Sans doute le jour qui colle le plus avec le thème du voyage : l’impro.
Il me semble l’avoir déjà dit : en général, j’ai un plan. J’ai quasi systématiquement un plan. Et quand je dois changer mon plan, ça m’embête. Alors imaginez quand, au réveil ce matin, j’ai réalisé que je n’avais strictement rien planifié pour aujourd’hui.
L’arbre ciel
Je ne vais pas refaire la rengaine du petit déj et des chiards qui hurlent à 7 h le matin sous le regard « bienveillant » de leurs vénérables géniteurs.
Comme je n’ai toujours pas de plan, il faut que j’en trouve un. Et vite. C’est là que je me dis que je retenterais bien ma chance au niveau du pont où il y a plein de trains qui se croisent. Histoire de voir si je vais avoir de la chance et en avoir plus de deux. Pas de chance.
Une fois rendu là, je me dis qu’Ueno n’est pas si loin (à pied, encore et toujours) et que j’irais bien y faire un tour. Je laisse donc derrière moi le pont avec les trains et navigue dans les petites rues. C’est maintenant que je me la raconte très fort en disant que je suis venu tellement de fois ici que pas besoin de GPS pour trouver mon chemin. Hé ouais.
Et c’est là que je tombe sur le Kanda-myōjin, dont j’avais oublié l’existence. Je fais quelques photos, mais ne m’attarde pas, car il va y avoir une cérémonie et ils n’aiment pas trop avoir des touristes dans les pattes. Ce que je comprends.




Je repique vers Akihabara pour voir que, jour férié ou pas, il y a une queue monstre devant certains magasins pour la mise en vente de produits dérivés exclusifs. Ce matin, pour entrer dans la boutique Hatsune Miku, il fallait avoir un ticket avec un numéro donné sur place, plus un QR code provenant sans doute d’Internet. La file faisait le tour du pâté de maisons et se mordait la queue.
Les gens sont fous.
Quand j’arrive à Ueno, un petit quart d’heure plus tard, c’est le même cirque devant certaines boutiques. Là, par contre, j’ai pas capté pourquoi ils faisaient la queue.
Quant à Ueno, c’est comme le reste des quartiers de Tokyo « connus ». Ça s’est gentrifié et il y a des touristes partout. Le petit quartier sympa a perdu son charme. Ce n’est pas aussi invivable que Shibuya, mais ça pourrait le devenir.





Bon. Maintenant que j’ai vu Ueno, je fais quoi ? Il est 10 h 30.
C’est là qu’au loin, j’aperçois la Tokyo Skytree. Une immense tour de 634 mètres de haut qui sert pour la radio, la télé et aussi pour les alertes en cas de tremblements de terre, typhons et autres joyeusetés qui font du Japon une terre accueillante. Comme je n’y suis jamais allé, je me dis : pourquoi pas ? Ce n’est qu’à 40 minutes.
Ça s’avère être une bonne idée. Sur le chemin, je tombe sur une fête de quartier. Les orchestres de différentes écoles du coin paradent sur une avenue bloquée à la circulation. À côté, la police en profite pour faire sa promo en permettant de monter dans des voitures (coucou la Fairlady Z Nismo) ou sur une moto. C’est très sympa, mais je ne m’y attarde pas plus que ça.









J’atteins finalement la tour et… bah, c’est haut. L’idée d’y monter ne m’effleure même pas. Pas une histoire de prix. Non, juste une histoire d’affluence. Et puis, en plus, si ça se trouve, il y a mon ennemi juré là-haut : le sol en verre. Donc non. Définitivement non. Je fais mes photos et… bah, je fais quoi maintenant ? Il est midi, il y a un petit canal avec des gens qui pêchent au pied de la tour. C’est calme. Je vais me poser là pour manger et réfléchir à la suite.





Dernier petit tour
Est-ce que je ne redonnerais pas sa chance à Roppongi ? Pour voir si, de jour, ça passe mieux que de nuit ? Bon, allez, on y retourne. Un petit coup de métro — parce qu’il ne faut quand même pas pousser non plus — et j’y suis en 30 minutes.
Mouais… bah non. Je ne vois pas ce qu’il y a de rare ici. Hormis une concentration débile de Ferrari. Ou alors, j’ai encore loupé quelque chose.
Là, je reçois un message d’un des gars que j’ai rencontrés hier. Je réalise que j’ai omis de signaler qu’hier, j’ai rencontré Ben et Jack. Deux Anglais très sympas avec lesquels j’ai passé une bonne partie de la journée. Ben est photographe automobile à Londres et connaît du monde ici.
Bref, il m’envoie un message pour me demander si je compte venir à Ginkgo. Je réponds que non, mais que je ne suis pas loin, donc ça peut s’arranger. Réponse : « OK, on se capte là-bas si tu veux ».




Et me revoilà donc sur l’avenue à guetter des voitures stupides. Après 15 minutes de calme relatif, mes deux compères débarquent. Rien à se mettre sous la dent quand, soudain… Une Lamborghini débile, deux Lamborghini débiles, une rarissime NSX Veilside (6 exemplaires) et une très rare Mitsubishi Debonair AMG (17 exemplaires) viennent se garer. C’est bon, la journée est faite juste avec ça. Trois Lamborghini de plus débouleront, dont une sublime Countach blanche « 30e anniversaire ».
C’est bon, on peut partir tranquille. Nous nous disons au revoir, car Jack doit filer à la gare prendre son train, Ben a un rendez-vous et moi, je rentre demain.





16 h, que faire ? Et si je remontais à pied vers Shibuya, comme ça, pour le fun ? Le trajet fut tranquille, Shibuya beaucoup moins. En termes techniques, c’est une belle idée à la con avec tout ce monde. Mais je repère le pop-up store Star Wars dont j’ai entendu parler. Je vais voir par curiosité. Non seulement les produits sont moches, mais ils sont atrocement chers. La séance shopping tourne court. Puis je me dis que retourner à l’hôtel poser le sac à dos et l’appareil photo serait une bonne idée.
Mais pour ça, il faut prendre le passage piéton le plus célèbre de Tokyo. Ça veut dire devoir se taper tous les débiles profonds qui courent au milieu de la rue pour faire leur story Instagram. Bah, figurez-vous que je me suis fait engueuler parce que je suis passé dans le champ de quelqu’un qui filmait. Réponse sans appel : « How about you just go fuck yourselves ? » Le couple a buggé.


Donc, je disais : poser le sac à l’hôtel. Le temps de rentrer, il est un peu plus de 17 h, donc il fait déjà très sombre. Pas grave, ça veut aussi dire qu’il fait plus frais. Ça, c’est bien. 27 °C avec cette humidité, c’est tuant.
Me voilà reparti les mains dans les poches vers la gare de Tokyo. J’ai décidé d’aller dîner par là. Le temps d’y aller, de faire mon tour et de me décider sur ce que je veux manger, il sera 19 h.



N’ayant pas trouvé l’inspiration pour manger, je pousse vers Ginza. Je me dis que la boutique Dior ne va pas m’aider à manger, mais j’ai bon espoir de trouver quelque chose. Quand, soudain, au loin, le hurlement d’un V12. Je reviens sur mes pas. Je l’entends avant de la voir. Ça ronronne très fort. Et là, ça y est ! Elle apparaît au feu.
ENFIN ! J’ai enfin vu une des fameuses Lamborghini tokyoïtes avec néons, lumières clignotantes et cet échappement du démon (probablement un Frequency Intelligent) qui détruit les tympans si on est à moins de 10 mètres. Tout le monde se bouchait les oreilles ou écarquillait les yeux ; au milieu, il n’y avait qu’un teuteu avec un sourire fendu jusqu’aux oreilles qui en redemandait. Je vous laisse deviner qui est qui.
Sinon, j’ai trouvé un resto de tonkatsu au 6e étage d’un magasin très chic. Le prix du tonkatsu était très chic aussi (22 €), le service était également très chic. Et le plat ? Il n’était pas chic. Il était ultra chic. J’ai opté pour le filet de porc de Kagoshima. Je ne sais pas ce qu’ils font au cochon là-bas, mais je n’avais jamais mangé de viande de porc aussi fondante.
Là-dessus, il est temps de rentrer. Un coup de métro jusqu’à l’hôtel, parce que j’ai 27 km dans les papattes aujourd’hui. Une douche, on tasse bien tout ce qui doit rentrer dans la valise, on règle le réveil sur 4 h 30 du matin et on rentre. Merde.




