Hawaii – Jour 5
Aujourd’hui il sera question de volcan, de lave, de clou, de lave, de cratère, de lave, de météo, de lave et aussi de pied… sur de la lave.
Ce matin au saut du lit, en bon frenchie rebelle mais pas trop, nous décidons de ne pas aller prendre le petit déjeuner à l’hôtel mais de nous rendre à Volcano Village, à 5 minutes en voiture parce que nous supposons que l’épicerie/snack/loueur de DVD/bureau de poste fera l’affaire. Et nous avons raison, le café y coûte une bouchée de pain, Aurélie trouve son bonheur avec du lait de coco, bref un petit déj’ à 8$.
Le début de la longue marche
Ensuite retour dans le parc des volcans, nous prenons Crater Rim Drive, la route qui longe les cratères du Kilauea et qui donne accès aux différents chemins de randonnée ainsi qu’à un certain nombre de points de vue. Etant donné la météo du jour et surtout l’heure matinale (autour de 8h), la visibilité était plutôt limitée et le temps pour le moins humide. Encore que ça, ce fut changeant du fait de l’altitude. En effet, au plus haut de la route nous sommes autour de 1100 mètres d’altitude, au plus bas on est au niveau de la mer. Mais pas besoin d’aller aussi bas pour constater un changement de temps.
Premier stop au niveau du Thurston Lava Tube. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un ancien conduit par lequel la lave coulait et qui a creusé un tunnel dans la roche. L’accès y est hyper facile et on peut se balader dedans sans souci, c’est éclairé mais un poil humide. L’heure matinale aidant, nous aurons le tunnel pour nous seul. Retour à l’automobile afin que mon chauffeur personnel me dépose à Pu’u Pua’i afin de profiter de la vue sur l’ancien cratère du Kilauea. Vu d’en haut on dirait un énorme gâteau au chocolat et dieu merci, le temps se lève un peu. Direction ensuite le Devastation Trail, un chemin de rando assez court qui passe au milieu de la forêt avant de sortir sur une montage de lave. Ce dernier étant très court, nous rebrousserons chemin pour attaquer une partie du Byron Ledge Trail qui lui part vers l’autre cratère du Kilauea, celui qui est actif et dont l’accès est purement et simplement interdit. Bah oui, c’est que ça crache là en bas. Au bout de 35 minutes nous décidons de stopper et quitter le chemin en mode « rebelle de la forêt » pour nous approcher du bord qui se trouve à une quinzaine de mètres du sentier mais qui demande de passer à travers la broussaille. Là Aurélie, se trouve une souche et se pose dessus afin de profiter du panorama pendant que je constaterai que la 4G à cet endroit est plus véloce qu’à Châtelet. Tout ça pour dire que le ciel se dégage un poil et que nous pouvons profiter de la vue sur l’immense cratère.
Une fois revenu à la voiture, décision est prise de revenir sur plus haut sur la route pour faire le Kilauea Iki Trail qui permet de descendre dans l’ancien cratère. Après 20 bonnes minutes d’une descente hyper humide dans la forêt, on débouche enfin sur la lune, au milieu du cratère. Bien qu’en libre accès, il est quand même indiqué de rester entre les balises parce que ça reste un poil actif dans le secteur. En témoigne la fumée qui sort par endroit. Après 35 minutes au fond de cette marmite géante – il y faisait une chaleur pas possible avec le soleil qui c’est enfin montré, nous décidons de remonter non sans avoir constater qu’ici aussi la 4G est plus performante que dans mes toilettes. Alors je vous vois venir, vous allez me dire que j’e n’ai rien de mieux à faire que de regarder mon téléphone alors que je suis au milieu d’un endroit complètement fou. Certes, n’empêche que c’est bon de savoir qu’il y a du réseau parce que si il y a un pépin, il faut pouvoir contacter les secours *excuse facile certes mais imparable – ET TOC*
Après 20 minutes d’une remontée aussi humide qu’éprouvante, retour à la case hôtel pour une douche et une analyse rapide de notre sortie matinale: à la louche 8km. Les pieds picotent déjà un peu et j’ai un truc bizarre dans ma chaussure gauche.
Aussi, un grand merci à monsieur Canon pour faire du matos photo qui ne craint pas l’humidité. Même si j’ai eu des soucis de condensation 🙁
La fin du semi-marathon
Ensuite nous décidons de rendre visite au Rangers de l’autre côté de la rue afin de savoir si il y a possibilité de voir de la lave qui coule. On nous explique que oui et qu’il y a 2 possibilités qui renvoie au même endroit.
La première, reprendre Crater Rim Drive jusqu’à l’océan, puis se taper 2h30 de marche (allé) et traverser la coulée de lave active sous réserve que les Rangers en bas du chemin vous laisse passer.
La seconde, aller à Kalapana, se taper 4,2 miles de marche (6,7km).
La première option a été un temps envisagée, mais la Rangers nous a expliqué qu’il valait mieux être bien équipé pour passer par là que c’était long, qu’il était déjà tard (13h) et que le temps de descendre jusqu’à l’océan, et d’y aller, on risquait de revenir dans le noir, toujours sous réserve que les Rangers en bas nous laisse passer. Comme temporellement parlant, les 2 options se valent, nous optons pour la sécurité et partons pour Kalapana.
Une fois sur place, nous voyons des panneaux « fin de la route, coulée de lave à xxx miles » puis plus de goudron, nous roulons sur une ancienne coulée de lave. Bien bien bien… Nous garons la voiture, la nous découvrons les marchands du temple qui pour 20$/tête vous amènent à la coulée active en tout terrain, à côté il y a le loueur de vélo (10$/h) et puis il y a l’option « même pas peur j’ai 2 pieds » pour laquelle nous optons. Et nous voilà donc parti pour 6,7 kilomètres de marche, plein soleil, au milieu d’un champ de lave qui n’en finit pas. On s’amuse de voir des maison au milieu de ce désert noir, puis on passe le premier check point au bout d’un mile (1,6km). On marche, on marche, j’ai une affreuse douleur au pied gauche, j’enlève ma chaussures, je regarde: rien. Aurélie réussie a enlevé la semelle et là, que voit-on? Un putain de clou planté dans ma semelle et qui me défonce le pied depuis ce matin. Impossible de l’enlevé, tant pis je ferai avec. Second check point à 2 miles, puis troisième à 3 miles puis enfin le dernier avec les panneaux de l’angoisse qui avertissent sur tous les dangers du lieux. On s’en fout, on est des dingues on y va. Les 6,7 km sont avalés en 1h20 – avec le vent dans le dos.
Une fois au bout de ce chemin des enfers, nous descendons vers l’océan parce que c’est là que ça se passe. Et en effet, à une petite centaine de mètres de nous, la lave en fusion rencontre l’océan dans une épaisse fumée blanche qui empêche de bien voir la coulée. On aperçoit par intermittence le orange incandescent de la lave avant qu’elle ne tombe dans l’eau.
CA C’EST FAIT.
Après 10 minutes de contemplation, Aurélie me dit qu’elle préfère que nous repartions afin de ne pas rentrer dans le noir. Même si il y a encore du temps avant que la lumière ne tombe, l’idée est tout sauf idiote car nous avons quand même 6,7 kilomètres à faire pour retrouver la voiture et dieu sait combien de temps nous allons mettre car maintenant, non seulement nous avons le vent dans le nez mais ne plus, nous avons déjà 6,7 km dans les papattes plus les 8km de ce matin. Chemin faisant, Aurélie me dit qu’elle est déçue de ce que nous avons vu, « tout ça pour ça » en somme. Car quand on regarde les photos du Visitor Center, on voit des gens à quelques mètres seulement de la coulée, du coup elle s’attendait à pouvoir être plus proche. Et c’est vrai, je la comprends, j’aurai aussi aimer être plus proche, sentir la chaleur du truc mais à côté de ça, je me dis aussi que nous avons eu la chance de voir un petit bout de la coulée mais aussi d’assister à la rencontre entre la lave et l’océan. Il y a 3 semaines, les 2 se côtoyaient mais ne se rencontraient pas, la nature est imprévisible, ça aurait pu stopper, on aurait pu ne rien voir du tout. Franchement, si j’avais su qu’au bout des 6,7 km il y avait « juste ça », j’y aurai sans doute réfléchit à 2 fois mais bon, nous y sommes allée: aucun regret.
Le retour à la voiture sera bouclé en 1h35, la dernier kilomètre ayant été plus que laborieux, d’autant que nous étions presque à court d’eau.
Intéressant aussi de voir le monde que nous croisons et qui se dirige vers là d’où nous venons afin de profiter du coucher de soleil et de la lave entrant dans l’eau. Ca devait être la foule là-bas vers 17h30. Bon courage à eux parce que se taper le chemin dans le noir…
Aurélie nous ramènera et se tapera encore une fois la pluie et la nuit en remontant vers l’hôtel alors que nous avons eu grand beau temps en bord de mer.
Le dîner se fera comme hier au Lava Rock Café de Volcano Village, le boui-boui charmant du coin. Ce soir j’ai tenté le Loco Moco, un plat en sauce. Comme je le disais hier: pas de la grande cuisine mais après avoir cavalé l’équivalent d’un demi-marathon, c’est ce qu’il me fallait. Aurélie se rabattra sur une Hawaiian Salad qui l’a comblé. Nous en profiterons pour tester la Big Wave, une bière locale franchement bonne et brassée à Kona. Ca tombe bien c’est là que nous allons demain.
Sinon j’ai réussi à enlever cette saloperie de clou de ma chaussure. J’ai aussi gagné un trou dans le pied à cause de lui.
Sur ces bonnes paroles je vais me coucher parce que je n’en peux plus. Mais alors plus du tout.
























































