Corée du Sud – Jour 1

Une nouvelle fois direction l’Asie pour un voyage planifié mais pas trop et toujours cette impression de ne pas trop savoir dans quoi on s’embarque. Direction la Corée du Sud.

L’idée de départ était de faire une semaine en Corée puis de faire 15 jours au Japon. Comme aucune agence de voyage sur la place de Paris ne capable de proposer ça, ou alors à un prix défiant l’entendement, nous avons du revoir notre copie. Nous avons donc opté pour 3 semaines au Japon. Mais ça c’était avant de voir les devis. 5000€ par tête. J’en rigole encore.

Ha mais vous comprenez le Japon est une destination très demandée et puis avec l’inflation, les billets d’avion ont augmenté. Et la guerre en Ukraine n’arrange rien. D’ailleurs nous sommes complets jusqu’en octobre.

Vraie réponse d’une agence de voyage

Avec des tarifs pareils on se demande comment. Bref, celui là aussi est allé se faire voir. Et là nous nous sommes dit « et pourquoi pas la Corée? » Nouveau devis, on nous annonce 3000€ par personne pour 10 jours. J’en ai recraché mon café en entendant ça. Aurélie, sort sa calculatrice et décide de voir ce que ça coûterait si nous faisions nous même ce qui nous est proposé pour 3000€. Elle arrive « grosse maille » à 1200€ par personne. La carotte est trop grosse.
C’est là que rentre en scène la soeurette qui nous refile un tuyau via une de ses collègues. Re-demande devis. Et là… nous en sommes tombés de notre chaise. Pour 3 semaines, à 2 (avion + hôtels): 2800€, on est en-dessous du devis précédent pour une personne. Bon bah… Let’s go.

Paris – Séoul

Comme nous sommes des fous, nous avons pris le RER pour aller à Roissy. Étrangement, rien à signaler sur ce point. Idem à Roissy si ce n’est pour dire que cet aéroport est toujours aussi pourri. Bref. Nous attendons notre avion gentiment et nous voyons l’équipage arrivée. Heureusement me direz-vous. Mais si j’en parle c’est à cause du nombre effarant de personnel navigant dans cet avion. J’en ai compté 34! Même pour une 747 c’est énorme. Passons
Le vol part 17 minutes de retard en plus des 30 minutes annoncés le matin même (et en aura 52 à l’arrivée). Ca se passe gentiment. L’offre de films est pléthorique, l’écran et le son de très bonne qualité. Pour regarder Indiana Jones 5 (nouvelle éclatante preuve que tout ce que touche Disney se transforme en truc marron qui ne sent pas bon) c’est presque trop. Je battrai également mon record d’heure de sommeil en avion avec 5. Comme les vols sont plus long vers l’Asie puisqu’on ne peut plus survoler la Russie ce n’est pas un mal.

Ayant fait un peu de repérage avant le départ, je savais que si il faisait beau et que si j’avais un siège du bon côté de l’avion, il serait sans doute possible d’apercevoir la Corée du Nord. Et ce fût le cas. Comme ce sera la seule fois du voyage où j’avais une chance de l’apercevoir, c’est fait. En effet, bien qu’il soit possible d’aller voir la frontière de plus près, c’est tellement cher et restrictif pour ce qu’il y a effectivement à voir, sans parler du côté un peu curiosité morbide, que nous avons décider de ne pas le faire.

Le passage de douane fut un peu long mais largement compensé par une récupération express du pocket wifi réservé à l’avance. Ce qui nous a autorisé à juger tous les gueux faisant la queue à tous les guichets proposant ce service et qui n’avaient pas de résa. Ici, comme au Japon, c’est la meilleure option pour pouvoir utiliser son téléphone sans exploser son budget (ça nous coûte 35€ pour 20 jours en data illimitées). Idem pour l’achat des cartes T Money (le porte monnaie électronique local), indispensable pour tout ce qui est métro et bus partout dans le pays. Ensuite c’est parti pour 1h10 de train depuis Incheon jusqu’à Seoul Central. Prendre l’A-Rex quand on a pris le RER B 15 heures plus tôt, on peut dire que le contraste est saisissant. S’en suivent 20 minutes de marche jusqu’à l’hôtel juste « parce que ». Il est 20h15 – heure locale, nous sommes enfin posés.

Mais non parce qu’il faut dîner. Heureusement, littéralement à 30 mètres de l’hôtel se trouvent une rue pleine de restaurants. Nous en choisirons un au pif. Ce sera barbecue coréen. La serveuse nous explique comment le menu fonctionne car pour pouvoir commander certaines choses, il faut en avoir pris d’autres au préalable. Dit comme ça, ça l’air d’une arnaque mais pas du tout. Nous partons donc sur un bon gros morceau de cochon. Là on nous amène des condiments et sauces et en plus de la soupe. Puis on nous pose un énorme morceau de viande sur le barbuc’ et là avec Aurélie on se regarde en se demandant ce que nous sommes censés faire du machin. Là le serveur revient et commence à nous le préparer. Ouf. Pour la petite histoire c’est comme ça que ça fonctionne ici, ce n’est pas juste pour nous « cons » d’occidentaux. En fin de préparation, le serveur nous conseille un mélange de sauce et nous précise ce qui est épicé et ce qui ne l’est pas. La suggestion du chef (si j’ose dire) était simplement incroyable. Avec une viande de cette qualité en plus… v’la le repas. Contents mais fatigués, nous rentrons pour essayer de de dormir.

Le matin calme

Après une nuit compliquée pour cause de décalage horaire (+ 7 heures dans ce sens), nous voila parti vers le Deoksugung – un des nombreux palais de la ville. Comme la plupart des dits palais c’est du « faux vieux mais vieux quand même ». Faux vieux parce que c’est plus récent qu’on ne le pense mais vieux quand même parce que ça a un peu plus d’un siècle. La raison est la guerre russo-japonaise de 1904 où les japonais ont purement et simplement colonisés le Corée et ont tout cramé. Ils n’ont été expulsé de Corée que suite à leur défaite en 1945.
L’endroit est situé dans un parc relativement calme et comme nous y étions quasiment à l’ouverture, vide. Du moins au début. S’en sont suivi les groupes scolaires et les premiers groupes de touristes. Parlant de ça, je sui effaré non seulement par le nombre de touristes occidentaux mais aussi par le nombre de touristes en général. Je ne pensais pas en voir autant. Passons.

Nous sortons de là pour aller au Gyeongbokgung qui est « le palais » à voir dans Séoul. En chemin nous stopperons devant la statue du roi Sejong Le Grand. Personnage important dans l’histoire du pays puisque c’est à lui que l’on doit l’hangeul – l’alphabet coréen. Truc « amusant », derrière le socle de la statue se trouve l’entrée d’un musée (gratuit) qui retrace son règne. On peut passer devant sans la voir. Le musée est en sous sol, sous la rue et est absolument énorme. Comme c’est archi blindé de groupes scolaires, nous en ferons le tour rapidement.
Nous repartons vers le Gyeongbokgung. L’endroit est très chouette, le chaud soleil aide à apprécier le lieu. Ce qui aide moins c’est la quantité affolante de touristes. Souvent vêtus de hanbok, l’habit traditionnel coréen. Pourquoi? Pour faire de l’appropriation culturelle comme le diraient les wokistes? Non. Parce qu’avec cette tenue, l’entrée en est gratuite. A 3 euros l’entrée, ça vaut le coup de payer 30€ la location à la journée… Mais si il n’y avait que ça. L’an dernier à New-York, les idiots qui faisaient n’importe quoi pour leurs photos Instagram m’avait déjà particulièrement exaspéré (euphémisme). Comme si c’était possible, aujourd’hui ce fut pire. Partout, tout le temps, des abrutis de tous pays/origines/religions nous ont pété les c******s pour leur selfie de merde. Ca pose son trépied dans le chemin et ça fait sa vie sans soucier des autres. Malheur à toi si tu oses apparaître dans le champ alors que ça fait déjà un moment que tu attends pour passer.

Sinon le Gyeongbokgung ? Joli. Très joli même. Cela étant, comme l’a fait remarqué Aurélie. Les pavillons de ce type, quand tu en as vue au Japon et à Taïwan comme nous, à un moment, ça finit par un peu se ressembler. Certes on voit les différences avec ceux des 2 exemples cités mais globalement c’est variations sur le même thème. Seul le cadre peut faire la différence. Ici avec tout cet espace autour c’était vraiment sympa. Nous passerons un long moment à tourner dans le parc pour finir au Hyangwonjeong Pavilion qui comme son nom l’indique est un pavillon. Il est posé au milieu d’un petit étang. Quelques photos plus tard, nous sortons à l’exact opposé d’où nous sommes rentrés dans le parc du Gyeongbokgung. Erreur? Non. Nous traversons la rue pour aller à Cheongwadae.

L’après-midi tout aussi calme

Cheongwadae c’est l’ancienne résidence des présidents coréen. Comme la présidence a démangé l’an dernier, l’endroit est depuis ouvert au public. Comme ça reste un bâtiment d’état, il faut montrer patte blanche pour rentrer. Rien de fou, juste donner son passeport, en échange on vous donne le droit de rentrer. Parce que oui c’est gratuit. Pour nous occidentaux, c’est juste un ancien palais présidentiel décoré avec un goût un peu douteux. Pour les coréens, c’est le signe de la bonne santé de leur démocratie (et ils y tiennent vu l’ahuri qui dirige le voisin 50 km plus au nord). Dans le bâtiment principal, on voit le bureau présidentiel (photo interdite), le bureau de la première dame (photo dispensable), quelques salles de réception (photo sans intérêt) et le grand escalier (spot photo incontournable). On peut ensuite aller voir (juste voir), l’ancienne résidence privée du locataire des lieux. C’est en style traditionnel coréen mais avec des volets en acier imitation bois, des vitres de 4cm d’épaisseur, des détecteurs de mouvements, des caméras infrarouges et ça c’est juste ce qui est « visible ». Sinon l’endroit est calme et superbe. Si la présidence vend, je suis preneur. Le jardin, la vue je signe quand vous voulez.

Aurélie, toujours aventureuse, me traîne faire le tour du jardin. Sauf que Séoul, à cet endroit, c’est raide. Très raide. Mais la grimpette valait le coup. Entre les arbres, la récompense était un petit panorama sur la partie de la ville que nous explorons depuis ce matin et qui doit représenter environ 10 à 15% de la superficie de Séoul. Séoul ce n’est pas grand, c’est absolument gigantesque. En dînant ce soir nous avons fait notre programme de demain, les temps de trajet en métro sont débiles. Mais je digresse.

En sortant delà, nous décidons d’aller voir un village hanok (les ancêtres des coréens si vous voulez). Il en existe (soit disant) plusieurs qui sont préservés en ville. Ce qu’on appelle village s’avère être en fait quelques pâtés de maison qui sont envahis par les bobos du coin et les touristes (comme nous). Déçu mais pas trop car nous sommes passés dans des coins sympas. Là-dessus nous filons vers le dernier palais du jour: le Changdeokgung. A ce stade, vous vous en doutez, lui aussi a été cramé et reconstruit et on est plus ou moins encore une fois sur une architecture similaire. Ca reste néanmoins très chouette. Coïncidence (non), nous retrouvons la même bande de « d’influenceuses » qu’au Gyeongbokgung et leurs perches à selfion. Est-ce que je me suis embrouillé avec? Peut-être. Peut-être pas.

Sortant de là, nous repartons vers l’hôtel un peu au pif en traversant des quartiers aux ambiances bien différentes. De celui spécialisés dans le bricolage et le gros œuvre, nous nous sommes retrouvés chez les diamantaires et courtiers en métaux précieux. Rigolo. Nous sommes ensuite remontés le long du canal Cheonggyecheon aménagé en contre bas de la route. En temps normal comme aujourd’hui c’est une promenade au calme au bord de l’eau avec des animaux qui font leur vie. Quand il pleut beaucoup, c’est un canal de délestage des eau de pluie (donc fermé au public).

Courte pause à l’hôtel puis nous décidons d’aller au marché de nuit de Namdaemun qui est 5 minutes à pied. Le concept du marché de nuit c’est qu’il ouvert la nuit. En théorie du moins. Parce que même si ici il fait nuit à 18h30, tout ou presque dans ce foutu marché est fermé à 19h. Une connaissance d’Aurélie nous avait conseillé de venir là parce que soit disant « on y mange bien ». Ce que nous avons vu dans les étales ne nous a pas emballé. Nous nous sommes rabattus sur une sorte de cantine typique de ce qu’on trouve ici ou au Japon. Bien que le patron parle peu anglais, nous nous sommes compris sans souci. C’était simple et vraiment très sympa.

24km à pied aujourd’hui, probablement moins demain. Ca méritait bien une glace sur le chemin du retour.

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