Japon – Jour 3
Aujourd’hui c’est jour de pluie mais c’est aussi et surtout jour de grandes découvertes.
Ce matin nous avons rendez-vous avec David, qui, comme son nom de l’indique pas, est le régional de l’étape (il me semble avoir déjà fait cette vanne il y a 8 ans).
Petite remise en contexte.
David est un français vivant au Japon depuis… au moins tout ça. Et son truc à lui c’est de faire découvrir le Tokyo qui ne figure pas dans les guides touristiques, même si hélas les guides touristiques finissent souvent par lui piquer ses bons plans. J’avais déjà fait appel à lui pour une trek d’une journée dans Tokyo il y a 8 ans. L’occasion était trop belle pour ne pas refaire appel à lui pour ce voyage-ci, la ville ayant énormément changé depuis.
Une porte vers l’enfer
Donc malgré un réveil laborieux et un petit-dej copieux, la journée commençait bien jusqu’au premier drama du jour: le pocket wifi. L’ayant pas mal utilisé hier (j’ai posté énormément de caca sur Fessebouc), je l’ai mis en charge hier soir. Sauf que cette saloperie de matos de ses morts ne s’est pas rechargé. Donc ce matin où nous aurions potentiellement pu en avoir besoin pour retrouver David, nous nous serions trouvés bien cons si le point de rendez-vous n’avait pas préalablement repéré avant le départ de Paris. Je vous épargne le moment où nous prenons la mauvaise sortie du métro. Bref pas de pocket wifi aujourd’hui.
Notre point de rendez-vous était le forum international de Tokyo. Un gros centre de congrès dans un bâtiment très moderne (première photo de la galerie). David arrive et nous voila parti tranquillement pour faire un micro tour du quartier. Il nous explique qu’en 8 ans, le nombre de tours qui a poussé dans le coin est vertigineux et que la mutation de la ville toute entière s’accélère au fur et à mesure que les J.O. de 2020 se rapprochent. Une bénédiction économique pour la ville, une tragédie pour les petits quartiers qui sont rasés.
Nous sautons dans le métro à la gare de Tokyo et filons à la station Monzen-Nakacho. A la sortie du métro, c’est un tout autre Tokyo qui nous attend. Plus populaire, plus simple, plus authentique en somme. Le quartier est mignon. David nous dit qu’il nous amène dans un temple Shinto pour assister à l’ouverture d’une porte vers l’enfer. VÉRIDIQUE. Avant cela il nous propose de stopper dans un petit café – qui fait du VRAI café et pas du jus de chaussettes sales. Là il nous explique ce qui nous attend.
La cérémonie est dédiée à Fudō Myōō, un démon doté d’une épée et d’une corde dont il est de bon ton de s’attirer les bonnes grâces car ce dernier peut sauver les âmes grâce à sa corde. Ce n’est qu’une des fonctions de sa corde. Je vous avoue qu’il y a eu beaucoup d’informations sur ce bon Fudō et que je n’ai hélas pas tout retenu. Bref. Photo 6 et 7 vous voyez le temple en question, mélange de tradition et de modernité. On entre par une porte coulissante puis on passe dans un étroit couloir rempli de plusieurs milliers de représentation miniatures de Fudō. Vous pouvez avoir votre nom dessus pour 100.000 Yens/mois, avoir Fudō dans la poche ça a un prix. Le couloir se termine par un escalier qui débouche dans la salle de prière. Normalement, nous aurions dû rester sur le côté. Normalement. Mais David ayant ses entrées, nous nous retrouvons au quasi premier rang face « à la scène » – je ne vois pas trop comment décrire l’endroit autrement. Une petite scène de 30 cm de haut faisant la largeur de la salle sur laquelle repose 4 énormes Taiko avec au milieu, une sorte d’autel avec 2 supports sur lesquels repose une corde (le tout symbolise une porte), juste derrière il y a un brasero et au fond, Fudō Myōō trône sur son lotus. Les moines arrivent par un petit escalier au son de conques dans lesquels ils soufflent. S’en suivent divers rituels puis une lecture assidue des noms de tous les donateurs. A noter que sur la gauche de la scène, des messieurs en costume ont les meilleures places pour la cérémonie. Places à la hauteur du chèque – CQFD. S’en suit un énorme coup de tambour puis le brasero s’allume. Sont purifiées diverses icônes pendant que les moines font le show en tapant comme des sourds sur les taikos. 3 mecs qui frappent en rythme sur ces énormes tambours, ça fait un barouf de tous les diables mais ça a une classe infinie. J’adore le son de ces trucs. Suit ensuite une longue prière ponctué de chants. Et d’un coup tout le monde se lève, non pas pour Danette pour aller faire purifier un objet au dessus du brasero (ça va du téléphone portable au sac à main). Une fois le dernier pèlerin passé, le prêtre fait un petit discours et ciao bisous. En 30 minutes on en a pris plein les yeux, les oreilles et les chevilles. Ha bah oui, pas de chaussures donc assis en position du lotus sur le tatami. Faut tenir!
Je vous avouerai que n’étant pas spécialement porté sur tout ce qui est spirituel (hormis les jeux de mots), pendant la prière, j’ai plus ou moins ressenti ce qui poussait ces gens à venir au temple tellement l’atmosphère était prenante.
En sortant de là, nous irons dans un temple voisin pour voir le lieu exact où été inventé le sumo en… il y a… heu… longtemps. A la base le sumo servait à résoudre les querelles entre quartier. On prenait le plus balèze de chaque côté et zou! On réglait ça comme ça. Puis un jour ils se sont dit que comme les gens venaient nombreux pour voir ça, ce serait peut-être une bonne idée de les faire payer. Aujourd’hui la symbolique est différente. Le ring représente la Terre et les lutteurs le jour et la nuit. Comme seulement un des deux peut régner sur la terre, celui qui sort du ring a perdu. CQFD.
Sur une des photos pour verrez Aurélie posée sa main dans une empreinte. C’est celle de la main d’Akebono, considéré comme le plus grand lutteur de sumo de tous les temps et premier non japonais à atteindre le grade suprême de yokozuna – le plus haut dans la hiérarchie du sumo. Un beau bébé hawaïen de 2m04 pour 240 kg.
Nature & découverte
Nous repartirons ensuite en vadrouille dans le quartier pour passer des de petites ruelles pittoresques qui témoignent qu’il existe encore des petits endroits sympas à Tokyo. C’est là que David nous explique comment les guides ont « tué » certains des endroits où il amenait ses clients. Par exemple, le tour que nous avions fait en famille il y a 8 ans n’est plus envisageable pour lui. En effet la promenade que nous avions fait dans le cimetière Yanaka est aujourd’hui proposée à l’identique dans le Lonely Planet. Il nous a donné comme cela plusieurs exemples d’endroits où il ne va plus. Un autre truc qui m’a sidéré c’est quand il nous dit qu’en ce moment c’est le basse saison et qu’il y a peu de touristes. Mais bordel moi je trouve qu’il y en a 10 fois plus qu’il y a 8 ans!
Retour dans le métro pour passer du sud-est au nord-ouest de la ville. Encore une fois nous sortons dans un quartier au charme désuet rempli de vieux. Vous connaissez mon amour pour les vieux. Bon la pour le coup, ça allait. L’endroit est rigolo et sent bon le Japon à l’ancienne, loin de l’agitation et du bruit permanent des autres quartiers. Ici c’est une sorte de village, tout le monde se connaît et beaucoup de monde semble connaître David aussi. Nous stoppons à une petite boutique où il a ses habitudes, le pépé nous proposera de goûter des sauterelles, je passe mon tour mais pas Aurélie. Visiblement c’est croquant et sucré (enfin ça semble dépendre de l’assaisonnement). On nous offrira aussi un petit bol d’eau aux algues (très bon – nous investirons dans un petit sachet d’algues pour en faire à la maison) ainsi qu’un petit morceau de saumon séché et poivré.
Arrivé au bout de la rue, nous prendrons la dernière ligne de tramways de Tokyo. Encore un truc qui semble totalement hors contexte mais tout à fait charmant.
Et c’est déjà l’heure de se quitter. Cette demi-journée est passée à une vitesse… David nous donne quelques conseils sur des bricoles à voir dans le coin avant de prendre congé.
Le déluge
Ca couvait depuis ce matin, c’est désormais officiel: il fait un temps de merde.
Là-dessus, nous voila parti vers Harajuku, un endroit mondialement célèbre pour sa rue remplie de boutique de fringues « décalées ». C’est peu de dire que l’endroit est mondialement célèbre, les boutiques de fringues ont disparu à 60% et il n’y a maintenant que des pièges à touristes. Bon. Une fois au bout David nous avait conseillé d’aller voir un endroit un peu bobo/arti. Sauf que là nous avons un méchant coup de barre et bifurquons vers Omote Sando. Cette avenue c’est celle « des pauvres », que des boutiques hors de prix et des voitures à « mucho dollar ». Le seul endroit sympa et le hall d’un centre commercial où la voûte forme un kaléidoscope.
Nous repiquons vers Shibuya – à pied, sous la pluie et avec nos ponchos, lucides, nous les avions pris ce matin. Là je me dis que c’est l’occasion d’aller au musée ESP (une marque de guitares) qui se trouve « comme par hasard » sur le chemin. Comme nous n’avons pas de pocket wifi pour vérifier où nous sommes, je fais appelle à mon légendaire sens de l’orientation ainsi qu’au pif. Pif gagnant une nouvelle fois puisque nous tombons dessus du premier coup.
Bon honnêtement, de l’endroit je n’attendais pas grand chose donc toute surprise est bonne à prendre. Et donc quelle joie de voir qu’au second étage de l’immeuble il y a un atelier qui expose des guitares. Je passe la porte et là, Ô JOIE, la première que je vois est « ma guitare de l’amour absolu ». Et le mec du magasin qui me dit que je peux en jouer si je veux.
* MGRMRMGGGRM je sais pas jouer de guitare MGRMRMGGGRM *
Que de magnifiques instruments, fait main cela va de soit. A l’étage du dessus se trouve le musée. En fait de musée, il s’agit juste de deux salles dont une dédiée à une expo temporaire consacrée au groupe Malice Mizer (ça se prononce à la française). J’imagine que ça ne parle pas à grand monde mais ici au Japon, ce groupe a eu une influence musicale énorme sur la scène Rock/Metal dans les années 90. Ils ont aussi beaucoup vendu car ils ont énormément jouer sur les codes vestimentaires. Car se sont bien des mecs qui portent des robes gothiques. Vi vi vi vi vi. De vous à moi, je trouve leur musique chiante comme la mort mais ici, c’est culte.
Sorti de là, il pleut toujours, direction Shibuya pour sauter dans le métro et rentrer se poser à l’hôtel parce que « n’en peut plus » et tant pis pour la fin d’aprèm. Je profiterai de ce retour à l’hôtel pour me pencher sur le cas du pocket wifi. Et le fin mot de l’histoire est que l’appareil est hors de cause. Les coupables se sont les prises de courant de la chambre qui sont merdiques *soupir*
Nous ressortirons dans le quartier pour dîner, toujours sous la flotte, puis retour à la chambre pour un gros dodo. Enfin pour moi c’est mort vu qu’il est encore une fois très tard ici.
Demain, doucement le matin, pas trop vite l’après-midi.
Et oui les photos du jour sont vraiment merdiques. Je sais et je ne suis pas content après moi.















































