Nouvelle Zélande – jour 5

Aujourd’hui, pour la première fois depuis le début, nous avons eu une journée calme, sans que quoique se soit de trop délirant n’arrive. Notez la nuance dans le propos.

Ca va vous faire plaisir, mais ce matin à Te Anau il pleuvait! Oui de la pluie qui mouille, qui rend les routes humides et qui réduit la visibilité. Départ après un copieux petit déjeuner – les oeufs brouillés auront ma peau – dont un café au goût douteux mais ça dans les pays anglo-saxon c’est une constante. Pas pire que la café japonais cependant, à vrai dire je ne sais pas si pire ça existe mais passons.
Direction le supermarché pour faire des provisions pour le pique nique du jour. Lucille tente toujours des trucs improbables avec des quiches couleurs locales faites par la « bakery » du supermarché tandis que je me rabats encore sur le pain au bacon. Evidemment, quand nous ressortons il ne pleut plus. Mais 10 kilomètres plus loin c’est de nouveau le déluge. La route jusqu’à Queenstown se fera donc sous la flotte. Rien d’insurmontable car le pays est bien plus plat qu’il n’y paraît. En effet, si on regarde Google Maps, on a l’impression de montagnes aux vallées encaissées et inhabitées alors qu’en fait c’est relativement plat avec des champs clôturés remplis de moutons, de vaches et de cerfs avec ici ou là un bled paumé. En fait le plus pénible est le dernier tiers, car la route qui longe le lac Wakatipu est du genre fatigante parce que ça tourne beaucoup, que c’est étroit et que les locaux ont une fâcheuse tendance à vous sucer le pare-choc avant de déboîter pour un dépassement à la visibilité limitée.

Toujours plus dans le n’importe quoi

Arrivée à Queenstown sous la pluie donc. C’est la « grande » ville de la région d’Otago avec ses 11.000 habitants, capitale mondiale des sports extrêmes: chute libre, jetboat, ski, rafting , parapente et la fierté locale: le bungy (le saut à l’élastique quoi) qui, dois-je vous le rappeler, est une invention kiwi (bien qu’inspiré d’une pratique venue des Vanuatu). Donc forcément, quand vous dites que vous allez à Queenstown, le premier truc qu’on vous demande c’est : « ha vous allez faire du bungy? » J’ai le vertige en haut d’un escabeau alors me jeter de mon plein gré dans le vide, c’est comme sauter depuis un avion parfait état de marche avec un drap plié dans le dos: du délire. Mais comme il ne faut jamais dire jamais… sur un malentendu… avec un peu Jägermeister dans le sang… parlant de ça, Lucille m’a empêché d’acheter la grande bouteille d’un litre qu’on trouve ici :'(
Aujourd’hui nous logeons chez Chris et Lesley qui tiennent un B&B sur les bords du lac Wakatipu. Super mignons, ils nous expliquent tout ce qu’il y a savoir sur le coin autour d’un café avant de nous montrer nos pénates. La « piaule »? On a encore franchit un palier supplémentaire dans le nawak total. A ce stade c’est un 2 pièces (45m² au bas mot)! Une cuisine équipée, un lave linge, un salon avec 2 canapés, une chambre avec dressing et lit king size, des lits jumeaux dans le salon et la vue qui va bien sur le lac. Après on peut ergoter sur le fait qu’on entend les voitures passer en contre-bas et qu’on n’a pas le soleil dans le salon toute la journée mais à ce stade c’est vouloir faire des copeaux avec des poils de cul.
Donc nous posons nos valises et devinez quoi, la pluie s’arrête. Décisions est prise d’aller au Kiwi Birdlife Park.

Putain de chinois

Comme son nom l’indique, le Kiwi Birdlife Park est un parc (merci Captain Obvious) où l’on peut voir des… KIWIS! Mais pas seulement, on y trouve aussi d’autres bestioles et piafs du coin. L’endroit est joli, on peine à croire que l’on est en pleine ville, et les gens du parc sont supers gentils, ils présentent les différents animaux avec les explications qui vont bien. Le clou de la visite étant bien entendu les kiwis – que vous ne verrez pas en photo – car les bestioles vivent la nuit et ne supportent pas les lumières vives, ils sont dans un enclos fermé et il faut une bonne minute avant que les yeux ne s’habituent à la pénombre. Bien entendu l’endroit attire moult touristes (comme la ville d’ailleurs) et les chinois se font remarquer par leur comportement déplacé – et je suis poli. Ils ont saoulé tout le monde, entre eux et les russes c’était un concours à celui qui serait le plus pénible et irrespectueux. Le français a du souci à se faire pour son trône de voyageur le plus mal éduqué.
Les kiwis donc, il en reste environ 70.000 dans tout le pays repartis entre les 5 espèces existantes. C’est assez gros, ça fait environ la taille d’une grosse poule, c’est monogame, ça peut vivre jusqu’à 50 ans (si ça ne croise pas un chien ou un opossum), ça court assez vite et ça pond un oeuf d’une taille imposante eu égard à son gabarit. Pour vous donner une idée de la taille de l’oeuf, c’est comme si une femme accouchait d’un enfant de 4 ans. Voila, voila. En sortant de là, direction le centre ville – 150 mètres plus loin.

Sarkozy, Flamby et immigration

Le centre ville de Queenstown me fait penser à une ancienne ville minière reconvertie dans le tourisme. Les bâtiments font très Californie durant la ruée vers l’or.
Lucille rentre dans une bijouterie vendant diverses conneries en lien avec le Seigneur des Anneaux. Là-dessus, captant que nous sommes français, le bijoutier entame la conversation. On enchaîne les banalités sur le taux de change et les pays visités jusqu’à ce qu’on en vienne à la politique.  Et sa première question porte sur les escapades nocturnes de Flamby… donc même ici, tout le monde sait que l’autre quichon fait le mariole avec une actrice qui à une époque a fait de la pub pour les quenelles PetitJean au lieu de gouverner. Mais en plus, avec un trait d’humour typiquement local, le bijoutier me demande si on ne finit pas par regretter Sarkozy en enchaînant les remarques sur les hausses d’impôt et la question ultime: « est-ce que vous n’avez pas un gros problème d’immigration en France? » La question m’aurait pris au dépourvu si ça avait été le premier à me la poser. Mais c’est bien la 2 ou 3ème personne à me faire cette réflexion depuis que nous sommes ici. Et à chaque fois, la réaction des gens est la même, ils semblent surpris que la France semble accueillir toute la misère du monde alors qu’elle n’en a pas les moyens, qu’elle laisse de côté ses enfants au profit de certains qui vivent au crochet du pays sans rien branler de leur journée. ‘tention, je n’exprime pas un avis perso mais le ressentit des gens auxquels j’ai parlé à travers leurs remarques et leurs questions.
Alors, elle est pas belle l’image de la France? Quel rayonnement à l’internationale! Ca plus les touristes français croisés ici où là qui sont à peine moins cons que les chinois… mais non je n’ai pas honte, pas du tout.
D’ailleurs, c’est fou le nombre de nationalités croisées ici. C’est un peu le bout du monde ce pays quand même, et bien on y croise à peu près toute la planète: chinois, japonais, canadiens, israéliens, suisses, russes, français, belges, allemands, anglais, australiens, danois, malaisiens, des gens avec des tshirts Wacken et j’en passe.

Bref, demain on va improviser car on n’a vraiment rien de prévu.

Bonus time: le resto du soir.
Sans vouloir sombrer dans le « french bashing » facile et gratuit et dire que tout est mieux ici – même il semble fortement que se soit le cas, quand on voit ce qu’on sert dans un resto de ville touristique comme Queenstown pour une trentaine d’euros à deux (bière incluse), on comprend facilement pour quoi la cuisine française n’est plus aussi cotée qu’auparavant. Par exemple, l’entrecôte de 250 grammes que je me suis enfilé ce soir avec sa sauce au vin rouge et ses pommes de terre « à la dauphinoise » (en français dans le texte), je pense qu’elle n’a pas ou peu d’équivalent qualitatif chez nous. Un morceau de viande comme ça, je crois bien n’en avoir jamais mangé d’aussi bon. De même, Lucille avec son chèvre à la polenta avec betterave, citrouille et salade, niveau mélange de saveur, créativité et qualité des produits… Ce soir serait un cas isolé, je n’en parlerais pas, mais globalement, hormis une fausse note à Te Anau où le resto était nase (largement compensé par celui du lendemain avec un poulet burger d’anthologie), jamais depuis le début du voyage nous n’avons fait un mauvais repas. Quant à la qualité du service, elle est à l’image des gens du pays: extra. Ce soir, le serveur s’est mélangé les pinceaux et est venu s’excuser d’une erreur qu’il n’avait pas commise. Un fou rire et une tape dans le dos plus tard, il offrait une portion de frites en plus du reste. Ok c’est peu de chose, mais le geste est appréciable (et apprécié parce que les frites butaient méchamment).
Depuis le temps que je dis que j’en ai plein le fion de la France, je ne suis pas loin d’appliquer le conseil de Sarko: La France tu l’aimes ou tu la quittes. Je l’aime de moins en moins et j’envisage de plus en plus de la quitter, et ici semble vraiment être une bonne option. Je suis même près à faire l’armée si nécessaire. Au moins je ne serais emmerdé que par mon bide et pas par ma coupe de cheveux.

Vous aimerez aussi...

1 réponse

  1. Corinne dit :

    Et voilà, bienvenue au club… Restez là-bas. Ici c’est la honte internationale, surtout depuis ce week-end. 🙁