square à New-York. Ou alors je me fais vieux et je commence à dire que « c’était mieux avant ». Aurélie me soufflera qu’elle est bien contente que nous n’ayons pas pris un hôtel ici car elle préfère le calme de notre AirBNB.

Bref voila, notre promenade d’une bonne heure nous amènera entre autres au Venitian avec ses gondoles, au Caesar Palace, au Bellagio, au Paris et à la fameuse sphère. Puis retour à la voiture qui, ô miracle, est toujours là. Les barrières sont toujours levées, nous sortons comme nous sommes rentrés sans que personne ne nous demande rien. Ouf. Je m’étais fait à l’idée que nous allions en avoir pour au moins 50$ de parking aujourd’hui. N’en avoir sorti que 10 me satisfait pleinement.
Nous passons devant les autres gros casinos comme le New-York, Mandalay Bay MGM Grand et le Louxor pour aller voir le fameux panneau « Welcome to fabulous Las Vegas » avant de rentrer.

Il est 1h40 du matin. Je suis mort. Demain réveil tôt car il y a de la route. Fini la ville, retour aux grands espaces et aux paysages qui envoient du lourd. Vous êtes prévenus.

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