Roadtrip Côte Est – jour 1

Des avions en retard, des corbeaux qui portent malheur, des changements de dernières minutes, plus de rebondissements que dans un épisode de 24 heures chrono, bref du drama à l’infini… voila comment on pourrait résumer ce premier jour de voyage.

Expect the unexpected

Oui je sais recycle mes titres mais y’a des jours comme ça…
En général, quand je commence à raconter mes/nos aventures, je suis dans une lointaine partie de la planète. Aujourd’hui je commence dans le hall E de Roissy. En théorie je devrais être en Floride, quelque part dans la banlieue nord d’Orlando mais non, hier des records de nawak ont été battu.

Le corback de l'angoisse

Le corback de l’angoisse

En résumé, le vol devait partir à 11h05 mais on nous informe que l’avion a un souci et qu’il faut changer d’appareil. On nous annonce ensuite un retard de 30 minutes, puis 1h45, puis 2h, puis 3h. Finalement l’embarquement débute et là, c’est le drame. Sans raison apparente, impossible de valider ma carte d’embarquement. Après quelques minutes de recherche et dans un éclair de lucidité je regarde ma demande ESTA et je compare avec mon passeport. Là on bascule dans l’horreur. Faute de frappe dans la demande, impossible de la modifier, il faut en refaire une en urgence. Nous voila parti (un type d’Air France et moi) à l’autre bout du hall pour trouver un ordi avec le net – détail d’importance, le gars est parti avec les passeports des Brun seniors. La demande se remplie gentiment mais, nouveau rebondissement, impossible de valider, le site US ne répond pas.  Pendant ce temps là à l’autre bout du hall, l’embarquement se termine avec les Brun seniors qui sont à deux doigts de se faire refuser l’embarquement car leurs passeports sont avec moi. Une fois prévenu du drame qui se profile, tel un Carl Lewis sous anabolisant, je pars en courant à travers le hall pour les mettre dans l’avion. Ils montent in extremis, là le gars d’Air France prend sur lui de refaire une demande ESTA à la vitesse de la lumière depuis un terminal de la porte d’embarquement. Là ça passe MAIS *tin tin tiiiiiiin* l’embarquement est terminé impossible de prendre  cet avion.

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L’avion que je n’ai pas pris

D’un calme olympien vu la circonstance, je demande au type d’AF ce que je dois faire et il me répond « monsieur ne vous en faites pas, je m’occupe de tout ». Le gars en faisant un peu des tonnes depuis le début, je me suis dit qu’il me racontait ce que j’avais envie d’entendre. La suite montrera à quel point je me suis trompé.

Il m’explique que nous allons aller au « ticketing » pour me trouver un nouveau vol et dans la mesure du possible ne pas me faire payer de frais. Sur le chemin, le hasard fait que nous croisons le chef d’escale, le gars l’aborde, lui explique mon problème (je fais ma plus belle tête de cocker dépressif sous skenan/xanax/lexomil) et là, la première éclaircie de la journée se produit. Le chef d’escale me dit qu’il n’y a aucun souci pour me trouver un nouveau vol sans frais et qu’il valide la chose. Nous arrivons donc au ticketing où il y a une foule monstre suite à l’annulation d’un vol pour Hisse Ton Boule (c’est en Turquie paraît-il). L’ambiance est bouillante. Le type d’AF me met dans la file des premières et me dit qu’il revient. 15 minutes plus tard, il revient effectivement, m’explique qu’il a fini sa journée mais que la nana au comptoir est informée de mon cas et qu’elle va faire ce qu’il faut. Ok ça me va. 10 minutes se passent vu que ça tergiverse à l’infini quand soudain on me tape sur l’épaule. Mon saint-Bernard est de retour et me dit qu’il s’est trompé sur l’heure de sa fin de service et qu’il va donc « en finir avec moi ». Il nous trouve un comptoir inoccupé, et prend sur lui de tout faire (nouveau vol, validation commerciale, suivi de la valise etc). Les galères informatiques s’enchaînent, rien ne veut se valider. Là, il téléphone au support – pour la petite histoire j’avais placé en discutant que je faisais aussi du support, le mec du support lui dit qu’il a fini service dans 5 minutes et qu’il veut partir. Ce à quoi mon saint-Bernard réplique que je fais aussi du support et que je connais bien ce genre de problème. Seconde embellie de la journée, le type du support répond que si c’est pour aider une personne qui fait aussi du support c’est différent.
Depuis le début on frise le nawak le plus complet mais là ça devient colossal.

Finalement, tout fini par se valider, j’ai un billet et ma valise devrait me suivre (parce qu’à l’heure où j’écris ces lignes je crois encore les doigts pour que tout roule aujourd’hui).
Avec toutes ses péripéties, il est 17h30 – mon saint-Bernard a fini son service depuis plus d’une heure trente mais ne m’a pas lâché. Grand seigneur, il me raccompagne même jusqu’au RER B où, bien entendu, il se passe un truc inattendu. Les militaires bouclent la gare: colis suspect. Là il me dit en rigolant: « le destin ne voulait pas que vous preniez cet avion mais j’ai l’impression qu’en plus quelqu’un vous en veut aujourd’hui ». Mais consciencieux jusqu’au bout, il me fait passer par les bas fonds de Roissy pour que je puisse prendre le RER et éviter le bouclage.

Monsieur saint-Bernard, toi qui m’a aidé plus que tu ne le devais, si un jour tu lis ces lignes: MERCI.

Ensuite retour à la case départ en mode zombie après 9 heures passées à courir à travers tout Roissy. Et histoire de bien conclure la journée, douche froide à la mode Wacken parce que j’avais coupé le chauffe eau et qu’attendre ce matin pour me laver était simplement inenvisageable.
4 heures du matin, je venais d’enfin parvenir à m’endormir et le téléphone sonne. Les Brun seniors donnent signe de vie. A priori, leur voyage a été relativement épique lui aussi, entre surclassement et matériel non fonctionnel.

Voilà donc résumées les 24 dernières heures de ce qui aurait du être un départ en vacances pénard. Je touche du bois pour que ça se passe mieux aujourd’hui…

Another day, another disaster

La journée avait pourtant bien commencée, le RER B ayant pour une fois fait son taff – et connaissant l’animal j’avais vu large, je me suis donc retrouver à l’aéroport 3h30 en avance.
Me voila donc à squatter, comme je l’évoquais plus haut, dans le hall E avec vu sur l’A380 visible dans la galerie photos.
Après m’être fait confirmer que ma valise (qui a passé la nuit dans les entrailles de Roissy) serait bien du voyage, je finis par embarquer. J’ai donc passé les 9h suivantes entre un ‘ricain qui s’est tapé toutes les bouteilles de pinard possible et  super Dupont en mode casse couille qui en plus de gesticuler sans arrêt, prenait une place folle. « M’en fous, je suis dans l’avion » – c’est ce que je me suis dit en boucle pendant tout le vol.
Une fois arrivé à destination, c’est-à-dire Atlanta, le drama reprend de plus bel. Non seulement mon vol a du retard, mais en plus nous avons mis un temps fou pour atteindre notre point de parking. Pourquoi tant de stress? Parce que j’ai une correspondance bordel de fion! Et pour couronner le tout, il y a une attente infinie à la douane. Comme si ça ne suffisait pas, aucune trace de ma valise à Atlanta et on me dit que je devrais faire une réclamation à ma destination finale. C’est donc en commençant tout juste à me faire à l’idée que je n’aurais peut-être pas de valise à l’arrivée que je file vers l’autre bout de l’immense aéroport d’Atlanta pour tenter d’avoir ma correspondance pour Orlando (aucun lien avec Dalida).
Etant donné ma chance depuis 2 jours, je pense que le résultat est cousu de file blanc. Bah oui! Bien sur que j’ai couru pour rien et que l’avion est parti sans moi! Louper 2 avions en 2 jours je ne l’avais jamais faite celle-là. Là-dessus on me dit que je pourrais peut-être embarquer dans le suivant qui part 45 minutes plus tard, « peut-être » car l’avion est surbooké – 40 personnes sont sur la liste d’attente. Après avoir une nouvelle fois retraversé l’aéroport, je prends mon mal en patience en espérant entendre mon nom, signe que j’aurais une place sur ce PUTAIN DE VOL. Et là, le miracle se produit. Au fond de l’avion près des chiottes mais rien à foutre, je suis dedans! Je passerais la petite heure de vol en regardant un épisode de la série Gotham que j’avais eu la présence d’esprit de mettre sur mon téléphone.
A l’arrivée, les Brun seniors sont là pour me récupérer. Au moins ils m’ont trouvé du premier coup – pas comme la voiture dans le parking de l’aéroport mais passons. Et la valise dans tout ça? Et ben ma titine m’attendait gentiment devant le tapis roulant *joie joie joie* Direction ensuite l’hôtel après un ride dans la Redneck Mobile (oui c’est le petit surnom que j’ai trouvé à notre voiture) avec son gros V8, son intérieur en croûte de cuir comme les canapés Monsieur Meuble et son tableau de bord façon Star Trek – je vous ferai des photos demain.
Là-dessus, je vais me coucher, ça fait 23 heures que je suis debout et j’en ai franchement plein le fion.

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2 réponses

  1. Kasparov dit :

    Alors, cette foi en l’Homme ?