Nouvelle Zélande – jour 4
Aujourd’hui je me dis que je devrais peut-être jouer au loto.
Vu la chance que nous avons depuis le début et en particulier aujourd’hui, sur un malentendu…
En parlant de malentendu, hier nous avons demander un petit coup de main à Edouard pour confirmer notre excursion du jour par téléphone. Et ce bon Edouard de venir nous voir en nous disant « ha demain vous allez au fjord donc! ». Ha bon? Heu… Le fin mot de l’histoire c’est que notre croisière du jour, j’avais compris qu’elle se faisait sur le lac Te Anau alors qu’en réalité, nous l’avons fait sur le Milford Sound, le plus grand, le plus beau, le « plus » fjord des fjords du coin. La différence? 120km sur une route mes petits amis, une route d’anthologie mais je vais y revenir. Bref tout ça pour dire que si Edouard n’avait été là, nous aurions loupé ce qui est plus bas dans la galerie – c’eut été criminel.
Le dernier paradis sur terre
Un jour quelqu’un m’a dit (non je ne suis pas en train de citer Carla Bruni) que la Nouvelle-Zélande était sans doute le dernier paradis sur Terre. Après ce que j’ai vu en 3 jours et surtout aujourd’hui, je ne suis pas loin de le penser également. Pour tout dire, il y a une légende maori qui dit que les dieux ont mis les sandflys en Nouvelle-Zélande parce qu’ils trouvaient le pays trop parfait – ça vous donné une idée de la beauté du lieu. Et les « sandflys » dont il est question sont les mouches des sables, une vraie tannée dont la piqûre peut s’infecter facilement si on se gratte trop. Et contrairement au moustique dont un seul spécimen à la fois vient faire chier son monde, ces saloperies attaquent en masse. Heureusement nous avons été relativement épargné (j’ai dit relativement).
Pour se rendre de Te Anau à Piopiotahi (le bout du bout de la fin du fin fond du chemin), il faut prendre une route. Non il faut prendre LA route, la seule et unique, celle qui peut être fermée parce qu’une caillasse de 50 tonnes est tombée dessus, parce qu’il y a 3 mètres 50 de neige en hiver, parce qu’il tombe des cordes ou simplement parce que par endroit il n’y pas 3 mètres de visibilité, bref ce genre de route là. Tout au long des 120 kilomètres, on en prend littéralement plein la gueule. On m’a déjà fait la remarque que j’avais une légère propension à l’exagération, si si je vous jure, mais sur la tête de mon chat, ce que nous avons vu aujourd’hui dépasse l’entendement. Cette fameuse route, nous l’empruntons le matin de bonne heure – il faut être à Pioupiouté-truc à 10h10 pour une croisière à 10h30. Sauf que les 120 kilomètres se font en 2h, à bon rythme et sans pause – à titre indicatif, pour rentrer nous avons mis 3h30 – pauses incluses c’est vous dire la gueule de la route.
Si le début est assez classique, paysage fait de landes et de buissons, d’un coup on se retrouve dans une forêt (pas de celle de Fanghorn mais son clone – oui référence au Seigneur des Anneaux encore) où j’ai du mettre les phares simplement parce qu’on y voyait rien. Ensuite la route s’élève, la végétation change pour ressembler à une forêt primaire, impression accentuée par les nuages très bas qui masquent les sommets autour. C’est pas compliqué, on se serait cru à Jurassic Park! En plus, avec le vent qui faisait craquer les arbres, un T-Rex aurait déboulé que ça ne nous aurait même pas surpris. La suite est du même tonneau. La route devient plus étroite ce qui fait qu’on sert les fesses quand on croise un car parce que les mecs du coin roulent comme des dingues, les ponts sont à voie unique et cerise sur le gâteau: LE TUNNEL!!! Tunnel à voie unique bien entendu, réguler par des feux de circulation avec à côté un compteur indiquant dans combien de temps on peut passer. L’alternance se faisant à peu près toutes les 6 minutes. En attendant notre tour, Lucille a été faire mumuse avec des Kéas (une espèce locale de perroquets) qui traînent dans le coin en espérant qu’un touriste transgresse l’interdiction de les nourrir. Quant au tunnel, c’est un tunnel « à la roots », pas de goudron, juste de la roche au sol, il est étayé juste ce qu’il faut et à peine assez haut pour que les cars puissent y passer. La sortie de l’autre côté se fait sur une route pas spécialement large mais avec 2 épingles à cheveux assez burnées dans leur genre (passer à plus de 25km/h c’est risqué de se foutre dans le ravin). Ensuite ça descend tout seul sur 30 kilomètres jusqu’au terminal des ferrys qui se trouvent au bout de cette fameuse route. Terminal flambant neuf qui surprend parce qu’après avoir traverser tout ça, on ne s’attend pas à trouver un bâtiment aussi moderne avec un parking géant pour les cars.
Le cul bordé de nouilles
Nous arrivons sur place à 10h12 – le parking étant situé à 300 mètres du terminal, nous arrivons au comptoir juste à temps pour récupérer nos pass et sauter sur le bateau. Le départ annoncé à 10h30 s’est fait en réalité à 10h25, c’était juste mais nous y sommes.
Très franchement, j’ai déjà pu faire des croisières de ce genre pour voir si où ça, la vérité est qu’au bout d’un moment, on finit toujours par se faire chier. Ici, durant les 3 heures, pas une minute je n’ai eu cette impression. C’est grand, c’est beau et il y a toujours un truc à regarder. La balade est rendue d’autant plus agréable car le capitaine du bateau est du genre facétieux et raconte des âneries tout au long du trajet. Une fois arrivé au bout du fjord, en pleine mer en fait, il s’amusera à mettre le bateau face aux vagues, histoire que ça tangue bien comme il faut ou bien une fois de retour dans le fjord, il approchera le bateau d’une chute d’eau pour que tout le monde soit trempé. Ceci dit, il nous a également approché au plus près des phoques échoués sur quelques rochers et des endroits qui valaient vraiment le coup d’oeil. A la cool, à la kiwi.
Entre 2 âneries du capitaine, on apprenait tout de même 2/3 choses intéressantes comme le fait que l’explorateur James Cook est passé 3 fois devant le fjord sans le voir car depuis la mer son entrée est bien camouflée (à voir sur les photos). Du coup c’est un baleinier cherchant à se mettre à l’abri d’une tempête qui l’a découvert. On a aussi appris la différence entre un « sound » et un « fjord ». Le « sound » est creusé par la mer, le « fjord » est creusé par un glacier. Alors pourquoi le Milford qui est un fjord se nomme sound? Parce que tous les fjords de NZ sont mal nommés, ça ne s’invente pas…
Le Milford Sound a cette particularité d’être l’endroit le plus humide de Nouvelle-Zélande. Il y pleut 8 à 9 mois dans l’année (il tombe en moyenne 7 à 8 mètres d’eau par an), le reste du temps en général c’est très très brumeux. Les jours de soleil, il y en a environ 8 ou 10 par an. Nous en avons eu un. Et selon les dires des gens du bateau, une journée comme celle-là, ça faisait un moment qu’ils n’en avaient pas eu. Donc autant vous dire que ce qu’il y a en photo dans la galerie est un peu exceptionnel. Mieux encore, les nuages se sont levés non seulement sur le fjord mais aussi sur les vallées alentour ce qui a rendu le trajet de retour complètement différent de l’allé. Ce n’était plus le même paysage. Un truc de fou.
‘fin voila, aujourd’hui nous avons vu des Kéas, la forêt de Fanghorn et une bonne pelleté de lieux qui auraient pu servir au Seigneur des Anneaux, un fjord sous le soleil et Jurassic Park. Est-ce que je vais arrêter les références cinématographiques? Beuh non pourquoi?
Ps: est-ce que je vous ai dit que ce chocolat au beurre de cacahuète poutrait méchamment?






































































Le « fjord » que vous avez vu, ce n’est pas celui de l’Argonath? Mais qu’est-ce que c’est beau !! (je sais je me répète).
L’Argonath a été filmé sur une rivière et en studio. Rien dans un fjord.
zut alors…