Changement de plan. Encore.
Pour des raisons purement financières, puisque tout est fait à l’arrache, j’ai trouvé une chaîne d’hôtels, les Toyoko Inn, avec un rapport qualité-prix correct. Vu le temps que je passe à l’hôtel, pas besoin d’un palace. On est sur un équivalent Campanile chez nous. N’empêche que la différence dans la qualité de service entre Osaka et Nagoya est perceptible.
L’autre château
Bien que j’aie un fichier bien rempli de choses à voir / à faire dans tout un tas d’endroits du monde, ce qui me permet d’avoir de quoi m’occuper durant ce voyage, ça n’empêche pas les drames. J’ai découvert hier soir avec stupeur (avec qui ?) que le château de Gifu était en travaux jusqu’en 2027. Dommage, c’était mon programme du jour. Il a donc fallu trouver un plan B.
Le plan B, c’est le château d’Inuyama, découvert sur un malentendu. Donc, ce matin, direction la gare pour galérer à trouver la bonne ligne de train. Parce que quand, dans la même gare, vous avez 3 compagnies différentes (la JR, la Kintetsu et la Meitetsu), savoir laquelle dessert votre destination n’est pas toujours aisé. J’ai encore une fois été sauvé par un local qui m’a vu perplexe devant un tableau d’affichage.
35 minutes plus tard, je débarque à Inuyama. Petite ville typique de la très grande banlieue des mégalopoles japonaises. Le château est à 15 minutes à pied. Le GPS me propose 2 chemins, j’en essaie un, je prendrai l’autre au retour. J’ai bien fait de le faire dans ce sens-là. Certes, ça grimpe un peu plus, mais il y a une petite vue sympa sur le château. En plus, on longe une rivière dans un quartier calme. Parfait.


Juste avant le château, il y a un sanctuaire dédié aux célibataires. Y faire une offrande garantit de trouver l’âme sœur. Je ne plaisante même pas. L’endroit est vraiment joli. On est en haut d’une colline, il y a le château juste au-dessus, c’est relativement calme et il y a assez peu de touristes. Ça se remplira un peu plus tard, mais c’était tout à fait tolérable niveau affluence. J’imagine que beaucoup font comme moi et se reportent sur ce château, car Gifu est fermé.








Quant au château, c’est une pépite. Un des 12 derniers châteaux authentiques du Japon et le plus vieux avec sa structure en bois. Le petit parc devant est grand juste ce qu’il faut. C’est vraiment une merveille.
L’intérieur… bah, c’est un château japonais, donc c’est plein de vide. Cela dit, il y a un effort de fait pour exposer quelques objets. Il y a des armures de samouraï, une maquette du château tel qu’il était lors de sa construction et quelques autres bricoles. Après 4 escaliers extrêmement raides, on arrive en haut et on est gratifié d’une vue à 360° sur les alentours. Bon, ce n’est pas folichon vu l’urbanisation autour, mais ça reste appréciable. On apercevait même Nagoya au loin.







Après m’être à moitié assommé dans l’escalier en redescendant à cause du plafond très bas (c’était pourtant indiqué), je retourne tranquillement vers la gare. En prenant cette fois l’autre chemin. Plus plat, mais aussi plus peuplé, car il passe dans une rue commerçante avec moult restaurants et pièges à touristes.
Comme nous sommes autour de midi et qu’il commence à faire faim, stop réglementaire au Lawson pour l’onigiri du midi. J’ai un faible pour le thon mayo, c’est terrible. J’arrive à la gare pile pour le train de 12 h 05. 25 minutes plus tard, j’étais déjà à Nagoya.
Doucement l’après-midi
Les plus attentifs noteront que le retour a été plus rapide que l’aller. Aller => Limited Express. Retour => Super Express. Les trains japonais et leurs variantes.
Dans mon grand livre de trucs à voir, j’avais noté des temples en centre-ville. L’un d’entre eux étant beaucoup trop loin, je décide de le zapper. Ōsu Kannon, par contre, n’étant qu’à 2,5 km, ça se fait tranquillement à pied. Bien entendu, il repleut. Trois fois rien, même pas de quoi mouiller le sol. Ce sont les restes du typhon qui est passé à 400 km à l’est du Japon ces jours-ci. C’est le troisième en un mois. Les deux fois précédentes, c’était une autre histoire. Il y avait 30 cm d’eau dans les rues de Tokyo.
Et pour compléter le tableau, ça a tremblé du côté d’Hiroshima. La routine ici.



Je passe sous silence le trajet : des travaux, des quartiers moches. La base. En revanche, le temple et son quartier sont sympas. Il y a tout un complexe de rues commerçantes couvertes près du temple. C’était bien de s’y promener. Au mieux, ça protégeait de la pluie ; au pire, du soleil « filtrant » qui rendait le temps lourd.
J’ai eu le malheur de rentrer dans un Don Quijote. Une chaîne de magasins spécialisée dans à peu près TOUTES les conneries de la galaxie. Entre la musique qui gueule, les vidéos qui piaillent dans certains rayons et les rayons en eux-mêmes, qui sont visuellement violents, l’expérience est éprouvante. On sort de là avec le cerveau semi-liquide.




Comme je vois que la tour Mirai n’est pas loin, je vais y jeter un œil. Bon… bah, c’est une tour, quoi. Cela dit, ça peut être sympa de nuit si c’est bien éclairé.
Chemin faisant, je tombe par hasard (vraiment) sur le Pokémon Center de Nagoya. Rien à voir avec les zoos d’Osaka et Kyoto. C’est plus calme, plus civilisé et surtout bien mieux achalandé. J’envisage sérieusement l’achat d’une valise cabine pour le retour. La seule chose qui m’en dissuade est de savoir où je vais la ranger en rentrant. Pas de conclusion hâtive sur ce qui s’est passé dans le Pokémon Center, svp.


Après ça, je décide de rentrer me poser un moment à l’hôtel. Un p’tit 45 minutes de marche. Je profite d’être rentré tôt pour aller voir la réception et leur demander s’il y a moyen d’expédier la valise non pas à mon prochain hôtel, mais à celui d’après. En effet, j’ai besoin de voyager léger pour un petit projet que j’ai de prévu mercredi matin. On croise les doigts pour que la météo soit de la partie, sinon ce seront plusieurs heures de marche pour rien.
Tout ça pour dire que le formulaire du takkyubin est rempli. Je pensais pouvoir le faire moi-même. Finalement, je suis allé demander de l’aide à la réception. Ce serait dommage d’envoyer la valise à Pyongyang.
Là-dessus, je ressors avec pour objectif de faire quelques photos de nuit. J’ai eu quelques idées, peu concluantes. À partir de là, le plan fut d’aller dîner et de finir par une bière au Scum, un des bars métal de Nagoya.
Sur le chemin de la Mirai Tower, je trouve un resto de tonkatsu. Ça tombe bien, c’était encore un des plats que je n’avais pas mangés cette fois-ci. J’opte pour le basique avec un œuf par-dessus. Pour 4,50 €, je ne vais pas faire la fine bouche. Je file ensuite faire des photos de la Mirai Tower. Nagoya me pose un problème. D’habitude, je n’ai aucun souci à m’orienter, mais ici, je n’y arrive simplement pas. Malgré le guidage du téléphone, j’arrive à me tromper d’avenue.
Tout ça pour dire que ça a été plus long que prévu pour arriver à bon port.




Je fais 2 ou 3 photos et il se met à pleuvoir. Mais contrairement à cet après-midi, ça tombe dru. Moi qui comptais un peu marauder dans les rues, je décide finalement d’aller au bar plus tôt que prévu. Je suis le premier client de la soirée. Première chose que fait Hiro, le barman, c’est de me filer la tablette pour que je choisisse la musique. Il me demande ensuite ce que je veux. Je lui dis que n’importe quelle bière fera l’affaire. Au pif, il me fait une sorte de bière épicée qui tabasse.
Là débarque un gars, pas du coin lui non plus, qui se commande un verre. Je vais lui filer la tablette pour qu’il mette sa musique. Nous discutons. Ali est le responsable média de la délégation qatarie des Jeux asiatiques qui se sont terminés hier à Nagoya. Bon, déjà, je vous avoue qu’un Qatari qui déboule dans un bar métal pour s’envoyer un whisky « on the rocks », j’étais pas prêt. Mais alors, la suite m’a achevé, au sens propre.
Il connaît le Black Dog et le Dr Feelgood à Paris et était au Fall of Summer 2017.



Il me demande si je reprends une bière. Je dis oui. Et là, il dit à Hiro d’ajouter des shots de Jägermeister en plus. Booooooooooon. 10 minutes plus tard, on prend les mêmes et on recommence. Entre-temps, un habitué débarque et nous voit faire nos singeries. Ça le fait marrer et, malgré la barrière de la langue, le duo devient trio. On garde la même recette de 21 h 30 jusqu’à 23 h. Tout en balançant du gros son, à tour de rôle. 23 h 30, j’abdique.
Et là, mon Qatari déçu me dit de rester pour un dernier verre. Les 3 shots précédents étaient DÉJÀ les derniers. Comme il voit que, cette fois-ci, je plie pour de bon, il me file sa carte de transport des Jeux asiatiques. Il m’explique qu’il ne s’en servira plus, donc autant que ça serve à quelqu’un. Je réponds que c’est gentil, mais que ce soir, j’ai remis 5 000 yens sur ma carte. Réponse : « Bah, comme ça, tu marcheras moins et tu prendras plus le métro. » Imparable.
Je vais pour payer une douloureuse qui va bien porter son nom et il me demande ce que je fais. Bah, je vais payer, mec ! Il a refusé. C’est lui qui rince. J’ai pas insisté.
Sorti du bar, il a fallu trouver le métro. Sobre, c’est déjà compliqué, alors dans cet état-là… ben, du premier coup. Bien que j’aie failli louper ma station, je trouve la bonne sortie du premier coup, de même que l’hôtel. Ce qui relève du prodige vu que, même avec le GPS en plein jour, j’ai galéré. Tout ça pour dire que je vais voyager aux frais du comité d’organisation des Jeux asiatiques.
Ce voyage est absurde et rien n’a aucun sens.
Ah oui ! Maintenant, faut que j’aille à Doha aussi.
