Japon – Jour 4
Aujourd’hui étant la dernière journée complète à Tokyo et le temps étant ce qu’il est depuis hier après-midi, nous avons décidé d’y aller à la cool.
Mais la journée fut bien remplie quand même.
Le programme du jour est simple: Akihabara et Ueno plus un petit détour par Asakusa si la motivation est là. Mais avant tout cela il a fallu éponger.
Qui veut sauver des millions?
Avant de quitter la France, j’avais repéré que non loin de l’hôtel se trouvait Bingo Sport. Comme le nom l’indique pas, c’est un concessionnaire automobile spécialisé dans les voitures de pauvres. C’est aussi l’importateur exclusif de Pagani au Japon et mon petit doigt m’a dit qu’il y avait en boutique 2 voitures tout à fait exceptionnelles.
Nous voici donc devant la concession autour de 9h40. Nous nous mettons à l’abri de la pluie devant la porte tandis que je me bats une nouvelle fois avec le pocket wifi. La nana de la concession vient ouvrir la porte et nous dit que si nous voulons rentrer il faut revenir à 10h avant de s’excuser 15 fois. Pas grave, il y a un petit temple à côté qui vaut le détour. L’accès au lieu se fait pas un escalator. Je ne me pose plus de question sur le pourquoi du comment dans ce pays. La pluie redouble pendant que nous faisons notre tour des lieux. Le contraste entre le temple et les buildings en fond est saisissant mais comme je l’ai dit, ici il ne faut pas chercher. Nous quittons le temple par un petit escalier bordé de toris à l’arrière de ce dernier. La pluie est en quelque sorte une bénédiction car il n’y a personne, sans cela se serait impossible de faire des photos correctes.
Retour à la concession vers 10h15. La nana nous voit revenir, elle nous ouvre la porte en disant merci 50 fois. Je fais bien attention en m’essuyant les pieds histoire de ne pas en foutre partout, elle me redit merci 50 fois.
Et donc voila les 2 merveilles. Une Zonda Revolucione (5 exemplaires dans le monde) et une Zonda 760. Mais pas n’importe laquelle, la Kiryu, designée par Horacio Pagani himself pour le Japon. Modèle unique et sans doute la plus belle des Zonda. Pendant que je fais le tour de la voiture des étoiles plein les yeux, Aurélie, toujours pragmatique, me dit « tiens il y a une flaque d’eau là ». Craignant d’avoir salopé le sol je reviens en vitesse vers elle. Vu la quantité d’eau ce n’est pas moi, elle lève les yeux, le faux plafond prend la flotte. On se regarde amusé et je la vois tourner les talons pour aller prévenir la fille de l’accueil. Aurélie lui explique mais elle ne semble pas comprendre. Aurélie lui fait signe de venir et lui montre la flaque. 30 mercis plus tard, elle décroche le téléphone et 4 personnes rappliquent dont un type avec les clés de la Kiryu. Là on se dit « ho putain ils vont la démarrer pour la bouger ». En fait non, il ouvre la porte, enlève le frein de parking et commence à vouloir pousser la bagnole. Comme les 2 gars semblent galérer, je demande si ils veulent de l’aide – NE JAMAIS LOUPER UNE OPPORTUNITÉ DE TOUCHER UNE TELLE VOITURE. On me fait signe que oui. Le temps que j’enlève appareil photo et sac, ils ont bougé la voiture. Tant pis. Les voyant faire leur vie, nous disons au revoir et merci puis partons. La petite nana nous redit encore 400 fois merci et nous raccompagne à la porte.
En traversant l’esplanade devant la concession nous rions encore de ce moment surréaliste.
Tristesse
Retour dans le métro direction Akihabara, le quartier « geek » de Tokyo. Enfin désormais on peut parler des ruines du quartier geek. En effet, quand je suis venu la première fois en 2007, sur 10 pâtés de maisons autour de la gare, ça grouillait de gens avec des micros qui hurlaient que leur boutique était la meilleure, de nanas déguisées en soubrette faisaient la promo des bars à thèmes, des étalages dans tous les sens, des néons partout et la musique infernale qui hurle. Maintenant il n’y a qu’autour de la gare que ça vivote un peu. Les petites échoppes qui faisaient le charme du lieu ont presque toutes disparues, il ne reste que les gros pièges à touristes et le Yodobashi géant. Même Super Potatoe, magasin qui fût un temps la Mecque du jeu vidéo rétro, connu des seuls initiés est devenu une parodie de lui même. 90% d’occidentaux qui sont là parce que le magasin est dans les guides. Quelle déprime.
Je décide malgré tout de monter à Aurélie le Yodobahsi parce qu’un magasin d’électronique de 9 niveaux avec quelques choses comme 6 millions de références, ça mérite le déplacement. Je me dis aussi que je vais en profiter pour acheter une protection contre la pluie pour l’appareil photo et pourquoi pas un petit réflecteur comme celui que David m’a prêté la veille. Le rayon photo est au second, bien entendu c’est n’importe quoi avec une forêt de trépieds, des sacs photos en veux-tu en voila et du matos de fou en libre service à chaque étale. Il y a même un appareil photo Hasselblad H6C-100D (35000€ sans objectif) qui trône directement à la sortie de l’escalator et avec lequel on peut « jouer ». Folie. Après avoir tourné un moment sans trouver ni protection qui me convienne ni le réflecteur en question, je me mets en quête du rayon jeu vidéo. J’abandonne Aurélie devant une télé 8K le temps d’aller faire mon tour. Le 7ème étage est à l’image du reste: délirant. Un stand Playstation ahurissant, des maquettes de robots partout, des gachapons à perte de vue. J’ai retrouvé « mon Akihabara » l’espace d’un instant.
Toute la pluie tombe sur moi
En sortant du Yodo, direction Ueno comme prévu. Mais il pleut encore et toujours. Ca n’a pas cessé depuis hier soir et comme j’en ai vraiment ras la casquette, je propose de stopper un moment pour boire un truc chaud.
Ensuite direction le marché de Ueno, en espérant que ce dernier ne soit pas lui aussi victime de la révolution qui touche Tokyo depuis quelques années. Pour l’instant, les étales des marchands sont toujours là et le côté très populaire de l’endroit est encore vivace. MAIS, le gentrification a déjà commencé son oeuvre. Un certain nombre de boui-bouis ont disparu au profit de restaurants plus « touristes friendly » et il commence ici aussi à y avoir des rabatteurs. Non, je n’irai pas bouffer ton kebab. Pas dans cette vie. Ni dans les suivantes.
Plus loin, la gare de Ueno et son voisinage immédiat ont aussi subit un lifting XXL. C’est bien plus moderne, plus lumineux mais c’est comme le reste ça tend à se standardiser. Heureusement le parc à côté n’a pas été touché et il est toujours agréable de s’y promener bien qu’il grouille de touristes.
Nous profiterons de notre proximité avec la gare de Ueno pour y récupérer nos Rail Pass pour le Shinkansen. Ca aussi ça a changé. Je me souviens que la première fois que j’ai eu à faire cette démarche. L’employée de la JR parlait mal anglais, le Pass était rempli à la main et ça prenait des plombes. Maintenant une employée avec un anglais de compet’ fait remplir le formulaire dans la file d’attente et une fois au comptoir, une autre employée à l’anglais bien rôdé fait confirmer les dates d’activation et tamponne le bousin. 5 minutes montre en main. Le gouvernement avait dit qu’il fallait que les japonais se mettent à l’anglais en vue des J.O., non seulement ils le font mais ça déconne zéro quand ce sont de grosses compagnie comme la Japan Rail. Là je suis partagé, d’un côté c’est bien plus pratique mais d’un autre, on perd le charme du nawak de la com’ foireuse où on se sourit comme des niais.
Une fois ceci fait, nous décidons de tenter Asakusa.
Je crois que le meilleur moment de cette séquence de la journée est la sortie du métro. Il a fallu passer par une galerie marchande bloquée dans les années 1960. 30 mètres de bonheur et de Japon typique avant de sortir dans une rue couverte bondée par des hordes de touristes. Là Aurélie me demande ce que c’est que cet enfer. Bah c’est Asakusa… Un des deux plus gros temples de la ville, il est dans tous les guides, c’est un passage « obligé ». A la base je ne pensais pas venir mais comme nous n’avions rien de mieux à faire… Le tour du temple sera expédié assez rapidement, trop de monde, trop de touristes. Enfin surtout trop de touristes bêtes. En plus comme il pleut, on se prend des coups de parapluie en permanence. Seul truc drôle, j’ai reproduit quasi à l’identique, une photo que j’ai fait ici même il y a 10 ans.
Pour nous remonter le moral, nous décidons d’aller nous chercher une gourmandise dans le secteur, Aurélie ayant eu un tuyau sur un dealer de melonpans de qualité. Je me dits « ha cool il n’y a pas personne devant ». Tu m’étonnes! « Melonpan sold out », prochaine fournée demain matin à 9h. SÉRIEUSEMENT? Ca c’était la contrariété de trop. Retour à l’hôtel. Nous ressortirons dîner dans un izakaya au milieu des employés de bureaux qui, comme le veut la tradition ici, viennent boire beaucoup de mauvaise bière entre collègues.
Aujourd’hui entre la pluie, Akihabara qui n’est plus que l’ombre de ce qu’elle a été et Ueno qui dépérit, j’ai eu l’impression d’avoir un peu perdu « mon Tokyo ». Ce que je veux dire par là, c’est que la ville que j’ai eu la chance de découvrir il y 10 ans a beaucoup changé et que je suis assez peu fan de ce changement.
Demain nous quittons la grande ville pour le grand air. Bien entendu la pluie, elle, ne nous quittera pas. Ce que j’en ai marre de tenir ce parapluie pu****.


























































