Taïwan – Jour 1

– L’avion est à quelle heure?
– 7h?
– Ca nous fait lever à quelle heure?
– 3h30
– Ho merde

Pas de panne d’oreiller, ça roule tout seul jusqu’à Roissy, pour l’instant tout se présente bien jusqu’à la rencontre avec la borne Air France.

L’important c’est le voyage, pas la destination. Soit disant.

En effet, la borne refuse d’imprimer les cartes d’embarquement. Bon. Nous voila bon pour aller faire la queue. Arriver devant la dame qui vérifie qu’on a bien tout ce qu’il faut, on lui explique que la borne n’a rien voulu savoir et elle nous renvoie faire la queue ailleurs. Là, une autre nana contrôle la raison pour laquelle nous sommes dans cette file spéciale. Nous nous expliquons et cette connasse nous répond qu’elle nous fait une fleur en nous laissant attendre là, sous entendu on tenterait de gruger parce que la file est plus courte. Y’a des coups de boule qui se perde je vous le dis. Heureusement sa collègue au comptoir est autrement plus sympathique. La suite c’est la routine en France, 20 minutes de retard parce que le système informatique qui gère les plans de vol connaît une panne. Heureusement que cette année nous avons 3h d’escale, ça évitera un drama comme l’an dernier.

La correspondance à Vienne se fait presque sans encombre, au moment de passer le contrôle de sécurité, on nous invite à aller au comptoir une fois celui-ci franchi – une histoire de carte d’embarquement. Le retour. Et donc la morale de l’histoire c’est que j’ai été victime d’une erreur de l’agence qui n’a pas rentré tous les prénoms présents sur mon passeport lors de la réservation du billet. Si pour aller dans certains pays ça ne pose pas de problèmes particuliers, pour tout ce qui est Chine/Hong-Kong/Taiwan ils sont tatillons. Me voila donc à faire de la paperasse sur le comptoir. Viens ensuite le coup de l’embarquement pour Taipei. Je lis mal la carte d’embarquement et comme deux gogols nous regardons presque tout l’avion embarqué avant de réaliser que nous avons loupé l’embarquement de notre rangée. Bref, tout est bien qui finit bien, les sièges 50J et 50K étaient bien occupés. D’autant que nous n’étions que 2 sur une rangée de 3 donc Aurélie a pu s’installer plutôt bien pour dormir. Un petit bonus appréciable sur un vol de 11h30. Pardon 12h, l’aéroport de Vienne, saturé, nous a fait partir en retard lui aussi.

Heureusement, l’Airbus A350 quasi neuf de China Airlines était plutôt confortable. Une cabine moderne et bien agencée, de la place pour les jambes, un système multimédia avec un écran HD de 13″ en classe éco et des toilettes de bonne taille – détail qui mérite d’être signalé.
Quant au panel de films proposés, il y en avait pour tous les goûts avec un système de mise en favoris pour se faire sa petite sélection perso. Au final je n’ai rien regardé de ce que j’avais présélectionné et je me suis farci les 5 Avengers à la suite. Cependant entre 2 films, pendant le survol du Bengladesh, j’ai remarqué des lumières bizarres dehors. Aucun ovni à signaler, juste un monstrueux orage de mousson qui illuminait le ciel au loin. J’ai filmé le truc, ça rend pas forcément justice à ce qui se passait en réalité.

Virile mais pas forcément correct

Sur les coups de 5h40 du matin, nous nous posons enfin à Taoyouan, l’aéroport de Taipei.
La douane est pliée en 2 temps 3 mouvements, la récupération des valises fut rapide, à 6h40 j’avais récupéré la puce de téléphone locale que j’avais commandé avant de partir, 6h45 nous retrouvons notre chauffeur, 7h00 nous roulons vers l’hôtel. Car oui nous avions un chauffeur, l’agence s’est chargée des transferts de et vers l’aéroport en voiture privée avec chauffeur. Un petit gars très sympa mais qui conduit comme un assassin – ce qui ne dénote pas du tout dans le paysage automobile local. L’insertion dans les voies de circulation se fait avec le clignotant mais au forceps, le dépassement par la droite est toléré, comme le téléphone au volant et l’ennemi absolu ici c’est le scooter. 10 fois plus qu’à Paris.
Bref. Nous sommes dans notre voiture en train de contempler l’architecture locale – qui oscille entre l’hideux et l’abominable – quand le téléphone du chauffeur sonne, il décroche, échange quelque mot avec l’interlocuteur et me dit que c’est pour moi.

AH!

Et c’était bien pour moi. En effet c’était le correspondant local de l’agence de voyage qui voulait s’assurer que tout allait bien et confirmer quelques détails à venir du voyage. La suite du trajet se passera gentiment, entre hallucinations quant aux us et coutumes routiers des locaux et l’existence de la Peugeot 301. Au bout de 40 minutes de trajet, nous voila devant l’hotel, il est 8h du matin, le check-in ne se fait qu’à 15h. Donc il va falloir passer le temps.

La longue marche

Nous laissons les valises à l’hôtel histoire de voyager un peu plus léger, ce qui ne sera pas du luxe vu la température. Car à notre arrivée à 5h40, il faisait déjà 28° avec un petit 70% d’humidité. Au plus fort de la journée, nous étions autour des 40° avec 85% d’humidité. Du bonheur.

Aurélie dégaine son programme et vous voila parti vers le métro – dont les entrées sont surélevées pour éviter les inondations en cas de typhon.
Ici comme à Tokyo, le métro fonctionne à la distance. Sauf qu’ici ils ont eu le bon sens de créer des cartes « illimitée » pour 24, 48 ou 72 heures. Pas dispo à la machine, il faut aller voir le petit monsieur à son guichet. Le mec dégaine un anglais de compét’, parfait. Nous cherchons notre trajet, là un monsieur nous aborde, toujours dans un anglais de compet’, nous demande où nous voulons aller, il cherche sur son téléphone et nous met sur le bon chemin. Une constante ici, les gens sont sympas, souriants, très serviables et la plupart du temps ils parlent plutôt bien anglais ou un truc suffisamment basique pour qu’on se comprenne. On verra si ça continue quand nous sortirons de Taipei. Puisque nous parlons de Taipei, cette ville est à la fois chinoise et japonaise. Pour mémoire, ces derniers sont restés sur l’île pendant 70 ans. Donc les taïwanais ont gardé quelques « séquelles » de l’occupation de leur voisin nippon. La propreté, les mascottes pour tout et rien, la discipline – notamment dans les transport où ils font gentiment la queue pour prendre l’escalator et serrent bien à droite sans moufter pour laisser passer les plus pressés (sur ce point même les japs sont des boeufs). Parlant de ça, les problèmes dans le métro de Taipei sont tellement rare que ce soir, un signal d’alarme tiré abusivement a fait l’ouverture des infos télé. Passons.
Ils sont aussi « bien chinois » car le foutoir est permanent au volant, c’est l’anarchie architecturalement – on est quelque part entre le pire de Hong-Kong (tour en béton moche, balcons grillagés et blocs clim’ pendus aux façades) et le pire de Tokyo pour le merdier visuel dû aux enseignes. Sans parler du bruit. Que cette ville est bruyante! Ici pas de revêtement absorbeur de bruit dans les rues comme à Tokyo, les mecs klaxonnent tout le temps et il y a des embouteillages monstres partout, tout le temps. Oskour.

Mais ça ne nous a pas empêché de nous promener.
Nous avons commencer par le Grand Hôtel, un méga complexe hôtelier ressemblant vaguement à un temple situé à quelques arrêts de métro vers le nord de la ville. Pensant que ça valait vraiment le coup d’oeil, nous sommes allés voir. Bah c’est gros, pas très fin, limite faute de goût même mais visiblement ça trouve son public. Nous partons ensuite en direction du temple de Confucius. A priori, une petite marche de 20 minutes (selon Google et merci la 4G – quelle idée de génie d’avoir pris une puce locale) qui en prendra plus de 35 car il fait une chaleur épouvantable – pour mémoire nous sommes sous les tropiques donc le 40° du thermomètre donne du 43/44 en ressenti, qu’il y a + de 80% d’humidité dan l’air, que nous sommes debout depuis plus de 30 heures et que contrairement à ce que dit le guide, Taipei c’est tout sauf petit. Un arrêt de métro ici c’est un arrêt et demi de RER à Paris. Comme un bonheur n’arrive jamais seul, ici le lundi est jour de fermeture donc devinez qui trouve porte close en arrivant au temple? Hein? Voila. Donc nous nous sommes promenés dans les alentours du temple de Confucius, avons passé la tête dans le temple millénaire voisin, puis nous avons déambulé dans ce qui est vraisemblablement le quartier des garagistes puisqu’il y en a près de 10 par pâté de maisons sur 5 pâtés de maisons. Trouvant une nouvelle fois la porte close devant la Lin An Tai Ancestral House (le lundi au soleil…), nous traversons la moitié de la ville pour aller la Red House – un bâtiment de briques construit par les japonais et qui est devenu un centre culturel… fermé le lundi lui aussi. Slalomant entre les boutiques Nike et Under Armour, nous passons devant un temple dont l’existence n’est trahie côté rue que par 2 colonnes et des lampions. Très joli lui aussi mais comme le précédent, pas de photos dedans, non pas que ce soit interdit mais comme personne n’en faisait et que les gens priaient, dans le doute, l’appareil est resté éteint.

Il est un peu plus de 13h, le soleil tabasse et Aurélie avoue qu’elle n’en peut plus, signal qu’il faut vite trouver un endroit pour manger et accessoirement se mettre au frais. Nous passons devons un panneau indiquant « Sushi Express ». Pas eu besoin de négocier, hop, nous voila au second étage de l’immeuble assis devant un gigantesque rail de sushis qui défilent devant nous.
Truc rigolo, à deux nous avons mangés plus ce que les locaux mangent à quatre. J’ai même osé le flamby local en dessert. Une heure plus tard, nous voila reparti dans la chaleur moite des rues de Taipei en direction de notre dernier temple du jour. Le soleil tape fort. HEUREUSEMENT, ici ils font comme en Italie et les trottoirs sont souvent abrités sous des galeries. Ca plus le vent – ce faux ami – contribue à rendre la chose à peu près supportable.

Sang Caille Tchèque

Après un second stop dans un konbini (les mêmes supérettes qu’on trouve partout au Japon) pour un ravitaillement en eau, nous voici devant le Longshan Temple. Il est ouvert! Et on peut prendre des photos! Ouf.
Nous rencontrerons aussi notre première grosse masse de touristes. Enfin grosse… tout est relatif hein. Nous avons croisé une grosse vingtaine d’occidentaux durant la journée et 2 groupes de philippins + quelques thaïlandais.

Donc le temple. Très différent de ce qu’on peut voir au Japon, plus coloré, plus ostentatoire, plus chargé aussi mais avec quelques points communs comme le dragon ou le phénix qui sont des symboles récurrents.
Heureusement cette fois-ci le métro est de l’autre côté de la rue. Il faut juste passer par un petit centre commercial souterrain désuet consacré au bien être. Un truc essentiel pour les taïwanais. On peut donc se faire masser pour pas cher, faire de la sophrologie et du shiatsu pour 3 fois rien. Inutile de dire que ça déborde de vieux.
4 stations et nous voila enfin chez ce bon Chang! En plein milieu de la ville trône (c’est le cas de le dire) le Mémorial Chan Kai-Chek dédié à la mémoire du père de la République de Taïwan. Le mausolée est absolument gigantesque, il est au bout d’une immense esplanade dans un parc de 25 hectares en pleine ville. Parce que ça faisait « un peu » trop pompeux, on a aussi ajouté une salle de concert et un auditorium, eux aussi démesuré. C’est physiquement impressionnant mais ça manque un peu de goût et de finesse. N’empêche que l’endroit est sympa car on entend un peu plus les oiseaux et moins les voitures. Par contre on y rôti comme un cochon à la broche. Même à 16h on cuisait encore au soleil. Heureux hasard, nous sommes arrivés quasiment pour la relève de la garde. La statue de bronze de 25 tonnes de CKS est gardé par 2 plantons relevés toutes les heures. Ca claque du talon et ça fait tourner les baïonnettes. C’est un peu plus sérieux que la relève de la garde royale à Oslo car ici les baïonnettes ne tombent pas du fusil. Bref vu l’heure, le retour à l’hôtel s’impose et comme le métro est direct, ça ira vite.

Arrivé à l’hôtel, on me remet une enveloppe du représentant local de l’agence de voyage (je crois que j’ai un ticket) avec une confirmation des réservations de pour la voiture, les vols et des propositions d’activité pour le reste du séjour. C’est bien la première fois qu’une agence assure un tel suivi durant le voyage.
Après la douche salvatrice et une pause bien méritée, nous repartons vers un « night market » qui comme son nom l’indique est un marché de nuit. Plein de petites échoppes qui ouvrent uniquement le soir et proposent de la cuisine locale. Faut vraiment avoir envie de fruits de mer, ne pas être trop regardant sur l’hygiène et oublier qu’on ne sait pas forcément ce qu’on mange. Nous irons donc tester les spécialités d’un restaurant qui n’a rien à voir à côté de l’hôtel. Aurélie commande au pif 4 plats différents sous le regard du gars qui a l’air de se demander si elle se rend bien compte de toute ce qu’elle prend. Parce que non seulement ce n’est pas cher (repas pour deux à 7€80) mais c’est surtout ultra bien servi. Bon après, on n’est pas trop sûr de ce qu’on a mangé. J’ai reconnu le riz et les haricots, le reste… Pas mauvais mais pas délirant non plus.
Ensuite petite glace digestive devant une Aston Martin jaune garée au coin de la rue – n-ième voiture de pauvres aperçue aujourd’hui. Là-dessus je vais me coucher, ça fait presque 40 heures que je suis debout et j’ai dû dormir 2 heures dans l’avion.
Pour la petite histoire, à 20h il faisait encore 30° et ça ne baissera pas en dessous de 28 cette nuit. Ca promet.

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