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14 octobre 2026

Japon improvisé – Jour 8

Il fait beau mais pas là où il faut.

En route pour la dernière pause avant l’arrivée à Tokyo.

Sortez moi de là

Contrairement aux attentes, la nuit a été calme. Comme quoi, gueuler un bon coup, ça a parfois du bon.

Quant au petit déj, ce fut extrêmement calme. Je m’attendais à un gigantesque foutoir, ce ne fut pas le cas.

Je quitte Hamamatsu sans trop de regret et saute dans le premier des trois trains du jour.

Le plan de base était d’aller à la gare de Yoshiwara. Marcher longtemps jusqu’à un endroit bien précis pour faire LA photo. Celle du shinkansen qui passe au pied du mont Fuji. J’ai trouvé le spot exact, parce que c’est au milieu de nulle part, la bonne gare, etc. Tout ça pour qu’il soit dans la bouillasse le jour où je suis sur place. Alors que demain, il sera parfaitement dégagé. J’adore.

Donc, plan B.

Le plan B se trouve être Shizuoka. Je suis allé fouiller dans mes archives pour voir si d’aventure je n’avais pas noté quelque chose à y faire. Il se trouve que si. L’usine Bandai où sont fabriquées les maquettes des robots Gundam. Pensant que ça peut être marrant, je regarde si d’aventure il y a des tickets dispo. Il y en a. Je réserve pour 10 h 30.

Donc, ce matin, premier train pour Shizuoka. En fouillant un peu autour de l’usine, je vois qu’il y a un temple. Quand je descends du train, je regarde l’heure. J’ai juste le temps d’aller voir le temple et de filer à l’usine, qui est à moins de 10 minutes à pied. Endroit simple et très sympa. Au milieu des arbres. Il n’y a pas un rat. En plus, il fait beau.

Vu que l’heure tourne, je file à l’usine. Comme c’est le Japon, il y a deux pleupleux qui font le pied de grue dehors pour guider le visiteur. On m’invite à laisser mon sac dans un casier et hop, c’est parti. Comme chez Nintendo, il faut montrer patte blanche avec un contrôle pour vérifier que le nom sur le ticket correspond à celui sur le passeport. Là, on me donne mon badge d’entrée, puis on me dit que, comme c’est le premier anniversaire du musée, ils offrent un Gundam à tous les visiteurs.

OK, je prends, merci 🙂

Certes, il est gris et pas très sexy, mais c’est cadeau et ça vient du musée ! Il se peut que la version grise soit exclusive à cette commémoration. À vérifier. Bref, on s’en fout. Débutons la visite du BANDAI HOBBY CENTER PLAMO DESIGN INDUSTRIAL INSTITUTE. Un nom beaucoup trop long pour dire que c’est la visite de l’usine.

Si vous ne devez retenir que deux choses, ce sont les suivantes :

– le plastique, c’est fantastique ;
– avant d’entrer dans la boutique, quelqu’un doit retirer tous vos moyens de paiement.

Sinon, la visite est très bien faite et interactive. On vous explique les grandes lignes de la création d’une maquette. Le choix du design, les couleurs, la création des moules, la mise en place du processus industriel, puis enfin le design de la boîte, etc. On vous montre aussi les chaînes de production.

C’est du plastique injecté, donc, à moins d’être le nez sur la machine, on ne voit rien. Mais c’est toujours marrant de voir un robot se promener dans les allées de l’usine alors que tout est mis en boîte à la main.

Arrive ensuite la partie interactive. Vous scannez votre badge sur des bornes et on vous propose de faire comme si vous étiez un créateur de maquette. Choisir le type de figurine, les proportions, les couleurs, etc. D’ailleurs, le mec à côté de moi avait choisi un modèle féminin et poussait certains curseurs trop loin. La machine n’arrêtait pas de lui dire que ça ne rentrait pas dans les critères.

J’ai fait mon petit design sous pression. Parce que, bien entendu, tout est minuté pour que tout le monde puisse en profiter. Cela dit, nous étions un groupe d’une dizaine de personnes, donc j’aime autant vous dire que ça ne se bousculait pas. J’ai d’ailleurs appris que le musée n’est accessible aux touristes étrangers que depuis un mois. Avant, il fallait obligatoirement un numéro de téléphone local.

Bien un truc de Japonais de faire ça, puis de se rendre compte que ça serait bête de se priver des touristes étrangers et de leur portefeuille.

Ça se termine bien entendu dans la boutique, pour laquelle on vous donne un bon de réduction. Bon de réduc’ dont j’ai fait cadeau parce que si je sombre là-dedans, ça va être terrible. Le Gundam exclusif au musée est sublime. Mais j’ai résisté.

N’est-il pas incroyable?

Dérive sectaire

Là-dessus, je déjeune vite et saute dans mon second train, qui m’amènera jusqu’à Atami. Sur le chemin, nous passerons à la fameuse gare de Yoshiwara et je verrai même du train le fameux spot dont je parlais au début. Quant au Fuji, il est là, c’est sûr, mais bien planqué. À Atami, trois minutes pour changer de train et prendre la direction d’Odawara. Ce sera le stop pour aujourd’hui et demain.

Comme j’y suis tôt, j’ai le temps de prendre mon ticket de shinkansen pour jeudi matin, histoire d’être tôt à Tokyo et d’optimiser le temps, parce que j’ai un programme chargé. Programme que je vais sans doute plier trop vite. Je me connais.

L’hôtel étant juste à côté de la gare, je n’ai pas loin à marcher. Ma valise m’attend. Je sais qu’elle est arrivée vers 9 h ce matin (oui, j’espionne ma valise). En trois minutes ici, j’ai eu plus d’interactions avec le personnel qu’à Hamamatsu. D’un côté, ici, c’est très, très touristique pour des raisons qui seront évidentes demain. De l’autre, à Hamamatsu, je n’ai parlé à personne.

Là-dessus, je me pose en attendant la camarade Flavie, qui arrive par le train en fin d’après-midi. Elle prend ses quartiers à son hôtel, puis nous allons faire un tour dans le parc du château d’Odawara.

Il y a plein de lampions partout, l’ambiance est très sympa. Le château sent bon le béton, mais ce n’est pas très important, car il rend vraiment bien dans son petit parc.

Pour dîner, nous optons pour un izakaya. C’est forcément cher, pas forcément bon et on n’est pas trop sûrs de ce qu’on mange. Au moins, nous aurons passé un bon moment.

Petite glace réglementaire en sortant, puis, au coin d’une rue, une femme nous aborde. Elle parle un anglais rudimentaire, mais on se comprend. La conversation s’engage sur les trucs de base. Puis, d’un coup, elle nous propose de venir à une cérémonie bouddhiste. Ça nous laisse perplexes, mais on se dit : « Pourquoi pas ? » Donc, nous suivons. Plus nous marchons, plus les questions deviennent perso. Flavie sent un truc, mais ne dit rien. Pour l’instant. Une seconde femme nous rejoint en chemin.

Elles font leur petite vie entre elles. Flavie reste toujours un peu sur la réserve. Nous arrivons devant un bâtiment et là, elle nous explique que la cérémonie n’est pas dans un temple, mais dans ce bâtiment. Il y a un agent de sécurité devant. Là, ça devient bizarre. On nous fait rentrer. Ça discute pas mal entre elles. Mon japonais est inexistant, mais il y a quand même deux ou trois trucs que je comprends. Et quand je demande des informations, on me répond à côté.

Puis on nous fait patienter au premier étage et là, on nous explique comment prier, etc. Flavie me dit texto : « Je le sens pas, on se tire. » Nous prétextons un truc et zou ! Sayonara, les potos.

Une fois dehors et à bonne distance du bâtiment, Flavie m’explique qu’elle a eu un doute dès le départ, car elle a justement lu pas mal de choses sur le sujet. Elle revérifiera par la suite et tout le scénario de la soirée confirmera son impression : la nana a bien essayé de nous embarquer dans une sorte de secte bouddhiste. C’est toujours resté poli et correct. N’empêche. A priori, le scénario est rôdé et, d’après ce que Flavie a trouvé, on nous l’a déroulé à la lettre ce soir.

C’est, semble-t-il, très courant à Odawara et dans sa région.

J’ai testé pour vous, je déconseille.

Ça s’est bien fini, mais ça fait un peu bizarre.

Tout ça parce que nous cherchions un bar que nous n’avons jamais trouvé. Du coup, je les ai baptisées la Confrérie de Bouddha Bar. Là-dessus, dodo. Flavie décrète que, le lendemain matin, nous sommes sur le départ à 8 h.

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