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14 octobre 2026

Japon improvisé – Jour 9

Rendez-vous avec la déesse.

Après notre soirée mouvementée d’hier, la nuit fut réparatrice mais courte. Surtout avec Flavie qui spamme les messages dès 6 h 30 du matin.

Ca grimpe

Nous nous étions donné rendez-vous à la gare à 8 h. Je la trouve sur un banc devant mon hôtel, en train de s’extasier sur la quantité prodigieuse de bouffe qu’elle vient d’acheter au konbini du coin. Je fais la remarque, car à midi elle oubliera de manger la moitié de ce qu’elle a acheté. Passons.

Nous partons donc pour notre expédition en direction du lac Ashi et surtout d’un point de vue qui est théoriquement assez fou sur la déesse : le mont Fuji. Je dis expédition, car il faut prendre deux trains, un funiculaire puis deux télécabines. Rien que ça.

Le second trajet en train vaut des points. La pente est à 8 %, ce qui est énorme pour un train. Bien entendu, tout ça prend du temps. Une bonne heure et demie pour atteindre le haut du télécabine. Mais là, la vue vaut le détour, surtout si, comme ce matin, le Fuji était assez bien visible. Deux fois, nous avons eu le sommet dégagé, mais il a fallu être rapides pour les photos, car ça change très, très vite.

L’autre « attraction » au sommet, ce sont des émanations de soufre. Donc, ça sent l’œuf pourri partout et ça fume. Ici, le piège à touristes, ce sont les œufs à la coquille noire cuits dans la vapeur volcanique. Difficile de dire que ça m’a fait envie. Pendant ce temps-là, Flavie courait partout pour faire des photos en disant que c’est génial 738 fois par seconde.

Nous reprenons le télécabine pour descendre côté lac. Mais nous décidons de nous arrêter à la gare intermédiaire pour finir la descente à pied. Au calme. Dans la forêt. Sans personne. Vraiment, c’était très, très sympa. Puis, une fois en bord de lac, nous nous posons pour déjeuner. Des pôtits chôts viendront rôder autour de nous, parce que vous comprenez bien qu’un onigiri thon mayo, ça attire les convoitises.

Non loin de là, nous voyons les bateaux à la déco douteuse qui déplacent les hordes de touristes jusqu’au point d’intérêt que sont le « Peace Tori », qui a pour particularité d’être dans l’eau, et un point de vue sur le Fuji avec le lac au premier plan. Spoiler : de tout ça, nous ne verrons rien.

Notre objectif était de voir le fameux tori et surtout de voir l’interminable file d’attente de gens qui attendent pour se prendre en photo devant. Donc, nous avons décidé d’y aller à pied.

La longue marche

Sur le papier, c’est une bonne idée. Factuellement, c’est plus compliqué que ça. Déjà parce que GMaps annonce des temps de trajet fantaisistes, mais surtout parce que toute la fin du trajet n’est PAS DU TOUT faite pour les piétons. J’y reviendrai.

Nous voilà donc en train de suivre un chemin cyclable à l’abri des arbres. Bien qu’à plus de 1 000 mètres d’altitude, il fait bon. Quand soudain, Flavie me stoppe net. Elle me fait signe de ne pas faire de bruit et pointe du doigt un cerf plus loin sur le chemin. Nous avons juste le temps de dégainer qu’il disparaît dans les bambous. Un grand merci au gars arrivant en face qui l’a fait fuir.

Flavie trouve l’endroit joli, mais comparé au lac d’Annecy, forcément… Cela dit, le Fuji à côté donne plus de cachet au lac Ashi.

Après une courte pause, nous reprenons notre chemin et là, c’est moi qui stoppe Flavie. Sur le chemin, 20 mètres plus loin, se trouve une biche. Puis deux. Puis trois. Elles nous voient, mais comme nous ne bougeons pas, elles font leur vie. L’une décide de partir à droite, l’autre à gauche, tandis que la troisième reste au milieu. Et là, un local débarque avec un grelot sur son sac, faisant clairement comprendre qu’il se tartinait le fiac des biches, et fait fuir tout le monde. Parfait.

Plus loin, nous tombons sur un temple à l’aspect inhabituel. Curieux, j’ai envie d’y aller. Flavie est plus réservée, car l’heure tourne et nous avons encore un tiers du chemin à faire. Mais elle se laisse convaincre. Le petit parc est joli, mais le clou de l’endroit, c’est le tori, lui aussi planté dans les eaux du lac. Et là… bah, y’a personne. Littéralement. C’est calme, la lumière est nickel. Top.

Un petit kilomètre plus loin, nous atteignons un nouvel arrêt pour les ferrys qui parcourent le lac. La distance jusqu’à l’autre tori est d’un kilomètre et demi. Il est 14 h 30. Ça se tente. Sauf que le chemin s’arrête. Continuer à pied implique de marcher sur une route sans bas-côté. Dangereux, donc hors de question. Nous faisons demi-tour et revenons au niveau des ferrys. Que faire ? Prendre un bateau pour y aller ? Ou bien commencer notre chemin de retour ?

Sachant qu’ici, il fait sombre dès 16 h 30 et nuit une heure plus tard.

Je suis chaud pour tenter le coup, mais Flavie me rappelle qu’il y a pas mal de chemin à faire, ne serait-ce que pour retourner prendre le télécabine, et que le trajet de retour va prendre du temps. C’est décidé, nous rentrons. Je vais me renseigner pour prendre le bateau. Le suivant est dans une heure. Pas envisageable. Et Flavie me dit : « Et si on prenait le bus ? » Bah oui, bien sûr ! C’est tellement évident que je m’en veux de ne pas y avoir pensé. Le prochain part dans 5 minutes. Lezgo.

20 minutes plus tard, nous sommes dans le télécabine. De retour au sommet, je constate que le Fuji est devenu invisible. Ensuite, ça s’enchaîne gentiment pendant une heure et demie. Le funiculaire et le train sont bien pleins. On sent que beaucoup de monde veut rentrer avant la nuit. Nous croiserons quand même des innocents qui iront dans l’autre sens alors qu’il n’y a rien à voir.

La meilleure soirée

Retour à Odawara vers 18 h. Le temps d’aider Flavie à prendre un billet de shinkansen pour la suite de son périple, il est presque déjà l’heure de dîner. Une nouvelle fois, je laisse le soin à Flavie de choisir le resto. Elle en trouve un de tonkatsu à 30 mètres de la gare. Parfait.

C’est bon et copieux. Pas comme hier.

De l’autre côté de la rue se trouve une salle d’arcade. Nous y trouvons des jeux de tir plutôt marrants. Surtout le premier, avec ses pirates zombies. Le second était dans un délire horrifique un peu crade, dans le noir, avec une banquette qui vibre et des projections d’air comprimé pour ajouter à l’ambiance. Ça, j’ai moins aimé.

À côté, il y avait une borne de Taiko no Tatsujin, un jeu de rythme basé sur les taiko (tambours japonais). Un gars était en train d’essorer le jeu dans un niveau de difficulté délirant. Sachant que le jeu en « normal » est déjà très dur.

Décidant de ne pas reproduire l’erreur d’hier soir et de chercher un bar, nous filons au konbini prendre des bières, avec en tête l’idée de nous poser dans le parc derrière l’hôtel de Flavie. Sauf qu’au lieu de ça, nous avons suivi les douves du château et avons trouvé un banc avec une vue incroyable. Les douves, un tour et un arbre rempli de hérons en train de dormir.

Les bières terminées, nous rentrerons dans le parc du château par une autre porte que celle d’hier. Il fait 22 °C, pas de vent, pas d’humidité : idéal pour une séance photo. Le temps de faire trois fois le tour des lieux, il est 21 h 30. Mes pieds agonisent (p’tit 18 km aujourd’hui), Flavie est rincée. Rendez-vous demain matin pour un café d’adieu.

9 h 14 – je pars au nord en direction de Tokyo.
9 h 35 – elle part au sud en direction de Shin-Fuji.

Point typhon : les deux dont j’ai parlé l’autre jour vont finalement éviter le pays.

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