Je vous ai dit qu’il y avait l’intégrale Star Wars à la télé en ce moment ici? Et que demain c’est le premier épisode de la nouvelle saison d’Hawaii 5-0? Et que Agent Of S.H.I.E.L.D. a recommencé? Et que je vais louper le début de la nouvelle saison de Flash? Comment ça on s’en fout?
En dehors de la télé, il se passe des choses ici, des choses graves, des choses qui changent la vie comme par exemple un chiotte bouché à cause de pancakes explosifs. Calmez-vous, je vais vous expliquer.
Attentat gastrique et marche forcée
Ce matin, retour chez Wailana pour le petit déjeuner. Comme la dernière fois, nous arnaquons une place de parking au 7 Eleven à côté du resto, toujours en serrant les fesses pour retrouver la voiture au retour étant donné la folie furieuse qui s’empare des gens dès qu’une place de parking se libère. Par exemple, ce matin, ma manœuvre n’était même pas terminée que le mec s’engouffrait dans l’espace fraîchement libéré. Les gens sont possédés. Bref le petit déjeuner chez Wailana, ce matin: pancakes pour tout le monde. 3 chacun donc 3 fois plus de sirop d’érable, 3 fois plus de mal à finir et 3 fois plus de mal a digéré.
Une fois revenu à la voiture tant bien que mal tellement nous en avions jusque là, nous prenons la route de Diamond Head. Il ne s’agit rien de moins que d’un immense cratère situé long de la côte mais qui se retrouve plus ou moins en ville du fait de l’urbanisation. Heureusement que l’endroit est enregistré comme parc national afin de le protéger. Chemin faisant, nous prenons une averse venue de nulle part alors qu’il fait grand soleil, bizarre. La route d’accès grimpe le long du flan extérieur avant de bifurquer vers un tunnel qui donne accès à l’intérieur du cratère. Au milieu se trouve un parking de 50 places, la guérite des Rangers et un chemin de randonnée qui donne accès à la crête la plus élevée au sommet de laquelle la vue est prodigieuse. Mais avant d’arriver là, il faut… se garer! Oui encore. Il est à peine 9h du matin et le parking est déjà complet. En bon filous que nous sommes, nous ressortons du cratère, garons la voiture sur le parking du belvédère qui se trouve juste à la sortie du tunnel et retournons à pied dans le parc. Beaucoup auront la même idée, peu arriveront à se garer là. Du coup, soit on patiente gentiment dans le cratère qu’une place se libère, soit on va se garer au bout du monde et on revient à pied. Ce qui, étant donné la grimpette à se coller pour aller sur la crête, est une très très très mauvaise idée. En effet le début du chemin est assez facile mais dès qu’on attaque le flan du cratère, ça se met à grimper fort, comme en plus il est fait déjà un bon petit 29° ça devient vite l’enfer. Mais le pire, se sont les escaliers. Car oui, pour aller tout en haut, il y a un escalier de type très raide qui achève littéralement tout le monde. Mais ce n’est pas fini car au bout de l’escalier, il y a un tunnel qui mène à un autre escalier qui lui vous mène enfin tout en haut dans le bunker. Car en fait le belvédère est un ancien bunker qui servait de point d’observation pendant la Seconde Guerre Mondiale. Et pour sortir du machin, on doit passer par une échelle toute petite et se faufiler sous la chape de béton pour enfin sortir sur un micro chemin encombré par des hordes de chinois en transe armés de perche à selfie. Tout ça pour dire que ça demande un peu de condition physique. Oui il y a bien un chemin alternatif qui court le long de la crête mais vu la chaleur, je crois que je préfère les escaliers. Sinon le panorama est fabuleux, on domine Honolulu et Waikiki, on aperçoit au loin Pearl Harbor et de l’autre côté, il y a le cratère en contre-bas avec au loin Hanauma Bay.
Estimation: un demi pancake éliminé.
Obama Beach
Une fois redescendu, nous prenons la direction de Sandy Beach, connu pour être la plage préférée du régional de l’étape et actuel locataire de la Maison Blanche: Monsieur Barrack à frites.
La route jusqu’à Sandy Beach est super mignonne, on sent qu’on s’éloigne du centre ville et ça devient plus en plus vert. Quant à la plage, elle est vraiment chouette. Les rouleaux y sont superbes, les surfeurs s’en donnent à coeur joie, en revanche les baigneurs avaient aujourd’hui interdiction de mettre les pieds dans l’eau. Mieux qu’un long discours, les photos des vagues illustreront parfaitement le problème. En bord de plage, un rouleau de 3 mètres, c’était la base aujourd’hui. Donc les sauveteurs allaient faire de la prévention auprès des nombreux touristes en leur disant que si ils voulaient se baigner, il valait mieux aller à Waimanolo Beach, 10 kilomètres plus loin, tout aussi jolie mais bien plus abritée des courants. Ils expliquaient aussi qu’en gros, vu la taille des vagues, sans combinaison et/ou sans palmes, c’était très risqué et qu’on risquait de graves blessures au dos et au cou. Alors forcément au début, on est là à se dire « ouais que de la gueule c’est n’importe quoi » et puis on voit un mec sortir de l’eau pépère… enfin essayer de sortir de l’eau pépère car le reflux le ralenti beaucoup et puis d’un coup : PAF! La vague suivante arrive et le fauche, l’envoyant volé 10 mètres plus loin sur la plage. En fait, pour bien se rendre compte du truc, il suffit de rester assis 10 minutes à regarder les vagues. De gentilles vaguelettes propices au barbotage innocent, on passe à une espèce de machin qui crache des rouleaux dont le bruit qu’ils font en se fracassant sur la plage est aussi monstrueux que la force qu’ils dégagent.
Du coup, direction Waimanolo Beach. Alors, en arrivant sur place, nous avons hésité à nous arrêter. Non pas que se soit moche mais un bout de la plage est un camp de SDFs avec les tentes et tout le barda. 600/700 mètres plus loin, tout est « normal », nous décidons donc de nous arrêter là. Nous nous posons à quelques mètres de la casbah des sauveteurs et… PLOUF.
Intense séance de barbotage dans les gentilles vagues du coin. Enfin gentilles, il y en a quelques unes qui piquaient un peu mais rien à voir avec Sandy Beach. Le Pacifique ici a une température idéal, on y resterait une éternité mais il y a un moment où il faut finir par sortir parce qu’il y a encore quelques bricoles à faire aujourd’hui. Le temps de se rincer, de constater qu’on a pris des coups de soleil idiots, de se changer et nous voila en route pour les Manoa Falls.
Estimation: un tiers de pancake éliminé.
Chute! Chute du peloton!
Comme un fait exprès, les Manoa Falls se situent sur l’autre versant des montagnes, côté Honolulu, nous voila reparti pour faire un tour de con alors que techniquement nous ne sommes pas loin.
Il va vraiment falloir que je prenne le réflexe de fixer la GoPro sur la voiture pour filmer la route parce qu’encore une fois c’était très chouette mais impossible de s’arrêter. Enfin je dis ça, à ce stade la journée j’avais déjà flinguée 2 des 3 batteries.
Retour à Honolulu pour pouvoir accéder aux Manoa Falls, passage dans la banlieue avant de prendre une route au bout de nulle part qui part au milieu de la forêt. Au bout du chemin se trouve un parking (payant bien entendu) et un restaurant dont nous squatterons le parking. La suite? Un petit trek de 40 minutes dans la jungle (parce que c’est bien de ça qu’il s’agit) pour atteindre les chutes au bout d’un chemin de randonnée que le bureau des parc nationnaux qualifie de « chemin pour novice ». Sur le début je veux bien, le second tiers devient technique, enfin le dernier tiers est carrément hardcore et le faire en chaussures de sport/sandales est simplement délirant. Mais quand on ne sait pas… Parce que ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’on évolue dans la forêt, que l’humidité est maximale et que donc tout glisse: les racines, les cailloux, tout. Ca plus le fait que ça grimpe et que ce n’est pas large, j’en déconseillerais l’accès sans chaussures de rando. On y laisse une cheville, un genou ou un poignet comme qui rigole. Tout ça pour dire que c’est physique et que c’est tout sauf pour novice. Les petits vieux qui sont allés au bout avaient le moral.
Quant aux chutes, elles valaient bien le déplacement. Le côté sauvage de l’endroit a un petit je ne sais quoi de satisfaisant vu ce qu’on a galéré pour y parvenir. Sauf qu’après, il faut se retaper le chemin dans l’autre sens et comme chacun sait, la descente est plus dure que la montée.
Estimation: un demi pancake éliminé.
Miracle à Colombin les Deux Eglises
Une fois sorti de l’enfer vert, il est 16h, nous rentrons à l’hôtel. Et là, une nouvelle fois, les dieux de la place de parking sont avec nous. Arrivant sur Ala Wai Boulevard (l’artère qui mène à la rue de l’hôtel), je vois quoi? Une jolie place qui n’attend que moi. Miracle! Certes je suis garé à 10 minutes de l’hôtel, mais je suis garé – oui je sais que ça tourne à l’obsession ces histoires de parking mais je vous promets que c’est l’angoisse chaque fois que nous allons quelque part. J’ai une vidéo qui prouve tout ça.
Le reste de la soirée sera à la fois calme et épique. Calme parce que pour une fois nous sommes rentrés tôt, donc nous dînons tôt – ce soir c’est ramen, nous nous promenons sur la plage à Waikiki, assistons à une démonstration de danse avec du feu et rentrons tranquillement. Epique parce que nous avons du faire appel à Melvin et sa ventouse. Il a été dit quelque part que cet hôtel resterait dans les mémoires pour tout un tas de raisons que je ne m’explique pas mais toujours est-il que le chiotte était bouché et qu’on a frôlé l’inondation avec tout ce que cela implique. C’est là que Melvin, l’homme à tout faire de l’hôtel, débarque avec sa ventouse et nous débouche ça en 2 temps, 3 mouvements. Ca aurait moins eu le mérite de nous faire rire.
Estimation: chasse d’eau éliminée.
Voila, c’était notre dernier jour sur Oahu et à Honolulu. L’île est jolie et gagnerait sans doute à être explorer plus en profondeur. Quant à Honolulu, la ville est agréable, très verte et surtout très propre, chose assez effarante vu le monde et la quasi absence de poubelles. De la à venir y vivre, il y a un monde. Et puis il y a ces histoires de parking.
Bref. Je vous ai dit qu’il y avait Star Wars à la télé?










































