Roadtrip USA 2025 – Jour 9
Avant le grand rush automobile des 2 prochains jours, nous avons décidé de la jouer un peu plus cool aujourd’hui. Enfin en théorie.
Sorti du lit à 8h ce matin. Ce qui est exceptionnellement tard pour nous. Tandis qu’Aurélie mange ses fruits, je me fais une perfusion de café. Va bien falloir ça.
Deadhorse State Park
Aujourd’hui nous partons explorer la partie nord de Canyonlands National Park. Nord parce qu’au nord du Colorado qui coule en son milieu. Colorado que nous avons déjà croiser 2 fois lors de ce voyage, au barrage Hoover et au barrage de Glen Canyon. Pourquoi la partie nord? Parce que c’est plus spectaculaire et aussi la plus facile d’accès. La partie sud est plus pour les baroudeurs habitués au hors piste. Et aussi parce que ce parc est tellement gigantesque que pour couvrir les 2 parties il faut bien 4 jours. Nous nous faisions d’ailleurs la réflexion que pour couvrir Arches National Park et Canyonlands National Park en quasi intégralité, une semaine n’est pas de trop.
Mais avant d’arriver à Canyonlands, nous stoppons à Deadhorse State Park pour la première déculottée de la journée en terme de paysage.
Sur le parking du visitor center se trouve une magnifique voiture bleue. Des français passent dans mon dos. Lui, nous l’appellerons Patrick Bertier, a voulu faire celui qui sait en disant de façon ostensible « Ha je connais ça! Hoho! C’est une Corvette! » En fait c’est une Camaro RS de 1967 mais je m’égare. Les paysages donc.
Sur les photos vous verrez le canyon creusé par le Colorado et aussi de grandes surfaces bleues qui sont des champs d’évaporation de potasse. La potasse étant une roche issu de dépôts salins et la roche du coin étant pleine de sel, la potasse est donc exploitée.
Nous décidons de faire une petite rando autour des différents points de vue. Comme ce n’est pas bien indiqué, nous improvisons plus ou moins. Sans grand risque puisque la route n’est jamais à plus de 50 mètres.



C’est à un de ces points de vue que se produit la conversation improbable du jour.
Une dame me demande de la prendre en photo avec son mari. Comme j’ai mal compris à cause du vent, je crois qu’elle veut me prendre en photo. Bref, on rigole du malentendu et ils me demandent d’où nous venons. De là on enchaîne sur le fait qu’ils ont fait une croisière sur le Rhône blah blah et puis d’un coup la conversation tourne politique. J’explique que nous n’avons plus de gouvernement depuis la veille et qu’il y a des manifs monstres en France. Ils nous disent qu’ils détestent Trump et tout ce qu’il fait et s’excusent pour ça car ils pensent que leur pays ne sort pas grandi de ce qui se passe. Ils ont hâte qu’il parte.
Pour la suite tenez-vous bien.
Et là le monsieur dit qu’il regrette que le gars qui a tiré sur Trump durant sa campagne l’ait loupé. Celle là je ne l’ai pas vu venir. Puis il se reprend immédiatement en disant qu’il ne devrait pas dire ces choses là car on pourrait l’entendre. Ambiance. Puis ils me demandent si nous avons eu des soucis à la douane. Je réponds que non. Et là il m’expliquent que des amis canadiens ont été refoulé pour avoir répondu à la douane qu’ils n’avaient pas d’avis sur la politique de Trump quand le douanier leur a posé la question. Ils ont ensuite découvert qu’en plus d’avoir été refoulé, ils étaient interdits de territoire US pour 5 ans.
Puis nous nous quittons sur un blague histoire de détendre l’atmosphère.
Retour à la voiture circonspect, non pas à cause de la conversation mais de la médiocrité du chemin de rando.
Canyonlands National Park
Le problème avec Canyonlands, c’est que c’est un immense cul de sac. Il n’y a en effet aucune route qui passe par dessus les canyons. Donc il faut revenir en arrière pour sortir et / ou aller à un autre endroit du parc. J’avais donc imaginé que nous ferions la partie haute (sur le plateau) le matin puis que nous enchaînerions sur la partie basse (en bord de fleuve) l’après-midi. Puis en fouinant sur Instagram (oui encore), j’ai découvert qu’il existait un chemin permettant de faire une boucle au lieu de devoir faire un détour de plusieurs dizaines de kilomètres. Sauf que cette route est en fait un chemin de terre, certes avec un panorama a coupé le souffle mais surtout avec une descente au-delà de 10%. Donc quand nous entrons dans le parc, arrêt au visitor center pour aller demander aux rangers si c’est faisable avec une voiture 2 roues motrices. Réponse « oui mais nous le déconseillons. Vous allez constamment freiner. Si vous bloquez les roues vous êtes dans le ravin. »


Prudent, nous décidons de ne pas tenter le diable. Nous stopperons au point de vue au-dessus de la route un peu plus loin. Certes je verrai bien une berline faire le trajet, mais vu la pente et la largeur du chemin, c’est d’une absolue stupidité. Les photos ne rendent pas justice à la raideur de la pente. J’ai passé un bon moment à observer les véhicules qui s’aventuraient sur le chemin. C’était chaud. Même les motos tout terrain descendaient prudemment. Et les gros 4×4 roulaient sur des oeufs. Mais quelle vue!


Un peu plus loin nous croiserons mes touristes favoris: des français! Un groupe de jeunes bobos qui prend un temps infini à faire ses photos (dégueulasse de surcroît – j’ai vu les écrans), prend des pauses débiles et s’offusque quand quelqu’un en a marre d’attendre et ose faire une photo où ces demoiselles font leur cirque. La « photographe » attitrée du groupe a visiblement mal pris quad je lui ai dit que je ne voulais pas réveillonné ici. Hé ouais c’est ballot, des gens vous comprennent. On en était au stade où mêmes les retraités du coin se foutaient d’eux. Puis il y a eu le moment malaise où ils n’ont pas compris ce que quelqu’un leur demandait en anglais et ont tous répondu la même connerie en même temps. Je déteste mes concitoyens a un point dont vous n’avez pas idée.
Sinon le panorama derrière l’arche était absolument divin.



Comme l’extrémité sud du parc est fermée pour travaux, nous improvisons une rando de milieu d’après-midi autour d’un lieu nommé Aztec Butte. Nous embarquons toute notre eau et partons vers la fameuse butte. Nous arrivons au pied et avons comme un gros doute sur le chemin à suivre. Faut-il monter la roche ou bien la contourner? Le plan n’est pas clair sur le sujet. Nous décidons de la contourner. Et nous voila en train de errer dans un désert d’arbustes, cactus et autres buissons piquant par 35° à chercher un chemin qui n’existe pas. Nous cherchons des traces pour nous repérer mais il n’y a rien. Même pas une balise. Au bout de 45 minutes, nous décidons de faire demi-tour et de repasser sur nos traces pour retrouver notre chemin. Visiblement nous avons loupé un truc.
Ce n’est que revenant sur nos pas que nous comprenons qu’en fait il fallait chercher des cairns. SU-PER. Donc il faut se fier à un truc que n’importe quel toto peut déplacer, détruire ou faire avec quelques cailloux? Bravo les rangers, on ne vous félicite pas. C’est d’autant plus incompréhensible que sur les autres chemins de randos, si il n’y pas de panneaux, le chemin est balisé par des souches ou des cailloux qui indiquent clairement ou il faut aller. Tout ça pour dire que nous ne ferons qu’une toute petite partie de ce qui était prévue.
Cette petite mésaventure aura tout de même durée 1h20.



Comme il est autour de 16h, nous abandonnons l’idée d’aller faire la partie basse du parc le long du Colorado et tentons d’aller à un dernier point de vue. Bis repetita, on trouve le moyen de louper un chemin pourtant balisé et une promenade de santé qui devait prendre 20 minutes en a pris 45. Puisque nous sommes totalement rincé, retour en ville.


Comme la voiture avait soif, nous lui avons donné à boire. La conso a un peu augmenté mais j’imagine que le hors piste d’avant hier n’a pas aidé. Comme nous avions soif aussi, nous avons refait un ravito en haut. Petit dîner avec les poules autour de 18h30 parce qu’une fois de plus nous n’avons rien mangé à midi. Ensuite nous nous posons à l’hôtel pour profiter d’une bière bien fraîche. C’est là que débarque une couple qui vient nous parler et nous demande ce que nous pensons du motel. Nous répondons que c’est dans son jus mais que c’est pour ça que nous sommes là. Ils rient et disent qu’eux y ont séjourné il y a 34 ans. Ils nous expliquent rapidement comment Moab a grandi et changé. Et aussi qu’un type du coin a fait fortune dans les années 1960 en exploitant une mine d’uranium dans la région. Marrant.
Là-dessus dodo. Demain, plus de 500 kilomètres en voiture nous attendent. A priori rien de fifou à faire sur le trajet. Seul point notable, mon compteur d’états US visités va augmenter.


