Corée du Sud – Jour 12
Une des définitions de la folie c’est de refaire plusieurs fois la même chose en espérant un résultat différent. Illustration aujourd’hui.
ENFIN! Oui enfin un petit déj’ qui ressemble à un petit déj’ et un café qui ressemble un peu moins à l’eau du lave ligne après 3 cycles d’essorage. Joie! Mais il aura fallu montrer patte blanche car la greluche de la réception a oublié de nous donner les bons pour accéder au petit déj’. Il fallait voir la tête consternée du préposé aux bons qui a du vérifier sur on ordi que nous avions bien le droit d’être là. D’autant plus que la salle de conférence au bout de la salle de restaurant est occupée par des gens en costume ayant l’air très occupé. Comme le nom de l’hôtel est Kolon SeaCloud, il m’a semblé évident qu’il s’agissait d’un congrès de proctologues.
Le petit train
Petite joie matinale: le temps est tellement dégagé qu’on aperçoit l’île japonaise de Tsushima à l’horizon. Au début j’ai cru que je rêvait, Aurélie m’a confirmé que non.
Ensuite direction Mipo Station a 20 minutes de marche. La théorie veut que nous prenions les Sky Capsules, sorte de petites cabines sur rail qui surplombent la mer. J’ai découvert ça quand nous regardions ce qu’il y avait à faire à Busan, j’ai dit à Aurélie que c’était non négociable. Une fois sur place la réalité m’a rattrapé. Non seulement c’est atrocement cher mais en plus on nous a proposé un créneau horaire délirant. Nous nous sommes donc rabattu sur le petit train qui roule sous les Sky Capsules. En effet, non seulement le dit train revient 2 fois et demi moins cher que les capsules mais il va surtout 3 fois plus loin, ce qui nous arrange pour la suite.




Nous voila dans le train, au milieu d’un horde de vieux. Néanmoins nous arrivons a dégoté des places bien situées. Face à la mer. En réalité toutes les places sont face à la mer car les sièges ne sont orientés que d’un seul côté. C’est rigolo, ça avance gentiment et il est vrai que la vue sur la mer est sympa. Sorti de ça, pas de quoi s’extasier outre mesure. Comme nous n’avons pris que des billets allé, le retour devrait se faire autrement. Ou pas, nous verrons le moment venu. Direction le Haedong Yonggungsa Temple qui a pour particularité d’avoir vue sur la mer. Nous pourrions faire comme les autres et prendre le bus ou un taxi. Non. Nous préférons marcher 40 minutes depuis la gare en passant dans des ruelles, en longeant des ports de pêche et des chantiers.

Une fois au temple, bien entendu c’est la cohue. Le moindre endroit est noir de monde. Du moins au début, une fois le car de chinois disparu, c’est devenu plus respirable. Comme beaucoup de ses semblables, le Haedong Yonggungsa Temple n’est pas 100% original mais il a pour lui un emplacement exceptionnel face au soleil levant sur la mer (si vous êtes là autour de 4h50 pour en profiter ça va de soit). Ce qui l’autorise à s’autoproclamer « plus beau temple de Corée ». Rien que ça. Quant au temple en lui-même, il est constitué d’un pont qui surplombe une crevasse dans la roche et qui donne un peu de cachet au lieu, d’un pavillon principal assez classique, de deux pavillons plus petits, classique eux aussi et d’une statue qui surplombe tout ça. Mis ensemble ça a de l’allure.













Instant shopping
Après une petite heure de visite, nous repartons. Sauf que notre plan implique d’aller à l’autre bout de la ville (littéralement) et que si vous avez suivi ce qui c’est dit hier: Busan, c’est grand. Très grand. Plutôt que de retourner prendre notre train de bord de mer, nous optons pour le bus. Drame. Nos cartes T Money n’ont plus assez de crédit pour prendre le bus et nous n’avons pas la monnaie pour payer le voyage. Nous entendant, une dame parlant français nous propose de nous faire de la monnaie. Sauvé!
Une heure de bus soporifique plus tard, nous voici dans le quartier des affaires de Busan. Grandes tours en verre et centre de congrès, il y a tout! Même un gigantesque centre commercial remplit de boutiques de luxe. Heureusement il y a une autre partie avec des boutiques pour nous autres pécores et notamment un Lego Store. Comme à Séoul, rien de bien fou à se mettre sous la dent. Néanmoins, ce passage improvisé chez Lego aura pour vertu de nous faire découvrir un magasin faisant du hors taxe et dans lequel Aurélie trouvera son bonheur en terme de produit de beauté.



Sortant de là, nous tombons nez à nez avec une Lamborghini rose nacrée. Une fois le choc passé, nous nous engouffrons dans le métro pour recharger les cartes T Money et aller toujours plus loin à l’opposé de l’hôtel. Direction l’Oryukdo Skywalk, une plateforme au sol en verre au-dessus de la mer. Une grande idée! 20 minutes de métro + 40 minutes de bus. Tout ça pour finir sur une plateforme en verre 19 mètres au-dessus de la mer. Si à Séoul dans la Lotte World Tower, mettre un pied sur le sol en verre était simplement infaisable, là j’ai pris sur moi et j’y suis allé. Tout ça pour dire que c’était marrant, la vue sur le port militaire de Busan est aussi tout à fait délicieuse. Ou pas.
Le truc est que cette passerelle en verre est isolée de tout. Que faire pour pimenter la chose?




Aller plus haut!
C’est là qu’Aurélie dégaine sa plus brillante idée du jour: « on peut prendre le chemin qui longe la côte! » 16h29, pour la forme je dis que c’est une mauvaise idée. Les premiers mètres me donnent raison, ça monte ultra raide mais il faut reconnaître que la vue est très chouette.La suite se sera près d’une heure trente de marche à flan de falaises sur un chemin qui monte beaucoup et qui descend encore plus. Dire que je commençais juste à ne plus avoir de courbatures de la rando des enfers de Seoraksan, nous voila reparti à grimper des escaliers. Très raides de surcroît. Néanmoins le panorama de la ville qui s’offre à nous vaut le déplacement, surtout avec le soleil couchant.



Qui dit soleil qui se couche, dit baisse de luminosité et le chemin n’étant pas éclairé, nous finissons par presser le pas pour ne pas finir dans le noir. Pour mémoire, ici à 17h50 il fait quasi nuit. Tout en marchant, avec Aurélie nous nous faisons la réflexion que nous avons pris le chemin « dans le bon sens ». Bien que parfois difficile, il est beaucoup facile de le faire comme nous le faisons car il y a moins d’escaliers très raide à grimper.
Quand nous retrouvons un semblant de civilisation, il fait déjà sombre. Prudent, nous décidons de quitter le chemin pour rejoindre une route goudronnée et surtout éclairée un peu plus haut.


Je propose de prendre un bus pour retourner au métro plus rapidement car il est 18h15, il fait nuit, nous avons faim et le métro est à 40 minutes à pied sachant que nous venons de cavaler 5 kilomètres à flan de falaises. Aurélie préfère marcher jusqu’au métro dans l’espoir de trouver un restaurant qui nous convienne. Ce sera chose faite… à 300 mètres du métro. Un petit resto avec un seul employé en cuisine qui gère les commandes sur place et à emporter. Comme nous sommes les seuls clients, le sur place n’est pas trop dur à gérer. Excellent petit repars qui fait du bien au corps et au moral. Ensuite retour à l’hôtel en métro.
La stat du jour: 18 kilomètres dont probablement 1 kilomètre d’escalier.


