Aujourd’hui, ce devait être 50 % planifié, 50 % impro. Dès le début, ce sera 100 % YOLO.
Pour bien se mettre en jambe, dès le réveil, des chiards en train de gueuler au petit-déj et des parents qui ne disent rien… Si c’est OK pour eux d’avoir trois mômes de 5 ans max qui hurlent à 7 h 30 le matin dans un hôtel, ça ne l’est pas pour moi.
Changement de plan…
Mon idée du jour était simple.
Le matin : aller chez Bingo Sport, puis à Ginkgo.
L’après-midi : impro.
Ce plan bien huilé n’avait pas pris en compte le fait que c’est un week-end de trois jours. Donc, en partant de l’hôtel, à pied comme d’habitude, je pars en direction de Bingo Sport. Vendeur officiel Pagani et Koenigsegg au Japon et, accessoirement, revendeur de voitures de fou furieux. Je contourne le palais impérial, navigue entre le nombre infernal de joggers et remarque une très importante présence policière dans les rues.



Jusque-là, rien de choquant puisque je traverse le quartier des ministères. J’arrive au sanctuaire Hie, qui est juste au-dessus de Bingo Sport. Il est en travaux. Ça commence bien. Moi qui voulais tuer le temps là en attendant que Bingo ouvre, c’est loupé. Je vais donc m’asseoir face au showroom en attendant 10 h. 9 h 45, toujours aucune lumière à l’intérieur. Bizarre. C’est là que ça fait « tilt ». Ils sont fermés pour le week-end. J’enrage en voyant ce qu’il y avait dans le showroom.
J’arnaque quelques photos et je file.




Je pars donc vers Ginkgo, non sans faire un stop au Toyokawa Inari Betsuin. Un temple recommandé par Flavie. L’endroit est très compact, plein de renards et pas trop, trop de monde. Sympa.
Je repars ensuite vers Ginkgo. Ginkgo, c’est quoi ? C’est un des trois principaux endroits à Tokyo avec Tatsumi et Daikoku pour voir des voitures. Les deux autres n’étant accessibles qu’en voiture, je me suis rabattu sur le seul auquel j’ai accès. Une belle avenue ombragée où, dès 6 h du matin, tous les week-ends, il y a un rassemblement. Au grand dam du voisinage.







À peine arrivé, je vois la police qui dégage les quelques voitures déjà garées. Bon ben, ça commence bien. Je patiente un peu. Les flics partent, les voitures reviennent. Le manège va se répéter toute la journée.
Et niveau voitures, c’est absolument n’importe quoi. Une Lamborghini part, deux Ferrari arrivent.
Parmi les propriétaires, il y a deux profils. Ceux qui viennent se montrer. Et ceux qui sont là pour partager. Un gars m’a ouvert sa 296 GTS pour que je fasse des photos.




Et bien entendu, il y a le petit jeu qui ravit tout le monde sauf le voisinage : c’est à qui fera le plus de bruit. Spoiler : ça se joue entre Lamborghini et Lamborghini. Quand les échappements ne sont pas d’origine, ça va de soi. C’est d’ailleurs intéressant de voir la différence de bruit entre une Lamborghini de 2018 et une de 2026. Merci l’Europe et ses réglementations à la con d’avoir tué le V12. Bref, à la base, je devais y rester une ou deux heures, j’y suis resté presque six.
J’ai vu passer des choses dans cette rue dont vous n’avez pas idée. C’est non-stop. J’ai simplement arrêté les photos de Ferrari parce que ça devenait débile. Et j’ai loupé les trois voitures les plus rares du jour parce qu’on ne les a vues que de loin au mieux, entendues gronder au pire. La Koenigsegg :'(





…puis re-changement de plan
Il est 16 h 30, le jour tombe. Que faire ?
Je regarde vite fait Google Maps. Roppongi a l’air proche. Comme c’est un coin de Tokyo que je ne connais pas, je décide d’aller voir. Le ballet des Ferrari et autres McLaren continue. Quant à Roppongi, bah, sans plus. Peut-être ai-je manqué d’infos sur les choses à voir. S’il y en a.
Puis, à un carrefour, sur ma droite, je vois la Tokyo Tower. L’angle est sympa, je m’engage dans la rue pour faire la photo. Puis, finalement, je passe littéralement au pied.


C’est là que je me souviens avoir abandonné une idée l’autre jour, quand j’y suis venu : aller voir le Rainbow Bridge de près. Oui, parce que figurez-vous qu’on peut le traverser à pied. Je regarde : c’est 30 minutes à pied depuis la Tokyo Tower. Ça se fait. Allons-y. Par contre, le trajet est inintéressant au possible. Entre le quartier d’affaires désert et la zone résidentielle pas hyper sexy, c’est pas fun. Et puis, l’accès au Rainbow Bridge par ce côté, c’est quelque chose. On est limite en zone industrielle.
Mais on sait qu’on est au bon endroit parce qu’il y a quelques furieux qui traversent. Pour tout dire, je ne m’attendais pas à voir autant de monde (toute proportion gardée).


En tout, sur la traversée, j’ai dû croiser une trentaine de personnes. Dont peut-être six touristes.
Comme c’est japonais, c’est très bien fait. Il y a des toilettes dans les piles du pont, des ascenseurs pour ne pas se taper 15 étages à pied. Je choisis de passer du côté où l’on a la vue sur Tokyo. L’autre côté, c’est vue sur Odaiba et le port. Moins sexy. Sur le pont, on côtoie directement les voitures ; il y a juste une rambarde que j’ai trouvée assez basse pour nous séparer des voies de circulation.




Initialement, je n’avais pas prévu de faire la traversée, puis je me suis dit que, tant qu’à être là, autant y aller. Et puis, il faut aussi dire que me repalucher le trajet dans l’autre sens jusqu’au métro : BOF. En fait, ça se fait tranquillement. La descente côté Odaiba est plutôt longue, mais offre une vue sympa. On arrive directement sur la plage. C’est pas désagréable et autrement plus sympa que l’autre côté.



Avec toutes ces singeries, il est presque 20 h, je commence à avoir les crocs. Ça tombe bien, il y a un centre commercial un peu plus loin. Mes pieds me signalent aussi qu’ils aimeraient bien une pause. Ça fait quand même deux jours de suite à plus de 25 km. Vient ensuite la grande question : que manger ?
Je trouve un resto d’okonomiyaki au sixième étage du centre commercial. C’est parfait. En plus, c’est préparé devant soi sur la plaque chauffante. Je n’ai littéralement qu’à boire ma bière en attendant que ça cuise.
Pour rentrer, j’ai deux métros et 45 minutes de trajet. Tranquille. Je trouve même la bonne sortie de la station près de l’hôtel du premier coup.
Demain: dernier jour et je n’ai aucune foutue idée de ce que je vais faire.
