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14 octobre 2026

Japon improvisé – Jour 5

Départ d’Osaka pour Nagoya.

Petit rythme aujourd’hui, mais 19 km à pied « comme même ».

Le petit train

Sans trop me presser, je pars sous la pluie pour la gare de Shin-Osaka afin d’attraper mon shinkansen. Je me dis que, pour un dimanche, ce sera à peu près calme. Tu parles ! Ça dégueule de monde partout. Pas grave, je sais où je vais. La reco de la veille a été utile.

Sur le quai, c’est tout autant le foutoir. Ça attend n’importe où alors que sont clairement indiqués les endroits où les portes des voitures seront. Et pour pousser l’opti, on vous indique même quelle est la porte la plus proche de votre siège. Bah non, c’est visiblement trop compliqué pour certains.

Trajet sans encombre pour moi, mais un autre Français dans le wagon s’est distingué parce qu’il fraudait. J’ai pas saisi les détails, mais le contrôleur l’a dégagé. Bon, vu le profil du loustic, il n’y avait rien d’étonnant. Ce sont les mêmes qui fraudent chez nous dans les transports. Mais chut, pas d’amalgames, aimez-vous les uns les autres (non).

Une heure plus tard, je débarque à Nagoya pour trouver ENCORE plus de monde qu’à Osaka. Je comprends assez vite pourquoi. Se déroulent jusqu’à aujourd’hui en ville les Jeux asiatiques. Donc forcément, il y a des délégations internationales un peu partout.

Je pose la valise à l’hôtel et je file vers le « Musée commémoratif de l’industrie et de la technologie Toyota ». Beaucoup de mots pour dire : le musée Toyota. En effet, la société est originaire de la région.

J’ai donc appris que Toyota, avant de fabriquer des voitures, était spécialisée dans la soie et le tissu. C’est quand cette industrie a connu des difficultés au début du XXe siècle que Kiichiro Toyoda (avec un D comme Dusse) a cherché à se diversifier.

Le musée est donc divisé en deux pavillons. Un dédié au tissu et l’autre à l’automobile. Je vous laisse deviner lequel m’intéresse le plus.

Cela dit, le pavillon dédié au tissu est intéressant. On voit l’évolution des machines à tisser depuis le début jusqu’à la fin du XIXe siècle, puis jusqu’à aujourd’hui. Comme les Japonais ont le souci du détail, ils ont TOUS les modèles de machines. Elles sont toutes fonctionnelles et, devant la plupart d’entre elles, une démonstratrice passe sa journée à expliquer aux visiteurs comment ça fonctionne, dans un vacarme infernal.

Le pavillon automobile est à peine plus calme. Ils ont eu la riche idée de reconstituer des morceaux de chaînes d’assemblage de voitures. Sur le principe, c’est hyper intéressant de voir comment une voiture est assemblée. Sauf que c’est de la grosse machinerie et que même les robots soudeurs font un bruit d’enfer.

Mais ce qui m’amène vraiment, ce sont les modèles exposés. Entre la Prius originale et le minivan, on trouve des merveilles. Donc, un modèle de Toyota Celica de première génération, ainsi que l’iconique 2000GT et, bien entendu, la sublime Lexus LFA. Lexus est la marque haut de gamme de Toyota pour ceux qui l’ignorent.

500 exemplaires seulement et un V10 qui fait un bruit divin. Dire que, quand elle est sortie, personne n’en voulait et que maintenant, elles valent plus d’un million.

En sortant du musée, je reçois un message : « Rendez-vous à 15 h 30 ». Il est 13 h, c’est parfait. Pour m’occuper, je décide d’aller (re)voir le château de Nagoya. Qu’est-ce qui a changé depuis 2018 ? RIEN. Il est toujours en travaux, car les fondations ont été endommagées par un tremblement de terre. Huit ans, rien n’a bougé extérieurement. Par contre, on vous facture plein pot le droit de faire le tour du jardin.

Le temps de déjeuner, je file à mon rendez-vous, qui est au fin fond de la banlieue de Nagoya.

Liberty Walk

Explications.

À la descente de l’avion mercredi dernier, je rencontre Charles, un fondu de voitures japonaises. Il était au rang derrière le mien durant le vol et la conversation s’est engagée sur une connerie (comme souvent). On discute jusqu’à la douane, puis nous nous perdons de vue. Nous nous retrouvons dans le même wagon de train en allant vers Osaka. En discutant, il me dit qu’il vient rejoindre sa femme, qui travaille chez Liberty Walk à Nagoya. Et là, il ajoute : « Si dimanche tu es sur Nagoya, passe chez Liberty Walk. On te fera visiter. »

Je savais que Liberty Walk était à Nagoya, mais j’avais laissé de côté l’idée d’y aller, car c’est vraiment excentré. Mais là, vendu comme ça… Je lui dis OK.

Et donc aujourd’hui, après une bonne heure de trajet en train, puis de vadrouille dans une banlieue pas très palpitante, j’y suis.

Mais d’abord, c’est quoi Liberty Walk ? C’est une boîte de tuning fondée par Wataru Kato en 1993 à Nagoya et qui s’est fait une spécialité de faire des kits carrosserie pour élargir les voitures. Par exemple, vous prenez une Lamborghini Aventador, qui est déjà un beau bébé avec ses 2 mètres de large. Vous lui collez un kit Liberty Walk : + 15 cm de chaque côté et un look incomparable. Mais surtout, ce qui a fait la légende de la société, c’est que, pour eux, rien n’est sacré.

Modifier une Ferrari rarissime pour lui coller un kit large et faire hurler tous les puristes de la planète ? Ils l’ont fait. Faire pareil avec une Lamborghini vieille de 45 ans ? Aussi. Notez qu’ils le font aussi sur des Fiat 500. Les kits étant en production limitée, c’est la ruée dès qu’une nouvelle version sort. Bref, c’est légendaire, hors norme, outrancier et absolument génial. Notez aussi que c’est purement esthétique : ils ne touchent pas aux performances de la voiture.

Donc, bibi qui débarque au milieu de ça… J’ai dû dire au moins 50 fois que c’était n’importe quoi. Je retrouve Charles avec son fils de 6 ans, Ryo. P’tit gamin adorable qui court au milieu des Lamborghini comme si de rien n’était. J’ai droit à toutes les explications qui vont bien. Puis il me dit : « Viens, on va au deuxième showroom. » Ah OK. Donc, je le suis de l’autre côté de la rue. Le premier showroom était fou, celui-là est débile. Des Lambos, des Ferraris, toutes plus belles les unes que les autres.

J’avoue un énorme faible pour l’Aventador Roadster peinte en Rosa Acantis (vraie couleur Lamborghini).

Là débarque la femme de Charles. Très gentille. Nous discutons un moment de la façon dont nous nous sommes rencontrés avec Charles, etc. Et là, elle dit : « Je vais voir si on peut vous amener à Miami. » J’ai buggé. Elle revient 5 minutes plus tard et nous dit que c’est bon. « On prend l’Alphard et on y va. »

Décodage.

L’Alphard est un minivan. Dans sa version de base, c’est un truc familial basique. Là, c’est une version luxe avec des sièges indépendants à l’arrière, inclinables, chauffants, etc. Il sert à transporter les clients jusqu’à Miami. Miami, c’est le troisième showroom. Il n’est pas souvent ouvert, car c’est là, notamment, que sont conçues les voitures que Liberty Walk présente chaque année au Tokyo Auto Salon. C’est d’ailleurs devenu une des attractions principales du salon.

Comme il n’y a rien en cours, y aller ne pose pas de souci.

Dix minutes de voiture plus tard, les bras m’en tombent. Elle est là. Celle qui a tant fait pousser des cris d’orfraie à tous les ferraristes de la planète. La F40 Liberty Walk. Je dis à Charles que je suis partagé entre dire que c’est un sacrilège et crier au génie pour avoir osé. Ce qui le fait bien rire. J’ai touché la F40 Liberty Walk. J’ai touché une F40. Ça vaut 3 millions. Et là, un des gars de l’équipe déboule et me dit : « Hey, tu veux monter dans la première voiture de Wataru ? » Pardon ? Vous dites ?

Voilà. C’était deux heures au QG de Liberty Walk à Nagoya.

Je nierai être entré dans la boutique.

Une heure de train plus tard, je me pose enfin à l’hôtel. Je ressors vite fait pour dîner à 50 mètres de l’hôtel. Ce soir, resto niveau « expert ». Personne ne parle anglais et le menu est entièrement en japonais. Ils étaient morts de rire de me voir tout traduire avec le téléphone. J’ai un peu piffé, parce que ma confiance dans la traduction instantanée est limitée. Mais je me suis régalé. Dîner 100 % canard ce soir.

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