Corée du Sud – Jour 4

Aujourd’hui beaucoup d’impro et pas beaucoup de photo. Mais un grand moment de nawak comme à chaque voyage.

Pour notre dernier jour plein à Séoul, le programme est… ah bah tiens on fait quoi aujourd’hui? C’était la vraie question que nous nous sommes déjà posés hier soir et encore un peu ce matin. Techniquement, nous n’avons pas vu tout ce que nous avions prévu de voir. Mais étant donné les distances à couvrir et le fait que tout est fermé le lundi, il a bien fallu trouver autre chose

Note: en raison d’une poussée de flemmingite aiguë, les photos du jour sont faites au téléphone… alors que j’avais l’appareil dans le sac.

Plantage et fromage

Néanmoins, nous avions décidé de commencer la journée par un truc sérieux: aller faire du repérage pour demain. En effet demain nous quittons Séoul pour les montagnes à l’est du pays. Nous aurions été au Japon, bien entendu tout ceci se serait fait en train sans que ça mérite d’être souligné. Sauf que la Corée n’est pas le Japon et que contrairement à leurs voisins, les coréens n’ont pas un réseau ferroviaire aussi développé. Par contre ils ont un réseau de bus… attention les yeux. Jusqu’à un bus toutes les 30 minutes pour certaines destinations. Et quand je dis bus, ce sont plutôt des cars chacun avec une trentaine de sièges.
Il y a 2 terminaux de bus à Séoul. Seoul Express Bus Terminal et Dong Seoul Bus Terminal. Comme vous vous en doutez, nous ne sommes pas allés au bon. Je me suis planté en faisant mes recherches. Mais comme l’a très justement remarqué Aurélie: valait mieux que ça arrive aujourd’hui plutôt que demain. Au lieu de filer immédiatement à l’autre terminal de bus qui est à l’autre bout de la ville (littéralement), Aurélie repère le quartier français pas trop loin de là et nous décidons d’aller voir non sans tomber accidentellement (mais vraiment) sur la concession Ferrari. Nous déambulons dans les rues et voyons quelques boulangeries et 2/3 tronches bien franchouillardes. Quand soudain, de l’autre côté de la rue: une fromagerie.

Nous traversons et regardons dans la vitrine par curiosité. Au fond du magasin se trouve un monsieur, visiblement français et quelques coréens avec lui. Voyant que nous sommes curieux, un monsieur coréen nous ouvre la porte et nous dit dans un français impeccable « ce n’est pas ouvert mais venez goûtez du fromage ». Un peu gêné, nous refusons poliment mais vu qu’il insiste nous capitulons. Là il nous propose de goûter du comté (un p’tit 24 mois tout à fait excellent). Et soudain le monsieur français vient se présenter. Le nom ne vous dira sans doute rien mais après 2/3 recherches: le gars pèse dans le « cheese game » mondial. Il s’agit de Rodolphe Le Meunier, meilleur ouvrier de France en 2007 et champion du monde des fromagers en je ne sais plus quelle année. Il fournit les plus grandes épiceries de luxe à travers le monde, a des boutiques partout dans le monde (USA, Dubaï, Australie, Japon, Tours) et cette petite boutique est la première à Séoul. Nous discutons quelques minutes, une conversation qui ira du Hellfest au développement de son business. Le gars est simple, abordable et très sympa. Nous profitons de son départ pour filer aussi non sans le remercier pour l’accueil.
Petit détour par le lycée français « pour voir » puis nous filons à Dong Seoul.

Thé goût popcorn

Seoul Express Bus Terminal et Dong Seoul Bus Terminal. Deux salles, deux ambiances. Le premier est tout neuf et ultra moderne. Le second est bloqué en 1971 mais un de ses toilettes a été primé « meilleur toilette de Séoul » en août 2000. Si ça en jette pas un peu, je ne sais pas ce qui peut impressionner.
Bref, joueur je tente d’acheter nos tickets de bus pour demain. Quadruple vérification de la date de départ, choix de l’horaire en fonction du taux de remplissage du bus mais surtout de notre envie de ne pas partir trop tôt pour éviter d’arriver trop tôt et ne rien avoir à faire sur place. L’hôtel étant isolé de la ville. Ce sera donc le 12h50. il y a environ 2h15 de trajet. Ca nous laissera le temps de voir la mer une fois à destination. Un coup de carte bleue et hop, les tickets sortent. Nous en profitons pour prendre les tickets retour (j’expliquerai en temps voulu pourquoi ne repassons par Séoul). Prudent, je vais même jusqu’à repérer de quel endroit exact par le bus. Retenez bien: emplacement G.
Là vous vous demandez sans doute pourquoi nous n’avons pas acheté nos tickets sur internet. La raison est très simple: pas de carte de crédit coréenne, pas d’achat sur internet.

Là-dessus, nous traversons la rue pour aller au TechnoMart. Endroit dans lequel nous devrions théoriquement trouver du matos photo. La réalité confirme la théorie. Sur un seul étage, on trouve une bonne douzaine de kiosque avec du matos photos en exposition. Il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses. Je stoppe au premier kiosque pour demander si le monsieur a l’objectif que je cherche. Il m’en montre un mais je lui dis que je cherche la nouvelle version et je sors mon appareil pour bien faire comprendre ce que je cherche. Il voit le boîtier et lâche « AH! professionnal! » Oui alors non , on va pas s’enflammer hein! Bref il me le sort, me l’installe sur le boîtier et pendant que je joue avec, il regarde mon objectif. Je demande le prix à tout hasard. 1100 euros. Pas mal, c’est presque 400 de moins qu’en France. Et là il me propose de me reprendre mon objectif et baisse un peu le prix de l’autre. Comme je ne me voyais pas parti dans une négo alors que je n’étais pas sûr de prendre l’objectif, je coupe court et nous partons faire le tour de l’étage car je dois aussi prospecter pour un copain. Choux blanc.

Comme c’est la journée de l’impro, en sortant de là nous allons vers l’université de Konkuk. Comme souvent autour des facs, il y a des quartiers animés et là en l’occurrence, il y a un petit centre commercial fait en conteneurs ainsi qu’une rue commerçante faisant très fortement pensée à ce qu’on retrouve au Japon. Chemin faisant, nous stoppons dans un 7Eleven pour un ravito boisson. Aurélie, d’humeur cascadeuse prend une boisson au thé tandis que je prends un risque calculé avec un truc inconnu mais à priori au citron. Le truc au citron est assez quelconque mais fait le job. La boisson d’Aurélie en revanche est pour le moins surprenante. C’est du thé mais goût popcorn. Pas mauvais mais pas incroyable. C’est extrêmement déstabilisant.

Maîtres kébabiers et KFC

Pour toujours plus d’impro, direction Itaewon: le quartier des expatriés. Sorti du métro: p’tite Ferrari, on se dit que ça part bien. On déchante 20 mètres plus loin. Des kébabs. Des P*****S de kébab à pertes de vue. Nous prenons une rue annexe pour voir, la douche froide: la station Château d’eau mais version coréenne. J’ai pas fait 8000 kilomètres pour me farcir les mêmes pignoufs qu’à Paris. Après une grande respiration, nous repartons dans la direction opposée pour voir ce que ça raconte. Et c’est pas la joie. Point positif: une sublime McLaren 675LT laisse admirer au feu sa sublime peinture « volcano red » avant de faire hurler son V8.
Aurélie propose de couper par une rue histoire de changer d’air. Bien entendu, ça grimpe raide. Nous tombons finalement sur une rue avec des bars. Pause bière. Là-dessus et étant donné l’heure, nous décidons de battre en retraite vers l’hôtel. Sauf qu’il n’y aucune station de métro à proximité. Naver (voir le paragraphe suivant « fun facts » pour plus de détails) nous propose le bus pour rentrer. Après tout pourquoi pas? Le 143 arrive, selon l’application, le bus est « très rempli ». OK. On voit que chez Naver ils n’ont jamais pris le 38 un samedi après-midi. Ceci dit, le gain de temps est considérable, en 13 minutes nous sommes à 200 mètres de l’hôtel. Petit stop shopping au Lego store dan un magasin de conneries typiques du pays.

Nous ressortons pour dîner. Je suis tout content car ce soir c’est KFC! Non pas le fast foot dégueu l’autre KFC: Korean Fried Chicken. Figurez-vous que le poulet fri est une vraie spécialité coréenne. Nous avons découvert ça en regardant Korean Fried Chicken (le film). C’est une comédie policière coréenne (logique) assez marrante où est il est question de poulet et de poulets. Comme un bonheur n’arrive jamais seul: le resto à de la Big Wave. Bière découverte à Hawaï dont je raffole mais difficilement trouvable par chez nous. Sauf que qui dit plat coréen, dit plat épicé. J’ai connu pire niveau épice mais ça commençait à être un peu énervé. Ca ne nous a pas empêché de tout torpiller.

Fun facts

Pour finir aujourd’hui, quelques infos sur nos découvertes en Corée.

Google Maps ne fonctionne pas en Corée. Enfin si ça fonctionne mais à 10% de ses capacités – la « faute » à la législation locale sur les données personnelles. L’équivalent local se nomme Naver. C’est aussi bien sinon mieux que GMaps. C’est très simple à utiliser, ultra précis et bien que la version anglaise n’ait pas toutes les fonctionnalités de la version coréenne, c’est parfait pour nous. De même, ici peu de gens utilisent WhatsApp, ils ont KakaoTalk. C’est WhatsApp mais en bien plus poussé car intégré dans le quotidien. Bref c’est que rêve de faire Zuckerberg avec WhatsApp.

Quand je vous dis que Séoul c’est très grand, pour vous donner un ordre d’idée, on est sur du 31 kilomètres du nord au sud et sur du 34 kilomètres d’est en ouest. Tout ça est couvert par un réseau de 22 lignes de métro pour 300 stations. Paris c’est 309 stations pour 16 lignes, la différence étant que l’espace entre 2 stations à Séoul est de l’ordre de celui entre 2 stations de RER pour Paris.

Autre particularité du métro de Séoul: il est très très très profond. Pourquoi? Parce qu’il sert d’abris en cas de catastrophe naturelle. Chaque station est équipée de masques à gaz et d’équipements de premier secours. Il y a aussi des purificateurs d’air ainsi que des écrans qui indiquent en temps réel le taux de particules fines dans l’air dans la station et le taux maximal autorisé pour la dite station. Pas de photos de tout ça car il est interdit de prendre des photos dans le métro. Sans doute à cause des pervers pépères qui photographient sous les jupes (comme au Japon). Plus probablement parce que le métro à aussi pour vocation à servir d’abri en cas d’attaque du nord. Rappelez vous que la frontière avec le nord est à 45 kilomètres de Séoul et que Pyongyang / Séoul en distance c’est Paris / Étretat.

Plus léger. Savez-vous pourquoi les téléphones Samsung sont aussi solides? Parce que les locaux passent leur temps à les faire tomber. En 4 jours ici j’ai vu plus de téléphones voler par terre qu’en 10 ans à Paris. Blague à part, c’est affolant de voir autant de téléphones finir par terre. Cet après-midi en seul arrêt de métro, j’en ai vu 3 terminer au sol.

Autre truc rigolo. A Séoul, la plupart des passages piétons sont à double sens. Ce que je veux dire par là c’est que physiquement matérialisé au sol par des flèches, chacun sa voie. Dans les faits tout le monde s’en tape mais c’est là. De même, à la plupart des grosses intersections, entre le trottoir et la rue il y a une bande de LEDs dans le sol qui indique si le feu est rouge ou vert pour les piétons. Si c’est rouge et que vous êtes trop près du bord de la route, le feu vous rappelle à l’ordre et vous dit de reculer. Et si vous faites comme Papy ce matin et que vous traversez au rouge, une voix vous engueule. Magique? Non. Caméra à détection de mouvement qui déclenche le haut parleur. Donc autant attendre tranquillement sous le parasol qui est disposé près du carrefour pour patienter à l’ombre. Vous avez bien lu, il y a des parasols pour attendre au feu. Car l’attente au feu peut être longue. Contrairement à chez nous où à l’intersection de 2 rues perpendiculaires, on lâche en même temps tous ceux de la même rue quel que soit leur sens de circulation, ici c’est chacun son tour. Si vous avez loupé votre itération du feu pour traverser, vous êtes bon pour 3/4 minutes d’attente. Pas la peine de penser à tricher, d’une parce que le feu vous engueule, de deux parce que la densité du trafic rend la chose suicidaire. Ceci dit quand c’est vert pour les piétons il ne faut pas non plus traîner parce que les avenues sont très larges et le temps pour traverser relativement court.

Puisque nous sommes dans le domaine automobile. Ici le top 3 des marques est 100% coréen. Surprenant hein? Premier Hyundai évidemment, second Kia et troisième Samsung. Les 2 premiers avec tout un tas de modèles inconnus chez nous car pas du tout adaptés au marché européen. Ici il y a beaucoup de grosses berlines et relativement peu de SUV alors qu’en Europe c’est l’inverse. Peu de voitures japonaises mais beaucoup d’allemandes. Le parc automobiles à Séoul est très récent et relativement haut de gamme. J’imagine que ça changera un peu lorsque que nous quitterons la ville.

Et pour finir un point budget. La pinte de Cass (bière locale on ne peut plus basique et pourtant excellente) est à 3,5€, les pintes de bières plus haut de gamme autour de 5,5€, le litre d’essence est à 1,4€, le paquet de clopes à 3,8€ et le trajet de métro basique à 1€ mais peut grimper jusqu’à 4€ en fonction de la distance parcourue. Notre dîner de ce soir nous est revenu à 33€ pour 2 – le panier de poulet bien garni, les frites et les 2 pintes. Bref en 4 jours nous avons dépensés autour de 340€ à 2 – ça inclus les repas, les transports, les entrées dans les divers lieux visités, les stops dans les combinis, les tickets de bus intercités de demain et quelques conneries dont Choonsik. Vous ne connaissez pas Choonsik? Tsss. Tout ça pour dire que ce n’est pas exorbitant.

Dernière stat’ avant d’aller dormir: 17 kilomètres aujourd’hui. Ca nous fait 77 kilomètres à pied en 4 jours. Pas mal.

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