Corée du Sud – Jour 5

Suite à l’arrivée de Choonsik, j’ai dû réorganiser ma valise. Il est mignon mais un poil encombrant. Là où je veux en venir c’est que comme nous partons Séoul, il a fallu faire la valise.

Ce matin c’est le grand départ pour un changement de décor assez radicale. Exit les immeubles, direction la nature et le parc national de Seoraksan. De l’autre côté du pays. Littéralement.

Bus n°1 – OKLM

Fidèle à nous même, nous profitons du fait d’avoir choisit un bus en début d’après midi pour faire un peu de repérage dans Séoul qui sera utile dans quelques jours. Ensuite direction Dong Seoul Bus Terminal pour prendre notre bus. Nous arrivons une petite cinquantaine de minutes en avance. Ca semble large et ça l’est. Mais nous préférons attendre un peu sur place plutôt que d’arriver en catastrophe, surtout vu la réputation des bus ici (je vais y revenir).
Tout content de notre petit repérage d’hier, nous nous mettons à l’endroit où notre bus est censé être. Sauf que ce que j’ai manqué hier, c’est qu’à cet endroit il y a 4 emplacements pour Sokcho (notre destination). Nous re-regardons les tickets et constatons que notre bus est censé être à l’emplacement G. Sauf que là tout est numéroté de 1 à 26. Et pendant ce temps là l’heure tourne. Soudain Aurélie disparaît dans la gare puis réapparaît en me disant que nous ne sommes pas au bon endroit. En effet dans ce terminal de ses grands morts, il y a un autre quai par lequel on accède via une passerelle qui n’est bien entendu pas indiquée. De fait en arrivant de l’autre côté et en voyant que ça commence à A et que ça finit à Z, on se dit qu’il est probable de trouver le G quelque part entre les 2.

Le bus est bien là où il doit être. Parfait. Il est 12h35, le départ est prévu à 12h50, on est bien. Extérieurement, le bus a l’air fatigué, intérieurement, même si il y a sans doute plus moderne, c’est toujours 1000 fois mieux que les Flixbus de chez nous. Et même probablement moins cher. Le chauffeur ouvre les soutes quelques instants avant le départ et les gens commencent à monter. Il faut savoir que le bus ne fait que 28 places. Côté gauche, une rangée de 2 sièges, côté droit ce sont les sièges solo. Pourquoi si peu de sièges? Parce qu’ils sont très larges. En terme de gabarit on est sur quelque chose d’équivalent à de la première classe dans un avion. Il y a un repose pied et il s’incline. Bref on y est bien. On scanne le QR Code du ticket en montant dans le bus et cela met à jour l’écran du bus qui indique en temps réel les places réservées occupées et celles réservées mais encore inoccupées. Corée oblige, la bus a la télé et le wifi. Pour la petite histoire, ceci est un bus intercités standard, il existe des bus premium plus cher mais bien mieux équipés.

12h49, il manque une personne mais la porte se ferme. 12h50 le bus commence à manœuvrer mais s’arrête pour que le soldat retardataire puisse embarquer non sans se faire houspiller par le chauffeur. Les bus ici c’est comme les trains au Japon: ultra ponctuel.
C’est parti pour 2h15 de route. La sortie de Séoul se fait sans encombre malgré le trafic. Le bus restera en file de gauche durant tout le trajet et se calera à la vitesse maximum autorisé de 100km/h. Ici c’est comme à Taïwan, il y a un radar tous les kilomètres ou presque.
Aurélie se repose tandis que je regarde le paysage défile entre 2 tunnels dont un qui a semblé interminable. Après 1h30 de trajet, c’est la pause. Ca tombe bien j’ai faim. Aurélie reste assise tandis que je demande au chauffeur combien de temps nous arrêtons. 5 minutes me répond-il. Bon… Sachant la ponctualité maniaque des chauffeurs et ayant lu qu’ils n’avaient aucun scrupule à repartir même si il manquait quelqu’un, je me contente d’une pause sanitaire et d’une photo du panorama derrière l’aire d’autoroute. Je regarde si j’ai le temps de prendre à manger mais… non. Je retourne au bus et tout le monde rembarque. Le chauffeur prend quand même la peine de vérifier que tout le monde est bien là.
Rien à signaler jusqu’au péage proche de Sokcho où des soldats en armes sont positionnés. Un hélicoptère militaire survole la zone et des camions militaires sont également stationnés là. Comme ça rigole, à priori c’est un exercice, n’empêche que ça fait bizarre.

Bus n°2 – pas le temps

J’imaginais que Sokcho serait un petit bled paumé au bord de la mer du Japon. Tu parles! C’est une ville moyenne, avec des tours aussi immondes que celle de Séoul sauf qu’il y a la mer en plus. Et une grande roue.
Comme nous avons fait nos devoirs avant de partir, nous avons un plan. Trouver un combini et faire du ravitaillement pour ce soir et demain. Sauf que j’ai envie d’aller voir la mer de plus près. Aurélie dans sa grande mansuétude accepte de patienter avec les valises sur un banc le temps que je fasse l’aller retour jusqu’à la plage qui est toute proche. Il fait bon, il fait beau mais l’eau a quand même l’air bien fraîche. Bref c’était histoire de dire que j’ai vu la mer du Japon des 2 côtés. Oui parce que tout droit en face c’est le Japon, à environ 800 kilomètres.
Je retrouve Aurélie, nous trouvons notre combini, ressortons de là, traversons la route et attendons notre second bus du jour. Là c’est un bus de ville et c’est le seul qui dessert notre hôtel. Nous avons un petit quart d’heure d’attente. Rien de dramatique. Le bus arrive nous embarquons et dès le démarrage, on sent que ça va être sportif. Le trajet théorique jusqu’à l’hôtel est de 45 minutes. Nous en mettrons à peine 30. Certes tous les arrêts ne seront pas desservis mais le chauffeur a roulé comme un grand malade. Le mec n’avait simplement pas le temps. Certains virages ont été pris à une vitesse à mon avis un peu trop importante vu ce que le bus penchait. Le bus arrive à un feu avec une voiture arrêtée au rouge, le feu passe à peine au vert qu’il klaxonne. Il frôle ensuite une voiture stationnée et il est debout sur les freins dès que quelqu’un signale qu’il veut descendre à l’arrêt. Un grand malade. Encore plus dingue que celui de Taipei qui en tenait déjà une couche.

Kensington Stars Hotel

L’hôtel mérite un paragraphe à lui seul.
Comme son nom l’indique, il se veut très british. Il y a un bus a impérial stationné devant, le hall et les couloirs sont pleins de boiseries. Là comme ça, les 5 étoiles annoncées ont l’air crédible. Maintenant quand on s’approche, c’est autre chose. La moindre vitre est couverte de trace de doigts, les boiseries sont pleines d’impacts, la moquette n’a pas dû être shampouinée depuis l’ouverture, les papiers peints sont hors d’âge (en plus d’être immonde), la déco se veut british mais est d’un goût douteux. Hola attendez! Gout douteux / british. C’est synonyme ça, non?
En voulant fermer la moustiquaire qui donne accès à la micro terrasse de la chambre… j’ai pété la dite moustiquaire, du coup elle ne ferme plus. Il faut dire qu’elle tenait déjà par la grâce divine. L’isolation entre les chambres est tellement bonne qu’on entendrait presque le « plouf » quand quelqu’un est aux toilettes dans la chambre à côté. Le must reste quand même la galerie de portraits des célébrités qui sont passées ici. Imaginez en France un mur de la gloire sur lequel il y aurait Partick Sébastien, Philippe Candeloro, Philippe Risoli et Cristina Cordula. Du lourd, du très très lourd.

Reste l’emplacement et la vue parce que malgré tout c’est pour que nous sommes là et de ce point de vue là, le Kensington est imbattable. Il est littéralement à 150 mètres de l’entrée du parc. Nous sommes allés y faire un petit tour juste après notre arrivée histoire de repérer un peu les lieux. La chose a tourné court très rapidement car ici plus encore qu’à Séoul, passé 17h30, quand le soleil se cache derrière les montagnes, la température tombe très vite et la luminosité encore plus. A 18h15 il fait nuit.
Niveau activité nocturne par contre, comme nous sommes loin de tout, c’est peu de dire que c’est mort. Heureusement notre petit ravito nous a permis de dîner simplement certes mais efficacement. Tout ça avec l’apéro qui va bien. Bon les bretzels et les amandes goût cheddar on peut en débattre mais la petite bière bien fraîche était parfaite.

Seulement 9,8 kilomètres de marche aujourd’hui. Ca va plomber notre moyenne cette affaire.

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