Corée du Sud – Jour 3

Aujourd’hui nous avons payé notre petite virée nocturne d’hier soir.

En effet, le réveil n’a pas été difficile, il a été abominablement difficile. Entre les effets du décalage horaire (+7 heures je le rappelle) et les 40 kilomètres de marche en 2 jours, il fallait bien que ça coince à un moment donné. Mais pas le temps de niaiser, faut y aller. Direction notre station de métro préférée: Hoehyeon. Pourquoi celle-là? parce que la plus proche de l’hôtel.

Le mur

Ce matin nous partons à la rencontre de ce qui reste des fortifications de Séoul datant pour les plus anciennes du 14ème siècle si j’ai bonne mémoire. Bien entendu à la sortie du métro nous partons du mauvais côté et grimpons une route beaucoup trop raide pour cette heure de la journée. Qu’importe, nous rattrapons le bon chemin et longeons le mur. Ce que nous avons vu aujourd’hui est la seule portion conservée des 20 kilomètres de fortifications originales. On en trouve encore des traces dans la partie nord de la ville comme celle de Sungnyemun qui se trouve à proximité de l’hôtel (voir en bas de page ICI). Sorti de ça, le panorama est…. moche. On aperçoit au loin la Lotte World Tower mais sorti de ça, c’est du béton à perte de vue.

Aurélie avait noté le village d’Iwa parmi les choses à voir. A Séoul quand on parle de village, il s’agit en fait d’un quartier et celui-ci a pour particularité de ressembler à une favela de luxe d’avoir des fresques peintes sur certaines maisons. Voir ces peintures parfois discutables se mérite parce que nom de Zeus c’est raide. D’autant que les locaux, des vieux pour la plupart, commencent à en avoir ras la casquette de voir des gens pas toujours respectueux débarqués chez eux pour faire des photos des murs. On en est au stade où ils ont commencé à effacer certaines fresques pour réduire l’attractivité du lieu.

Incroyable écran

Là-dessus nous remontons dans les ruelles d’Iwa pour redescendre sur un autre versant et finir de longer le mur de fortification jusqu’à Dongdaemun. En chemin nous passeront devant la porte Heungginjimun, porte fortifiée vestige de ces mêmes fortifications. Là-dessus nous arrivons à Dongdaemun. C’est une sorte d’immense place avec sur plusieurs côtés des grands magasins, un centre culturel au design très particulier. Et un marché de plein air digne de celui de Nogent le Rotrou où sont vendus toutes sortes de camelotes mais aussi et surtout des fringues, pas toujours de grande qualité et souvent de contrefaçon. Le taux de vieux au mètre carré est infernal. Bref c’est rigolo 2 minutes et puis on sort de là parce qu’en plus il y a un boucan pas possible.

En fait, la chose qui a vraiment attirer notre attention est un écran sur le côté d’un des bâtiments. Ici les écrans sont partout sur les immeubles donc un de plus un de moins… mais celui-ci se démarque des autre parce qu’il est en 3D (physiquement en 3D s’entend). Avec Aurélie au début nous avons eu un doute. On s’est demandé si c’était nos yeux ou si des parties de l’écran bougeait en fonction de l’affichage. Et c’est bien le cas. Des blocs de LEDs se sortent de la surface de l’écran pour accentuer certaines animations ou des effets visuels. C’est totalement bluffant. Tout ça au milieu des chasseurs de Pokemon car un événement spécial du jeu Pokemon Go avait lieu dans le quartier et on voyait des parents accompagnant leurs enfants pour chasser les bestioles du jeu.

Non, ceci n’est pas un Renault Captur, c’est une Samsung QM3.

Le village Hanok (enfin)

Nous continuons notre périple en direction du Namsangol Hanok Village, en espérant que cette fois-ci ce sera « un vrai village » et pas un quartier de bobos. Chemin faisant, la pluie commence à tomber et la fatigue nous rattrape. Pause salvatrice dans un 7Eleven (les combinis c’est la vie). Aurélie tente un truc local tandis que je joue la sécurité avec un onigri poulet. Du moins je croyais avoir jouer la sécurité. Le machin était épicé. Mais genre épicé quoi. Au moins ça nous aura fait rire. Heureusement, le village n’était pas trop loin et pour un dimanche, on peut dire qu’il n’y avait pas trop de monde. Bien entendu, il ne s’agit pas d’un village authentique mais d’un rassemblement de maisons hanok. En effet celle-ci étaient disséminées un peu partout dans Séoul et ont été rassemblées ici afin d’être préservées. C’est plutôt sympa, pas surprenant architecturalement mais ça valait le coup. D’autant que nous sommes au pied du parc Namsan et de la N Tower qui sont nos prochains objectifs.

Pour aller au parc il a fallu prendre le chemin qui monte en sortant du village. Puis tourner à droite pour monter jusqu’à une grande artère. Pour traverser cette artère il fallu prendre la passerelle donc encore monter. Puis prendre un tunnel qui montait lui aussi. Et en sortant du tunnel, à droite après le parking du centre culturel c’était la montée finale jusqu’à la route qui traverse le parc. Ô surprise, elle monte également. Quand je dis que ça monte, je parle de pentes type butte Montmartre. Bref nous sommes montés.
En arrivant au bout de la route du parc, nous allons connaître notre gros échec du jour. Comme il était absolument hors de question de monter jusqu’à la N Tower à pied, Aurélie a proposé de prendre le téléphérique. Sauf que nous sommes dimanche et d’autres ont eu la même idée. Nous abdiquons.
Il nous faut un plan B. Et ce plan ce sera d’aller voir le parlement coréen qui se trouve à 40 minutes de métro. Le plus simple d’où nous sommes pour nous y rendre est d’aller attraper le métro à notre station préférée: Hoehyeon. Ceux qui ont suivi auront compris que nous sommes revenus à pied à notre point de départ de ce matin. Une blague de 13 kilomètres.

On se fait du sushi

Nous traînons donc nos carcasses jusqu’au métro. Aurélie n’en peut plus, ses pieds la font souffrir. Par miracle, elle a une place assise dans le métro pour quelques arrêts. Deux correspondances plus tard nous sortons du métro devant le parlement et là… Ha ben oui bien entendu c’est dans un parc immense et il est impossible d’approcher. En plus il y a un vent à décorner les bœufs et nous nous regardons en mode « bon on fait quoi là? » Je propose d’aller voir la rivière Hangang qui traverse Séoul et qui n’est pas loin. Vraiment pas loin pour le coup, juste 300 mètres. La vue est bof et se repose donc la question du « que fait-on? » Plus tôt dans la journée, Aurélie avait suggéré d’aller vers le quartier d’Hongdae pour boire un verre et éventuellement dîner. Quand je demande où c’est elle me répond « de l’autre côté du pont ». Du coup le plus rapide c’est quoi? Retourner au métro ou traverser le pont? Traverser le pont bien entendu. Et nous voila reparti, à pied vers Hongdae. 4 kilomètres.

Est-ce que ça valait le coup? Je pense oui. Le quartier est vivant, très sympa et avec la fac’ à côté c’est un joyeux foutoir. Néanmoins, les priorités reprennent le dessus: manger. Je repère un resto de sushis. Banco, pas envie de se prendre la tête, nous y allons. Sauf que le truc c’est qu’il s’agit d’un resto de sushi coréen. Nuance subtile mais nuance quand même. Dans les grandes lignes, c’est pareil à 90% sauf que les coréens y vont de leurs petites touches personnelles. Sushi au tartare de boeuf, à la crevette mozzarella et d’autre chose que nous n’avons pas identifier. Sans être dingue, ça a fait le job. Ensuite promenade a un train de sénateur dans le quartier avant d’abdiquer et de rentrer en métro.

Demain, le programme sera sans doute moins sexy et reposera sans doute encore plus sur l’impro car nous fait le tour de ce que nous avions prévu de voir. Là-dessus je vais me coucher, les 4h de sommeil de la nuit dernière n’étaient vraisemblablement pas suffisantes. Ajouté aux 20 kilomètres du jour (oui encore), je suis au bout du bout. Et il reste 15 jours à tenir.

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