Japon – Jour 2
Traditionnel rime avec décibel. Mais si vous allez voir, tout est cohérent croyez-moi.
Quoi de plus traditionnel qu’un petit-dej pour commencer la journée? Hein? Bon jusque là rien d’anormal, ça se passe gentiment.
Marche, marches et démarche
Désirant profitez du beau temps, nous décidons d’aller à Kamakura, petite ville située à une soixante de kilomètres au sud-ouest de Tokyo. Pour s’y rendre, le train est notre meilleur allié. Nous voilà donc « en train » de traverser Tokyo pour aller à la très grosse gare de Shinagawa pour avoir notre train. Nous ferons un « léger » détour par Shibuya pour voir le fameux passage piéton qu’on voit partout dans les films. Bon sauf que ce matin il est plutôt désert. Je pense que nous reviendrons dans le coin pour le voir bondé. Nous passerons aussi devant la statue du chien Hachiko ainsi que devant la stèle dédiée à mon genou gauche, tombé au combat il y a 11 ans à ce fameux croisement. Retour dans le métro pour Shinagawa et en route pour Kamakura.
Les choses étant bien faite, le train nous laisse pile devant l’entrée du premier temple. L’endroit est toujours aussi somptueux, le soleil qui baigne l’endroit est agréable car il ne fait pas encore trop chaud. C’est la troisième fois que je viens à Kamakura et dans ce temple là en particulier. Et chaque fois je fais de nouvelles découvertes. Aujourd’hui ce fut un petit chemin qui menait à un joli point de vue sur tout le temple et ses environs. TOP. Nous finirons notre tour au bout d’une petite heure non sans avoir croisé une araignée tout droit venue de l’espace mammouth vu son gabarit. Une espèce de monstre faisant dans les 8 centimètres. C’est Aurélie qui l’a repéré, me voyant le nez en l’air, forcément tout le monde s’est mis à faire pareil…
Nous reprenons notre marche en direction du sanctuaire suivant un peu loin le long de la route. Comme il fait chaud, je tente un pif au distributeur. Je m’attendais à un truc un peu sucré, au final je me suis retrouvé avec de l’eau gazeuse. Ca aurait pu être pire.
Le sanctuaire suivant est un endroit qui m’est cher car c’est qu’il y a « le dragon », celui qui a servi de modèle à celui que j’ai sur le bras. Il est toujours aussi somptueux. Nous poursuivrons le tour « standard » de l’endroit en faisant un petit tour par les jardins avant de partir à l’aventure derrière le sanctuaire. On y trouve un petit point de vue qui, lorsqu’il fait beau, permet de voir d’un côté le Pacifique et de l’autre le mont Fuji. Bon par contre il se mérite parce que les escaliers pour y aller sont raides et comme il fait chaud, ce fut un « régal ». Cependant une fois en haut, le Pacifique était bien là et de le mont Fuji aussi. Je vais être honnête, j’ai pu le montrer à Aurélie parce que je savais où il se trouvait sinon on pouvait le manquer. Malgré sa hauteur, à presque 160 kilomètres à vol d’oiseau, le voir n’est pas une évidence. Petit bonus sympa, dans le petit temple à côté, un prêtre shinto priait en tapant sur son taiko, cela a donné à l’endroit un atmosphère assez géniale. Retour en bas et direction le centre ville de Kamakura pour le dernier temple à voir.
Je l’avais noté sans trop de conviction et j’ai eu raison. L’endroit est certes sympa mais bondé puisque situé en plein centre. Comme il surplombe la ville, ça permet au moins d’avoir un joli panorama. Nous ferons un petit tour dans les jardins de ce dernier avant de prendre la direction de la gare. Kamakura est une jolie petite ville mais hélas vraiment surchargée de touristes (dont nous). Du coup les prix s’en ressentent un peu. Comme j’avais faim et que les odeurs de bouffe me chatouillaient les narines depuis un moment, j’ai regardé les prix vite fait et c’était pas donné. Rien de délirant mais quand même. En arrivant à la gare, nous nous disons qu’il serait sage de reprendre à boire avant de monter dans le train. Nous trouvons donc un distributeur et la tentative de cascade tourne au drame. Un truc infect qu’Aurélie se fera un devoir de boire… un peu avant de finir par capituler. Imaginer un bouillon de poule avec un fort gout de céréales un peu amer servi glacé. Une horreur.
Improvisation impériale
Une fois dans le train de retour, se pose une question fondamentale: que faire du reste de la journée car il n’est que 14h30. Nous avons une grosse 50 cinquantaine de minute de train jusqu’à Tokyo donc la journée n’est pas terminée. Stopper à Yokohama qui est sur le chemin? Mmmm non. En étudiant le plan de la ligne, je constate qu’elle remonte jusque dans l’hyper centre de Tokyo. Je propose donc à Aurélie d’aller là, de traverser le quartier d’affaires puis de faire un tour dans les jardins du palais impérial puis de conclure par un passage dans un sanctuaire pas loin. Bonne cliente, elle me dit ok.
Une bonne sieste ferroviaire plus tard, nous descendons à Tokyo (la gare) et cherchons un peu notre chemin tellement l’endroit est labyrinthique. Je tente un pif (gagnant – une fois plus) qui nous fait sortir à proximité du palais.
Bon le palais impérial à Tokyo n’a en soit absolument rien d’intéressant. On n’en voit rien car tout est bouclé. Au mieux, on peut passer dans les jardins. Ce que nous ferons. Après une rapide fouille – quoique plus poussée que chez nous quand c’était la mode, on nous remet un jeton nous précisant l’heure de fermeture du parc. Malgré le nombre important de touristes, ça reste respirable et surtout c’est calme. Pas de bruit de voitures, rien. Déjà qu’en bord de route on n’entend quasiment pas les véhicules – car ici le goudron absorbe les bruits de roulement – alors dans le parc… Top mais parfois dangereux car on peut se faire surprendre par une voiture (hybride notamment). Bref nous rentrons par un côté des jardins et ressortons par l’autre en n’oubliant pas de rendre le jeton. En fait les jetons sont un moyen de comptage du nombre de personnes présentes dans les jardins à un instant T. Ils savent combien ils ont de jetons, ils savent combien ils en ont distribués… simple comme bonjour.
Nous passons ensuite devant le Budokan, énorme salle de concert (15.000 places) où Il Divo (un groupe de curetons je crois) était en représentation pour 4 soirs. Rien que ça.
Enfin nous arrivons au sanctuaire Yasukuni. L’endroit est connu car il abrite les cendres de nombreux héros de guerre japonais. Enfin certains sont considérés ici comme des héros et de l’autre côté de la mer (notamment en Chine) comme des criminels de guerre. J’aime autant vous dire que chaque fois qu’un dignitaire japonais passe dans le secteur, ça grince à Pékin. En soit l’endroit n’a rien de fou, seuls ses immenses Tori en acier mérite un coup d’oeil.
Ensuite, repli stratégique vers l’hôtel qui se trouve à 10 minutes à pied. Coïncidence? Non j’ai juste bien calculé mon coup. Hé ouais. Passons. Il est autour de 17h, à peine poser dans la chambre, le téléphone sonne. C’est la réception, une nana m’explique dans un anglais des enfers que ma valise est là. ENFIN! Ma titine! Viiiiiiiiiiiiiiite! Le temps de faire un peu de paperasse, de contrôler que tout est d’équerre, de dire merci 12.000 fois, je suis remonté avec ma précieuse. Blague à part, le service est top. Hier on m’a dit qu’elle serait livrée entre 16h et 18h. Je la récupère à 17. Pas mal.
Cours de cuisine et bar à nichons
Après être enfin redevenu présentable, il est temps d’aller manger.
Je propose à Aurélie d’aller vers Shinjuku, l’endroit est animé et ce serait bien le diable de ne pas trouver un resto qui nous convienne. Nous voilà donc de nouveau dans le métro, bien tassé comme il se doit.
A la sortie, Aurélie s’est prise une petite claque. Autant hier soir Odaiba était désert, autant là ça grouille de monde, il y a un bruit infernal et des trucs qui clignotent dans tous les sens. Shinjuku quoi! Disons que j’ai volontairement amené Aurélie à Kabukisho (le quartier « chaud » de Tokyo) pour qu’elle voit. Nous tournons un moment dans le quartier en quête d’un resto.
Accidentellement nous tombons sur Godzilla – je savais qu’il était dans le coin et avais prévu de venir le voir mais le hasard fait bien les choses… Comme Aurélie avait envie d’okonomiyaki, nous revenons sur nos pas vers un resto que nous avions repéré en passant. Direction le 7 ème étage (oui ici c’est normal). On nous installe et là un des serveurs remarque mon tshirt Hellfest et nous dit « j’adore Judas Priest! C’est mon groupe préféré je vais les voir en novembre ». Cool, on vient de se faire un pote! La particularité du restaurant que nous avons choisi est qu’on vous amène votre tambouille et que vous vous démmerdez avec votre plaque chauffante. Ni Aurélie ni moi n’avions jamais fait d’okonomiyaki avant ce soir. J’opte pour la version poulet, elle part sur la version fromage. Là, notre fan de Judas Priest débarque et nous fait un brief sur comment bien préparer notre plat. Parfait. Aurélie se lance. Un peu d’huile, on verse le bol d’ingrédients, on façonne le tout avec les spatules pour obtenir une galette d’environ 1cm d’épaisseur et zou ça cuit! Nous regardons nos voisins, ce n’est pas glorieux. Du coup en voyant celui d’Aurélie, nous sommes fiers de nous. Ensuite je me lance, je fais ma galette et notre fan du Priest revient superviser personnellement la cuisson de mon plat, prend sur lui faire faire l’assaisonnement. Bon… ok. Tout ça pour dire que nous avons réussi l’épreuve de l’okonomiyaki haut la main. Aurélie a assuré car elle a tout fait seule.
En sortant de là, Aurélie me dit qu’un petit dessert ne serait pas de trop. Ok direction la gare et son centre commercial. 100% de chances de trouver un truc sucré là-dedans. Premier couloir: bingo! Madame repart avec un petit flan à la patate douce. Comme la soirée est encore jeune, je lui propose d’aller voir de l’autre côté des rails les buildings du quartier d’affaires. Nous verrons les buildings (de loin) mais nous passerons surtout dans des petites ruelles très chouettes pleines de restos qui sentent bon la friture.
Et pour finir, direction le Godz. Ze bar Metal de Tokyo, celui qui sert de point de chute à tous les groupes du monde quand ils passent ici. Nous repassons sous les rails, retournons dans Kabukicho, évitons les rabatteurs des bars à hôtesses et des divers karaokés et nous y voila. L’endroit a été agrandi depuis mon premier passage, il y a une seconde salle et maintenant ils font des produis dérivés. Après, ça reste un bar avec de la musique qui passe très fort mais où la playlist est discutable. Malgré cela, l’endroit reste sympa. Au bout d’une petite heure, nous décidons de partir.
Chemin faisant, je m’arrête pour prendre en photo une pub pour un bar à chats, là un black me branche et me fait « single? ». Je le regarde en ayant l’air de dire « qu’est-ce que tu me veux? » et il enchaîne « titties bars? ». Faut croire que mon regard à ce moment là a dû lui dire d’aller se faire mettre parce qu’il a changé de tête et est parti sans se retourner. BREF.
En début de soirée, suite à un échange au sujet du métro local et de son apparente complexité, j’avais mis Aurélie au défi de nous ramener à l’hôtel sans aucune aide de ma part, persuadé qu’elle réussirait sans souci. A priori si j’écris ces lignes c’est que nous sommes rentrés sans encombres 🙂
Sur ces bonnes paroles je vais dormir, il est 1h30 du matin, je suis debout dans 6h et j’ai une journée marathon qui m’attend.



































































