Japon – Jour 5
Du soleil, des trains, une bonne suée, un hôtel qui ne paie pas de mine, chaque jour est une nouvelle surprise. C’est ça que c’est bon.
Ce matin, le réveil fut compliqué. Aurélie comme moi avons eu beaucoup de mal. Elle parce qu’elle ne fait pas ses 9h de sommeil, moi parce que j’en fais 5 au mieux. Forcément à force de raconter n’importe quoi sur internet…
Des trains pas comme les autres
Ce matin nous avons partager le petit déjeuner avec les Panasonic Wild Knights, une équipe de rugby du championnat japonais qui avait pris ses quartiers dans notre hôtel. Alors à quoi ressemble une équipe de rugby japonaise? A un savant mélange d’australiens, anglais, tongiens, fidjiens et de quelques japonais. Ouais… De bien beaux bébés. J’imagine que ce matin, l’hôtel a perdu du pognon sur le buffet petit déj’.
Comme nous n’avons pas prévu de prendre le train avant la mi-journée, retour à la chambre pour un complément de nuit. Oui nous en étions à ce point là niveau fatigue. Ensuite direction la gare de Ueno.
Comme par hasard il pleut juste sur les 30 mètres qui séparent l’hôtel de la station de métro et les parapluies sont arnachés sur ma valise. *grumpf*
Trajet en métro sans encombre. Nous arrivons très en avance à la gare si bien que nous glandons un peu dans le hall. Je constaterais que nous avons bien fait de récupérer nos rail pass hier, la queue est conséquente ce matin. Aurélie en ayant un peu marre de patienter dans le hall, nous passons les barrières pour aller chopper notre shinkansen. Nos indications sont pour un train voie 21 à 12h08. Sur les panneaux je ne vois rien, j’ai comme un doute. Nous arrivons sur le quai et je vois les trains passés les uns après les autres en direction de la gare de Tokyo, les doutes se confirment: un truc cloche. Nous changeons de quai car sauf erreur de ma part, notre shinkansen doit être en direction de Sendai. Je vérifie les horaires sur Hyperdia (le site de la Japan Rail) et mes doutes son fondés: je suis un crétin. Nous attendons à la gare de Ueno un train que nous sommes censés prendre à la gare de Tokyo. Erreur d’inattention. Bon vu la fréquence des trains et notre avance, ce n’est pas un souci. Je vais donc voir le chef de quai, je lui montre mon trajet et il me confirme que le prochain train nous convient mais que nous devons aller en voiture 16 ou 17 qui sont celles où l’on peut monter sans réservation. Le temps de trouver le marquage au sol que le train est déjà là et hop nous embarquons.
49 minutes plus tard, nous voilà à Utsunomiya pour notre correspondance. Comme nous avons pris un train plus tôt, nous sommes encore plus large pour cette dernière. Hop, nous voila dans le train pour Nikko, notre destination du jour. 43 petites minutes dans le TER du coin et voila! Ici le soleil est de la partie mais il fait lourd.
Nicolos
Après une petite glace rafraîchissante, 2 choix s’offrent à nous pour rallier l’hôtel: prendre le bus ou faire le trajet à pied. 2,5 kilomètres. Easy sur le papier MAIS nous sommes à la montagne donc ça grimpe, il fait chaud et nous avons des valises. Bref nous y sommes allés à pied. Au lieu de prendre la rue principale, agitée et pleine de monde (des touristes notamment), nous avons pris la parallèle, plus calme et bien plus sympathique. Tous les chemins menant à Rome, nous retrouvons la route principale et le monde au niveau du pont Shinkyo qui est une des curiosité de la ville. Après cela, il nous reste un petit 1/4 du chemin pour trouver l’hôtel.
Envoyant écrit « Brun Nicolos » sur un panneau devant un bâtiment ressemblant vaguement à un hôtel, nous en avons déduit que nous étions à bon endroit.
L’hôtel vaut le déplacement. Sans doute construit dans les années 1960, il est dans son jus et c’est un hôtel à la japonaise. Ce qui veut dire qu’on se déchausse dans le hall pour enfiler des claquettes qui donne un swag absolu. Comme chacun sait, le combo claquette + chaussettes c’est la classe à Dallas. Donc le pépé de la réception qui parle à peine anglais nous accueille. Les formalités d’usage sont expédiées puis il nous demande l’heure pour le dîner. AH! C’est-à- dire que sauf erreur de ma part nous ne sommes pas en demi-pension ici… Aurélie se fera confirmer que c’est compris avec la chambre, il lui dit que oui l’air un peu contrarié par la question. Bon bref nous ne verrons bien mais si ce n’est pas le cas, cela fera une cartouche de plus à mettre à l’agence. Passons. Il nous indique les horaire du service pour le dîner: un créneau toutes les 10 minutes entre 18h10 et 18h40. Donc ce n’est pas un hôtel mais une maison de retraite en fait…Va pour 18h40. Nous donnons également l’horaire pour le petit déjeuner. Ensuite il nous montre un casier dans le hall de l’hôtel avec une nouvelle fois mon prénom écorché, c’est là que nous devons ranger nos chaussures. Soit.
Direction ensuite la chambre et là, nouvelle surprise. Un petit signe à côté de la porte continue de détruire mon prénom mais la surprise eu lieu après l’ouverture de la porte. Comme je l’ai dit, c’est un hôtel à la japonaise donc on enlève ses claquettes à l’entrée car la pièce est recouverte de tatamis. En gros, nous serons à la japonaise durant les 2 prochains jours et vivrons par terre. Rigolo. Nous nous installons puis ressortons.
Made in Japan
Nous prenons la direction du Kanmangafuchi Abyss. Un chemin bordant un torrent creusé au milieu d’une ancienne coulée de lave. C’est à 15 minutes de l’hôtel à pied. L’endroit est mignon et calme. Peu de monde vient par ici et c’est tant mieux. Le long du chemin sont alignés de Jizô, des statues
portant un petit bonnet rouge et un bavoir qui sont dédiées à la mémoire des enfants morts nés. Le bavoir servant à garder l’âme pure de l’enfant. Une fois au bout du chemin nous ferons un tour dans le parc Kanman qui ressemble étrangement à un cimetière. Endroit très calme là aussi. Sur le retour nous pensions passer par le jardin impérial de la ville mais celui-ci est fermé. Nous retournons donc à l’hôtel non sans avoir stopper dans un Lawson (une supérette) pour faire le plein de gourmandises et de trucs à grignoter pour demain. Ho et une petite bière aussi.
Arrivée à l’hôtel, Aurélie se fait alpaguer par la mamie qui tient le café de l’hôtel et cette dernière offre une tournée. Difficile de refuser. Heureusement que son café tient plus de l’eau colorée qu’autre chose. Ensuite Aurélie décide d’aller au bain public de l’hôtel pour se laver. En effet dans les hôtels japonais, toutes les chambres ne sont pas pourvues de salles de bain et/ou de toilette, il y a donc des sanitaires communs. Notre chambre a tout ce qu’il faut (mêmes si c’est d’un autre âge et que ça aurait besoin d’être rénové). La voila qui enfile son kimono et qui descend se laver. En ce qui me concerne, l’accès m’est interdit pour cause de tatouages. Ici le tatouage, bien qu’étant un art ancestral, est assimilé aux yakuzas (la mafia) donc pour éviter tout problème, l’accès est interdit à toutes personnes tatouées. Bien qu’étant étranger la règle s’applique quand même.
Sinon les bains publics à quoi ça ressemble ici? Une salle où tout le monde se déshabille, une salle où l’on se lave avec à côté un bain très chaud dans lequel on se plonge une fois rincé pour se détendre.
Arrive enfin le clou de la journée.
18h38 on frappe à la porte. Une petite mamie toute mignonne débarque dans la chambre avec moult plateaux. Hé ouais, comble du luxe, ce soir nous dînons dans la chambre. Quant au dîner, il est typiquement japonais. Au menu: tofu sous diverses formes et assaisonnements, poisson grillé, sashimi de thon rouge, tempuras de légumes/poisson/crevette, soupe, riz, soba, et comble du luxe: du boeuf cuit au réchaud ainsi que plusieurs autres petits plats avec des mets pas clairement identifiés. De petites quantités mais en nombre si bien qu’on est vite gavé. Ceci dit c’était excellent. Une fois le dîner terminé, Aurélie part chercher la mamie pour débarrasser les plats. Elle est ravie quand Aurélie lui dit en japonais que c’était très bon (vive les guides avec des phrases toute faites). Ensuite elle me fait clairement comprendre qu’elle refuse mon aide pour débarrasser en me retenant par le bras. Bon ok je n’insiste pas. Juste avant de partir, elle nous demande en japonais dans le texte si nous voulons de l’aide pour installer les futons. Dans le doute je dis oui, n’ayant jamais installé de futon de ma vie. Là, 2 messieurs d’un certain âge débarquent et nous font une démonstration d’installation de futon en 2 temps 3 mouvements. Impressionnant. Nous aurions pu le faire mais bon…
Au final, ce fut une journée bien remplie. Pas mal de temps dans les transports (Spoiler alert: c’est loin TRÈS loin d’être fini sur ce point) et encore des moments incongrus. So far, so good.
Demain nous explorerons les trésors de Nikko.



































