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14 octobre 2026

Japon Improvisé – Jour 4

26 kilomètres aujourd’hui. Dont 4 pour rien. Je le vis bien. Mes pieds beaucoup moins.

Le temps se rafraîchit un peu. Il ne fait plus que 24 °C au lieu des 30 de ces derniers jours. Pas plus mal.

Top Secret

Ce matin, direction MrHiro Car Studio. Un showroom rempli de voitures de folie.

Comme ce n’est qu’à 5 km de l’hôtel, j’y vais à pied. Ça permet de traverser des coins plus ou moins intéressants de la ville.

Le fait d’être matinal aide un peu. Je suis parmi les premiers dans le showroom vers 10 h. La porte s’ouvre, je tombe nez à nez avec une sublime Honda NSX parfaitement conservée et surtout 100 % d’origine. Info importante pour la suite.

Le petit gars de l’accueil me dit que je peux faire ce que je veux niveau photo tant que je ne touche pas aux voitures. Ça me va. Il me dit aussi qu’on peut les louer… Oui, bah oui, bien sûr. Sauf que mon permis n’est pas traduit en japonais pour la loc’, donc c’est mort. Sans parler du prix, qui est à la hauteur de ce qu’on vous met dans les mains. Vous allez comprendre.

MrHiro Car Studio, c’est la vitrine plus ou moins officielle du crew Top Secret. Un groupe de mécanos et préparateurs auto dont le boss est « Smoky » Nagata. Légende vivante de la culture automobile japonaise. Célèbre notamment pour avoir traversé l’Angleterre avec une Toyota Supra bodybuildée à une vitesse moyenne délirante de 320 km/h (oui, il s’est fait prendre et est reparti avec 100 £ d’amende et une interdiction de territoire de 10 ans). Dans ce showroom, il y a 2 voitures du crew Top Secret.

Et en plus, il s’agit de 2 modèles iconiques des voitures de sport nippones, à savoir la Nissan GTR en version R32 et surtout R34. Je sais que je parle chinois aux non-initiés, sachez juste que c’est « pipi culotte ». Il y a également 2 Toyota AE86, des Mazda RX-7 fortement modifiées, la Nissan Silvia S15 conçue par Daijiro Inada (un des pères fondateurs du drift) et surtout une Nissan GT-R 35 T-Spec dans sa magnifique peinture Millenium Jade.

En gros, t’aimes les bagnoles japonaises modifiées : c’est le paradis. Et les portes du paradis vont s’ouvrir en grand quand 2 couples de Ricains déboulent, allongent les dollars et louent la R34 Top Secret et la R35 T-Spec.

On va les entendre démarrer ? Pour de vrai ? Et les voir rouler aussi ? Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii.

Bien entendu, j’ai foiré ma vidéo des voitures qui s’engagent sur l’autoroute parce que sinon, ce n’est pas drôle. Mais je repars avec le sourire parce que c’était fou.

Petit détour

Là-dessus, je me dis que je vais aller à la gare de Shin-Osaka pour prendre mon billet de shinkansen. Histoire d’éviter de le faire en rush demain matin. Comme c’est à 10 km, je coupe la poire en deux. Je prends le métro jusqu’à Umeda et décide de finir à pied.

PIRE IDÉE.

Sur le chemin, je passe au pied d’un immeuble avec une autoroute en plein milieu. Oui, vous avez bien lu. Ensuite, c’est le drame. Je me suis retrouvé dans une zone en travaux à chercher une passerelle qui n’existe plus et à tourner dans un quartier résidentiel sans âme pendant une heure. Tout ça pour finalement revenir presque à Umeda puisque je me suis retrouvé dans un cul-de-sac. Petite boucle de 4 km pour le plaisir. Cela dit, j’ai quand même trouvé un petit temple de quartier assez sympathique.

Comme j’en ai plein les bottes, je saute dans le métro pour Shin-Osaka. Ce que j’aurais dû faire depuis le départ. Je prends mon billet sans souci et là, je me dis que je vais explorer le quartier. Fausse bonne idée. Il n’y a rien. Il est 14 h. Que faire ? Aller jusqu’à Wakayama pour voir le château ? C’est une heure de train. Ça se fait. Sauf qu’il faut acheter un billet, que la file aux machines est infinie et que le train est dans 13 minutes. J’abandonne l’idée. Du coup, je repars vers Umeda.

J’aime bien le coin. Il y a plein de magasins, de restos, c’est vivant. Je vais sûrement trouver un truc à faire. Hélas, non. En fait, j’ai surtout très mal aux pieds.

À force d’avoir tourné à droite, à gauche, je ne sais plus trop où je suis. Je cherche un métro pour retourner me poser un moment à l’hôtel. Et là, dans une petite rue, je tombe sur un bar très animé. L’équipe de baseball d’Osaka – les Henshin Tigers – joue le titre cet après-midi contre les Carps d’Hiroshima. C’est très vivant et rigolo à suivre avec les locaux.

Finalement, je me décide à rentrer. Je regarde le trajet sur le téléphone. OK, c’est parti. Sauf que j’oublie de tourner à un moment et que je m’en rends compte au bout de 10 minutes. Dans mon malheur, je trouve de l’autre côté de la rue un métro direct pour l’hôtel. 15 minutes plus tard, j’étais posé. C’est là que je découvre une cloque de la taille de la Corse sur un de mes orteils. Ceci expliquant cela.

Le temps de récupérer et je sors dîner. Je trouve l’inspiration devant un resto de sushis. Pas les meilleurs que j’ai mangés, mais pas les pires, loin s’en faut. Ce qui est rigolo, c’est qu’on commande sur une tablette et que votre assiette arrive via un tapis roulant quelques minutes après. Avec un p’tit thé vert, c’était nickel. Ce fut aussi, et de loin, mon repas le plus cher du voyage : 12 euros. Vu ce que je me suis envoyé, à Paris, c’était 50.

Pour finir en beauté, retour au RockRock comme l’autre soir. Et comme l’autre soir, la conversation va tourner autour du baseball. C’est un bar rock, mais je n’ai fait qu’y parler baseball. Ma voisine suivait en direct sur son téléphone les matchs restants. Comme les Tigers ont perdu cet après-midi, il fallait qu’une autre équipe batte un concurrent direct pour que les Tigers soient champions. Elle a fêté ça avec une demi-douzaine de verres de soju (alcool coréen) coupé au thé au jasmin.

Elle m’a fait goûter. C’est le traquenard absolu. Vu sa corpulence et la taille des verres, 6, c’est 4,5 de trop.

« Vous aimez l’eau? Dans 20 ou 30 ans y’en aura plus.  » JCVD (philosophe)

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