Corée du Sud – Jour 6

« Tu vas voir ça va aller! Ce matin on fait la rando difficile et cet aprem on fait la facile. Ca va bien se passer » – Aurélie pleine d’espoir et d’entrain.

Après un petit déjeuner correct mais avec un café que je qualifierai de cataclysmique (même le soluble allemand est meilleur), deux zigotos s’en vont gaiement randonner dans le parc de Seoraksan.

Idée à la con n°1

L’idée aujourd’hui est d’enchaîner 2 randos qui donnent accès aux principaux points d’intérêt du parc. En général, nous préférons faire une boucle quand c’est possible histoire d’éviter de passer 2 fois par le même chemin. Sauf qu’ici, vu la configuration des points d’intérêts, ce n’est pas possible. Donc nous voila en route pour Ulsanbawi Rock, côté nord de la vallée. Nous traversons l’entrée du parc avec la première vague de visiteurs. Nous en perdrons 80% à l’approche du téléphérique qui donne accès à l’autre côté de la vallée.

Les 20% qui continuent peuvent admirer un magnifique bouddha en bronze d’un fort beau gabarit. Puis on s’éloigne vraiment de l’entrée du parc pour se diriger doucement mais surement vers une légère pente. Le chemin bétonné serpente le long de la rivière sous les arbres, la température est agréable. Pour l’instant tout va bien.
Nous arrivons au Seoraksan Sinheungsa Temple, un joli temple bouddhiste. Rien que nous n’ayons pas déjà vu ailleurs mais celui a son petit charme. Quelques photos plus tard nous repartons. C’est à ce moment là qu’on abandonne le chemin en béton pour un sentier sablonneux. Pour l’instant tout va bien.

La pente s’accentue gentiment et le sentier sablonneux devient un chemin de cailloux. Toujours sous les arbres, ceci est parfaitement tolérable. Ca monte de plus en plus, rien d’ingérable mais ça commence à tirer dans les papattes. Quand soudain, après un léger replat, ça se met à monter beaucoup plus fort. Ca restera de la sorte jusqu’à Heundeul Bawi Rock, un énorme rocher poser en surplomb sur un autre et tout proche d’un nouveau temple. Ce dernier ayant pour particularité d’être creuser dans la roche.
Pas de photo du temple car un moine y priait, vous devrez vous contentez de l’entrée.

C’est juste après cet arrêt que les choses très sérieuses commencent. Ca commence à monter très raide, les pierres du chemin sont irrégulières, ça tire fort dans les papattes. Histoire de prendre encore de la hauteur plus vite, on tombe sur un escalier. L’escalier est un faux ami. Non seulement il est raide mais les marches sont irrégulières.
A ce stade, Aurélie est déjà très loin devant pendant que je crache mes poumons à chaque marche. Finalement nous nous retrouvons à un des nombreux point de vue donnant sur la vallée. Je suis trempé et déjà au bout de ma vie. Je fais quelques photos tandis qu’elle est déjà repartie. Je ne la reverrai plus avant le sommet. Ce qui a pris un petit moment parce que comme si c’était encore possible, ça devient toujours plus raide jusqu’au moment où l’escalier est accroché à flan de falaise. Heureusement qu’il y a des cordes pour s’aider à avancer parce que sinon j’y serai encore.
A un moment, on arrive au pied du pic rocheux. Plus d’arbres pour protéger du soleil, rien. Juste des marches et encore des marches et les muscles des cuisses qui brûlent.

Une fois en haut, je tombe sur Aurélie qui est venue à ma rencontre. « J’ai cru que tu avais abandonné mais quand j’ai eu le wifi j’ai su que tu n’étais pas loin ». Comme c’est moi qui ait le pocket wifi dans le sac et que le machin n’a pas une grande portée, si ça capte, c’est que je maraude dans le secteur.
J’aime autant vous dire que j’étais loin d’être frais en arrivant. J’ai trouvé Aurélie plutôt en forme pour quelqu’un qui a soit disant galérer. Après les photos réglementaires, le plus dur reste à faire: redescendre sans se péter quoique ce soit.
2 heures et des patates pour monter, 1h pour redescendre… mais dans quel état. Les genoux répondent à peine et on a l’impression de ne plus savoir marcher sur le plat. Micro pause alimentaire une fois de retour à l’entrée du parc puis nous traversons la vallée pour aller sur le versant d’en face pour la rando facile.

Idée à la con n°2

La pause ayant fait du bien, nous voila parti vaillant mais pas trop vers les Towangseong Falls, des chutes d’eau de 320 mètres de haut. A ce moment là, nous nous sommes vu très beau, le chemin qui longe la rivière est parfaitement plat et… non c’est trop beau ça ne peu pas durer. Et en effet, dès qu’il bifurque dans le sous bois, après le panneau qui dit de faire attention aux ours, ça devient plus funky. C’est du caillou, très irréguliers et en plus humides. Beaucoup de plaisir. Ah j’oubliais, ça monte sinon ce n’est pas drôle.
La suite est un enchainement de ponts et de passerelles longeant ou passant dessus du torrent. C’est sans doute la partie la plus gérable de la montée car une fois arrivée au pont suspendu, la pente prend une toute autre allure. Genre raide, très raide et ce jusqu’aux Biryong Falls. Quand on arrive là, on a fait la partie la plus longue de la rando.

La plus longue oui mais pas la plus difficile. La suite c’est 800 mètres d’escaliers jusqu’à la plateforme autorisant la vue sur les Towangseong Falls. Je peux vous dire qu’aucune photo ne peut rendre justice à la raideur infernale de ces escaliers. J’ai pensé faire un stream sur Facebook pour illustrer la chose mais je me suis dit que si c’était pour voir des marches et m’entendre agoniser, ce n’était sans doute pas une bonne idée.
C’est pas compliqué, j’ai fait une pause environ tous les 30 mètres parce que je n’avais plus de souffle. Je peux aussi affirmer avec certitudes que je connais chaque centimètre de la rampe de bas en haut. Un enfer. Le pire c’est quand on lève la tête et que tout ce qu’on voit c’est toujours plus de marches.
Soudain j’entends « vas-y tu y es presque! » Aurélie, indéfectible soutient moral, arrivée depuis un petit moment déjà m’encourage avant que je m’effondre sur un banc. Elle confessera en avoir bien chier aussi. Je suis trempé et épuisé. Je fais quelques photos mais sans trop de motivation. Non seulement un nuage masque le soleil ce qui rend le paysage un peu terne mais les chutes n’ont pas leur débit maximum, ce qui a cet distance rend la chose un peu anecdotique. L’endroit reste néanmoins magnifique c’est juste difficile de l’apprécié quand tous les muscles du bas du corps crient « oskour » et qu’on a perdu un poumon en chemin.

Bien entendu, on repart par où on est venu donc rebelote dans l’autre sens. Et bien sur la descente est pire que la montée en terme de douleurs musculaires et articulaires. Le retour sur le plat environ 1h après avoir quitter le plateforme tout en haut sera salvateur. Nous mettrons néanmoins un temps infini à rentrer à l’hôtel parce qu’après un tel effort, traîner nos carcasses est limite surhumain.

« Il dit qu’il a plus de genou »

La petite bière après la douche fait du bien au moral et nous faisons le point de notre journée en grignotant des bretzels au cheddar. Chez Aurélie les tendons d’Achille et le genou droit sont douloureux. Chez bibi ce sont le genou droit et le côté droit de la hanche. Pour couronner le tout, j’ai sans doute chopper la mort à cause de mes fringues trempées.
Ce soir nous décidons de dîner à l’hôtel. Le resto est hors de prix mais nous avons vu qu’ils font une sorte de box de poulet frit servie avec des frites et des bières, le prix est correct, nous optons pour ça. Bien entendu comme nous sommes dans un 5 étoiles, nous appelons le room service et on nous amène ça directement dans sur le pas de la porte… ha oui non pardon, ici c’est le 5 étoiles où tu descends passer commande au resto et où on te rappelle pour que tu viennes chercher ton truc. On peut tailler des croupières à l’hôtel pour un tas de choses mais le personnel est absolument charmant. J’ai beaucoup aimé le coup de Google Trad de la jeune femme à l’accueil du restaurant pour être sûre qu’elle ne nous disait pas de bêtises. Quoiqu’il en soit, c’était très bien servi, vraiment bon et surtout très très nécessaire.
Je pense le retour en bus à Séoul demain va se transformer en giga sieste.

De belles têtes de vainqueur

Et pour finir les traditionnelles stats du jour. Distance parcourue: 24 kilomètres mais surtout 1214 mètres de dénivelé positif.

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