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14 octobre 2026

Japon improvisé – Jour 3

Aujourd’hui, direction Kyoto.

Problème au réveil : les gyozas d’hier passent mal. Du coup, le petit déj passe lui aussi mal. Ça arrive bien entendu le jour où j’ai un timing à respecter, sinon ce n’est pas drôle.

Le musée Nintendo

En effet, ce matin, j’ai réussi à arnaquer une entrée pour le musée Nintendo (j’y reviendrai). Je dois y être pour l’ouverture à 10 h. Fidèle à moi-même, je prévois d’y être pour 9 h 30, sait-on jamais.

Le musée se trouve à Uji, dans la grande banlieue de Kyoto, à environ 1 h 10 en train depuis mon hôtel.

Deux façons d’y aller : métro + shinkansen + train local ou métro + train local + train local. D’un côté, 55 minutes pour 3 500 yens. De l’autre, 1 h 10 pour 910 yens. Le shinkansen, c’est bien, mais cher, donc pour 30 minutes de trajet, ce n’est pas rentable.

Me voilà donc en train de naviguer d’une ligne à l’autre, le nez collé sur le téléphone pour être sûr de prendre le bon train. Google Maps fait d’ailleurs des merveilles ici puisqu’il vous indique même le wagon le plus optimisé pour les correspondances. Tout se passe parfaitement jusqu’au troisième train, qui reste à quai de longues minutes à une station de l’objectif. Le mythe de la ponctualité des trains nippons en prend un coup. Heureusement que j’avais pris de la marge.

C’est avec un retard de 4 minutes que j’arrive à la gare d’Ogura. Je survivrai.

Le musée est à 3 minutes de la gare. Comme je m’y attendais, je ne suis pas le premier. En fait, je suis le 13e dans la file à 9 h 40. L’accueil du personnel est extra. Ils sont aux petits soins. On m’invite à laisser mon sac à dos et surtout mon appareil photo dans un casier. Oh mon Dieu, un bout de la file d’attente est au soleil, vite, il faut baisser les stores. Et hop ! Non, vraiment, le personnel est super.

Je présente ensuite mon passeport et le QR code rattaché à mon ticket, car ce dernier est nominatif. Et le plus dur dans l’affaire, c’est d’obtenir ce fameux QR code.

Deux méthodes pour l’avoir.

La basique : s’inscrire sur le site du musée 3 mois avant la date de visite théorique. Choisir 3 dates et jusqu’à trois créneaux horaires par date. Le tirage au sort a lieu 2 mois avant la date de visite. Si vous êtes tiré au sort, vous pouvez acheter jusqu’à 4 tickets et vous avez 48 h pour confirmer la visite en achetant les tickets. Si vous ne le faites pas, vous perdez votre place. Des démarches, donc.

L’autre méthode, c’est de se mettre sur la liste d’attente et d’espérer arnaquer une place le jour et à l’heure qui vous arrangent. <= Ça, c’est moi.

Le truc au Japon, c’est que quand il est dit que ça ouvre à 10 h, ce n’est pas que ça ouvre à 10 h comme chez nous, où à 10 h 10, les gars finissent le café. Non. Ici, à 9 h 45, le staff qui gère les entrées déboule, salue tout le monde, prend son poste, vérifie que tout fonctionne et est prêt à faire rentrer les gens à 9 h 50. Quelques minutes pour un contrôle de sécurité, ce qui donne le temps au chargé des cartes de vous préparer la vôtre, puisqu’elle est personnalisée et nominative.

On peut choisir le design de la carte, soit le perso de votre profil Nintendo (si vous en avez un), soit un design prédéfini. J’ai choisi celui des 40 ans de Zelda.

Une fois votre carte reçue, vous pouvez entrer – il est autour de 9 h 55. Et là, vous avez le choix : rester dehors pour faire des photos du décor, foncer dévaliser la boutique, aller aux activités ou faire l’expo. J’ai commencé par l’expo. J’étais collé aux vitrines à 9 h 59, nous étions 2 dans la salle. Expérience incroyable d’avoir cet espace juste pour soi. Hélas, pas de photos.

Vous ne pouvez pas dire que vous ne savez pas, puisqu’on vous briefe avant de vous laisser entrer, il y a des signes partout et, juste « okazou », ça patrouille fort dans la salle.

Donc, cette salle, c’est de la folie. Mais vraiment. N’importe qui qui aime le jeu vidéo devient fou. Factuellement, les 137 ans de l’histoire du petit artisan de Kyoto sont retracés dans cette salle. Des jeux de cartes en passant par les jouets en plastique douteux des années 50 jusqu’à la toute récente Switch 2. Il y a tout. Bien entendu, c’est la partie console qui est incroyable.

Elles y sont toutes ! Présentées dans toutes leurs versions (japonaise, US et européenne), et aussi avec des variantes de couleurs et des éditions limitées. Chacune des consoles est accompagnée d’un panel de ses jeux les plus marquants – eux aussi présentés dans leurs 3 versions. Et il y a bien entendu tous les accessoires qui les accompagnent. Le Zapper pour la NES, le Super Scope pour la Super NES, Wii Fit pour la Wii, etc.

Dans un coin, il y a des vitrines montrant des concept arts originaux de certains classiques de Nintendo. On peut y voir les différents designs envisagés pour Samus de Metroid. Elle a été rousse avant d’être blonde. Mais le clou du truc, pour moi, c’était de voir des esquisses de Mario de la main de Miyamoto et les pré-designs de Kirby dessinés par Sakurai. FO-LIE.

Il y a même un espace dédié à l’évolution du design de la case « ? ». Ouais… ils en sont là.

Le Pikmin planqué sur le toit

Pour le visiteur lambda, il y a tout et même plus. Le geek va relever des petits détails qui piquent. Les N-sex (surnom donné aux fans hardcore de Nintendo) chipoteront sur la version de la boîte de tel jeu pour ci ou ça.

Parmi les petits détails qui piquent, prenons l’exemple de la vitrine de la Super Nintendo. Il y a 3 exemplaires de Satellaview. Ça, c’est cool. Mais la PlayStation, elle est où ? Autre détail, mais significatif selon moi : les boîtes de certaines consoles présentées sont vraiment fatiguées.

Nintendo a-t-il été si peu soigneux avec ses archives ou bien ont-ils racheté du matos d’occaz pour combler les trous ? Idem, comment se fait-il qu’on n’ait pas toutes les versions collector/limitées de chaque console ? OK, y a une GameCube Panasonic, mais l’orange, on en parle ?

Pareil dans la fantastique vitrine de prototypes. C’est génial de voir les différents designs imaginés pour les consoles et les manettes. Mais pourquoi est-ce dans un coin presque caché ? Il y a pas mal de choses que j’ai relevées comme ça. Autre exemple : l’an dernier, on fêtait les 40 ans de Mario. Qu’ont-ils fait pour célébrer ça ? Un design de carte pour le musée. C’est tout. Cette année, ce sont les 40 ans de Zelda. Pareil.

Des petits trucs qui ne gâchent pas la visite, mais qui pourraient la faire passer à un niveau encore supérieur.

Suite de la visite aux activités. Votre carte est préchargée avec 10 pièces. Les activités coûtent 1, 2 et 4 pièces. Vous ne pouvez pas recharger votre carte, donc il faut bien choisir vos activités. Et il y a de quoi faire. Un immense jeu de mah-jong interactif, 7 minutes de jeu sur des classiques NES, Super NES et N64, un jeu à captation de mouvement où l’on incarne un personnage des vieux Game & Watch, le jeu en duo sur manette géante et le must pour moi : le jeu de tir collectif.

Le mah-jong, c’est mort, la manette géante en duo… bon bah voilà, je me suis donc délecté de deux fois 7 minutes de jeu Super NES au Japon, chez Nintendo, et de 2 séances du jeu de tir collectif. En gros, il y a 12 joueurs, chacun muni d’un Zapper ou d’un Super Scope, et sur le mur en face, il faut dégommer tout ce qui passe à l’écran, sauf Mario, parce que ça fait perdre des points. Premier round, je finis 2e ; second round, j’ai fait 4e. C’est drôle, vous n’avez pas idée.

Au final, on se fout du classement parce qu’on s’amuse. C’est vraiment l’idée de la zone d’activité : que tout le monde s’amuse. C’est pour ça que tout est limité en temps et qu’on n’a que 10 pièces.

Après ça, direction la boutique. Tous les produits sont exclusifs au musée et, pour éviter les abus, on a droit à 2 exemplaires max de chaque produit. Et si vous voulez ruser en repassant une seconde fois à la caisse : loupé ! Il faut présenter sa carte du musée, donc ils savent exactement ce que vous avez déjà acheté ou pas. De toute façon, avec la carte, ils savent tout : heure d’entrée et de sortie, activités choisies, temps passé dans l’expo, pognon dépensé en boutique, etc.

Je sors de là, il est midi. Comme j’ai peu mangé au petit déj, je crève de faim et, comme j’ai une flemme magistrale d’aller chercher un combini sur le chemin de la gare, je décide de déjeuner au musée. Personnel toujours au top, rien à dire là-dessus. Par contre, la bouffe est assez médiocre. Niveau choix, c’est burger ou burger. Donc burger au wasabi, et je cherche toujours le goût du wasabi.

Je sais que je me suis montré un peu critique vis-à-vis du musée, mais c’est extraordinaire. Il manque juste quelques bricoles pour que ce soit légendaire.

Trois temples et un pokemon center

Voilà, là-dessus, je pars vers Kyoto. Petit trajet en train et métro de 50 minutes quand même pour aller voir des temples que je n’ai jamais visités. Et qui, je l’espère, ne seront pas noirs de monde.

Je commence par le Nanzen-ji, qui a pour particularité d’avoir un aqueduc en brique. Voilà, c’était la visite. Le temple est en travaux, donc on voit juste l’aqueduc, la porte principale et ciao bisous. Endroit joli, mais un peu frustré.

Frustration de courte durée, car non loin du temple, on entend des cris et du brouhaha. 5 minutes de marche plus tard, je tombe sur 2 lycées qui font une sorte de kermesse. Il y a un orchestre de lycéens qui joue. Forcément, tout le monde s’arrête. Les jeunes s’amusent, les touristes font nawak et l’orchestre joue. Mais quand je dis que ça joue, ça joue ! Les mômes ont un niveau affolant. Ce solo de trombone était fou.

Je continue vers l’Eikan-dō Zenrin-ji. Celui-là, je ne sais plus pourquoi je l’avais noté. Sans doute parce qu’il était à côté de l’autre. Bref, belle découverte. Très joli petit jardin intérieur (envahi de Chinois qui posent partout tout le temps). Le pavillon est assez « standard », c’est vraiment le jardin qui fait le charme du lieu.

Je marche ensuite une vingtaine de minutes en direction du Heian-jingū. Là, je m’attendais à trouver beaucoup de monde et, en fait… bah, c’était très, très OK. Le temple est immense, il a une très belle cour et les différents bâtiments sont assez jolis aussi. Sans vouloir être « ce mec », je commence à avoir vu une pelletée de temples du genre, donc je ne m’émerveille plus à chaque fois. Mais celui-ci est chouette.

À noter qu’il y avait un mariage. Vous pensez donc bien que tout le monde a rappliqué ventre à terre pour faire des photos des mariés en kimonos. Le photographe du mariage a pété un câble en voyant le manque de respect des gens. C’est le gardien du temple qui est venu faire la police. Forcément, moi, avec mon appareil en bandoulière, j’ai attiré l’attention, mais comme je n’y ai pas touché, pas de souci.

J’ai quand même snipé une photo des mariés durant la procession dans la cour. #TeamPirate

16 h 30, j’ai fini mon programme, je décide d’aller dans le centre de Kyoto et là… là, y avait du monde. Beaucoup de monde. Trop de monde. Je tente une incursion au Nintendo Store. Bien plus supportable que celui d’Osaka, paradoxalement. Mais toujours rien de fifou à proposer. Dans un élan de folie passagère, je pousse jusqu’au Pokémon Center. Un monde infernal, MAIS le cadeau d’anniversaire du neveu est sécurisé. Ouf. Après 25 minutes d’attente à la caisse.

Pour l’anecdote, l’achat de paquets de cartes Pokémon est limité à 3 paquets par personne. Ils sont derrière les caisses, dans un meuble sécurisé, et c’est la caissière qui vous les donne. C’est moi ou ça devient n’importe quoi, ces cartes-là ?

Là-dessus, je rentre sur Osaka et c’est le drame. Le mythe de la ponctualité japonaise s’effondre. Le trajet prend 1 h 40 au lieu d’1 h 10. Au moins, j’étais assis, mais que ce fut long ! Et pour couronner le tout, petit message l’air de rien de quelqu’un de la famille (oui, je parle de toi, là) : « Heu, si tu trouves un magasin Ghibli, je veux bien que tu me prennes ça, ça et ça. » Et comme par hasard, il y a un magasin Ghibli juste à la gare où j’arrive.

JE fais quand même 3 fois le tour du bousin avant de le trouver, il faut dire qu’il est petit et dans un recoin. Mais il a eu le bénéfice de me permettre de trouver à dîner facilement. Ici, gares = restaurants. J’ai dîné pour 6 euros. Ce n’était pas fabuleux, mais entre la commande, la préparation et le paiement, il s’est passé 2 minutes maximum.

Retour tranquille à pied jusqu’à l’hôtel pour finir la journée avec 19 km au compteur. Et demain ? Aucune idée de ce que je fais. J’ai épuisé mon stock de trucs à voir à Osaka.

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