Japon – Jour 1
Comme le précédent voyage dans cette jolie contrée du Pacifique, celui-ci avait tout pour foirer avant même le départ. Parfois Mère Nature est capricieuse, surtout cette année semble-t-il.
Souvenez-vous, en 2010 l’Eyjafjallajökull (à vos souhaits) bloquait le ciel européen, cette année, plusieurs typhons ont ravagé le pays et un petit 6,6 a fait zouker les japonais 15 jours avant le départ. Donc maintenant que peut-il arriver de plus? Un tsunami? Le réveil du Mont Fuji? Godzilla?
AH on me dit dans l’oreillette que Godzilla est au programme.
Le merdier
Contrairement à la majorité de nos autres voyages, celui-ci ne débute pas tôt le matin mais à un horaire bien plus humain. Nous voici donc à Roissy autour de 15h30 pour un vol à 18h30. Enregistrement fait en moins de 5 minutes avec en prime un petit court-circuitage de file d’attente digne de vrais professionnels de la resquille. Pour être très concret, nous avons juste pris la file d’attente dans le bon sens tandis que les autres qui attendaient sagement dans ce qui faisait office de sortie se sont fait recaler. Le temps qu’ils retournent au début de la file, nous étions déjà loin avec nos cartes d’embarquement. Passage des différents contrôles de sécurité à la vitesse de la lumière et nous voilà devant la porte d’embarquement avec 2h à tuer. Jusque là tout se passe bien. Je vais quand même demander au comptoir d’information si 1h pour la correspondance à Francfort suffit. Réponse catégorique de la bonne femme que j’ai eu l’air de déranger: « oui oui ne vous en faites pas ». Seulement quand il est 18h10 et que rien ne se passe alors que l’embarquement était censé commencer 10 minutes plus tôt, une odeur nauséabonde se met à me piquer le nez. 18h20 toujours rien, 3 personnes gesticulent autour du comptoir et passent beaucoup de temps au téléphone pour se donner l’air occupé, j’en attrape une et repose la même question, réponse: « le vol ne partira pas sans vous ». Oui bah oui et t’as pas les numéros du loto aussi?
18h35 – enfin ça commence à embarquer. Sur les conseils d’une copine qui bosse à Orly, j’avais fait changer nos sièges, passant de la rangée 21 à la 9. L’astuce étant de débarquer plus vite en étant plus proche de l’avant. Pour le coup, ça va peut-être nous sauver la mise parce que là ça ne sent vraiment pas bon. Le pilote nous annonce qu’il veut faire le vol en 45 minutes (au lieu d’1h15) pour compenser le retard. J’y crois à mort. Dans les faits le vol se passe gentiment, je passe sous silence mon imposant voisin qui s’est limite étalé sur ma gueule. BREF, nous avons bien mis 1h15 et notre avion se pose à Francfort 10 minutes avant le début théorique de l’embarquement du vol pour Tokyo. Vous ajoutez à cela le fait que nous nous sommes posés au bout du monde et là… je commence à monter un poil dans les tours – sans m’énerver mais comme dirait ma chère mère (des bisous Maman): « à faire du Brun ». Comprendre à me monter le bourrichon pour entretenir la psychose. Une annonce est faite au micro comme quoi tous les gens en correspondance auront leur vol. Mouais.

Nous débarquons en 4ème vitesse et arriver en haut de la passerelle, une dame avec un panneau « Tokyo AN 0224 » attend sagement. AH! Donc à priori on nous aurait vraiment attendu. On vérifie nos documents et on nous demande d’attendre en bas d’un escalier. Bon. Quelques minutes se passent, puis 1, puis 2, puis 3 puis 10 personnes au total constituent notre groupe de naufragés du ciel. On nous fait ensuite passé par un dédale de couloir dans les backstages de l’aéroport pour trouver un bus qui nous attend. Nous faisons un petit tour en bus au pied des avions, puis on nous fait descendre pour passer les contrôles de police. Passage express et prioritaire dans un guichet bien planqué puis retour dans le bus qui nous dépose littéralement au cul de l’avion. Maintenant que la pression est redescendue de plusieurs crans, je finis par rire du côté surréaliste du truc. 15 minutes plus tôt je nous voyais en galère d’avion et là nous sommes en train de tout faire en ultra accéléré. Un escalier plus tard, nous voila dans la file pour embarquer normalement avec le reste des passagers. J’irais quand même demander si nos valises auront le temps de nous suivre, réponse catégorique « oui oui bien entendu ». Pensant qu’elle bluffe un peu quand même, j’envoie un message à ma copine d’Orly qui me répond « c’est ce que je dis à mes passagers pour les rassurer. Avec le plus grand sourire possible quand je sais que je leur mens en toute connaissance de cause ». C’est rassurant.
Les aventuriers de la valise perdue
Rions un peu, le vol pour Tokyo est finalement parti avec 45 minutes de retard. La faute des valises sans doute.
Nous embarquons donc pour Tokyo sans vraiment savoir si nos bagages sont en soutes, ce sera la surprise à l’arrivée. L’avion est relativement plein et nous nous retrouvons sur les places que « j’adore », celles du milieu avec un inconnu de chaque côté. Bon ben il n’y a plus qu’à espérer qu’ils ne soient pas chiants parce que les longs courriers à côté d’emmerdeurs j’ai déjà donné. Heureusement tout se passera bien. Le vol aussi même si par moment j’ai eu des fourmis dans les jambes. Pour le coup, pas d’overdose de films. J’aurais pu m’en enquiller un paquet en 10h40 mais je n’en ai regardé que 4. Il me semble avoir un peu somnoler tandis que Ronflex à côté de moi aura tenté de se reposer tant bien que mal. Régulièrement je lui a recalé son coussin et remis les couvertures.
15h, heure locale, on se pose enfin sous un beau soleil. La douane n’est qu’une « formalité ». Contrairement à la France où nous avons 10 guichets dont 7 fermés pour les longs courriers, ici il y en a 50 et 47 d’ouverts. Dans la file d’attente, Aurélie remarque que Thomas Pesquet (le mec qui est allé dans l’espace) était sur notre vol. SU-PER. Vient ensuite la fameuse épreuve de la récupération des valises. Tout s’est joué en moins de 5 minutes. La valise d’Aurélie arrive sur le tapis, elle va la chercher, revient avec et me dit « tiens regarde ». Une employée d’ANA passe avec une fiche portant mon nom. Là j’ai eu comme un flash. Une image sublimAnale d’une énorme andouillette AAAAA entrain de me refaire l’arrière train. Ca n’a pas loupé. L’employée m’explique que ma valise a loupé le vol – alors comment se fait-il que l’autre soit-là? ALLOW? Bref elle n’y est pour rien. Ma valise arrivera théoriquement demain. Là, un second employé se pointe avec un formulaire ultra complet où je dois décrire ma valise de façon très précise. Et en plus je dois leur donner les clés des fois que la douane veuille l’ouvrir… BREF. 10 minutes de paperasses faites avec le sourire. Et nos 2 loustiques d’ANA nous accompagnerons jusqu’à la police pour expliquer à l’agent que ma valise me sera livrée demain directement à l’hôtel. J’ai un reçu des excuses mais je pue des pieds. Yata!
Mon parapluie dans ton cul ça fait un yakitori
Nous voici donc en liberté dans l’aéroport d’Haneda. J’abandonne Aurélie 2 minutes pour remonter au niveau des départs afin de récupérer le Pocket WiFi. Une bête clé 4G illimitée sur laquelle on se connecte en WiFi. Ca permet d’éviter d’exploser son forfait de téléphone. Ca a pris littéralement 5 minutes. Ensuite 2 choix s’offrent à nous pour rejoindre le centre ville: le métro ou le monorail. Le monorail est un peu plus cher MAIS il est en extérieur. Et puis c’est un monorail merde! Donc go monorail. Le trajet se fait tranquillement au milieu des gens qui vont et viennent de leurs boulots. La vue n’est pas folle car on traverse la zone portuaire donc c’est tout sauf sexy.
3 changements plus tard, nous voici enfin à la fin de notre voyage allé. Je piffe une des sorties du métro et PAF! Directement en face l’hôtel. HO YEAH. Le check-in se fait tout seul. Preuve si il en fallait que ce pays est hallucinant, le réceptionniste était déjà au courant que ma valise arrivait demain. OK.
Chambre standard, petite mais fonctionnelle et avec un mobile 4G illimité gratuit mis à dispo par l’hôtel. En plus du wifi gratuit cela va de soit. *HUM*
On se pose un petit moment pour une douche salvatrice puis nous décidons de ressortir car il n’est que 18h. Sauf que plic ploc, il se met à pleuvoir. Bon jusque là, on gère. Mais une fois arrivé à destination, le déluge. Mais genre déluge quoi. La destination est l’île artificielle d’Odaiba, dans la baie de Tokyo, accessible par un monorail (encore) qui traverse le Rainbow Bridge (le Golden Gate local pour caricaturer). Normalement ça fait des photos qui déboîtent, avec ce temps de merde… ça fait de la merde.
Nous descendons à la gare de Daiba, là le ciel nous déverse dessus tout ce qu’il peut. Bien, donc notre premier achat au Japon sera un couple de parapluies, histoire d’éviter la trempette. J’en profite pour demander mon chemin au gars qui m’a vendu les pépins. Au lieu de me dire où aller, il sort le sien et me fait signe de le suivre. Le gars a fait 200 mètres sous des trombes d’eau pour nous mettre sur le bon chemin. Tout ça pour quoi? Pour aller voir un robot géant! Hé ouais! La dernière fois que je suis venu au Japon, il venait d’être démonté. Depuis, devant le succès du truc, ils en ont remis un face au centre commercial d’Odaiba.
Blanc paré de rose, 21 mètres de haut, rendu vivant par un son et lumière toutes les demi-heures, ce Gundam déboîte. Sauf qu’il pleut. Il pleut beaucoup, il pleut trop, il pleut tellement que mes pompes sont trempées et mes fringues avec – souvenez-vous que je n’ai pas de valise donc rien pour me changer. ET EN PLUS JE NE PEUX PAS FAIRE DES PHOTOS COMME JE VEUX! Impossible de faire tout ce que j’avais en tête. Pffff. Décision est prise d’opérer un repli stratégique dans le centre commercial pour dîner. Une bonne chose de faite. Direction ensuite H&M pour éviter de trop sentir le bouquetin demain. Retour à la gare de Daiba toujours sous un déluge qui achèvera de tremper mon pantalon. Ca plus le plic ploc à chaque pas, c’était la grande classe sur le chemin du retour. Chemin du retour qui s’est d’ailleurs prolongé par ma faute tout simplement parce que j’ai loupé une correspondance. Du coup plutôt que repayer un ticket de métro, nous avons fini à pied et en impro totale.
Comble du comble, si dans la baie il pleut à l’infini, dans le centre ville mon parapluie ne me sert à rien.
Là-dessus, cette trop longue journée se termine.
Vivement demain que j’ai enfin mes petites affaires.



























