Loading
14 octobre 2026

Japon improvisé – Jour 7

Ce matin, départ de Nagoya pour Hamamatsu. Vous ne connaissez pas ? C’est normal.

J’ai un plan et il a 90 % de chances d’être foireux.

Correspondance express

Sur le papier, aujourd’hui et demain s’annonçaient comme les jours les plus aléatoires de ce périple. Déjà parce qu’il fallait être en capacité de voyager léger. Ça, j’ai presque envie de dire que c’était la partie la plus facile. La partie vraiment aléatoire, c’est demain, et la météo ne sera vraisemblablement pas avec moi. Ce qui veut dire que la journée va être trèèèèèès longue. Ou alors… J’improvise un plan B à l’arrache. J’aviserai demain matin en fonction d’un certain indice de visibilité.

Aller à Hamamatsu ? Facile. Il y a le très rapide et dispendieux shinkansen. Et puis il y a le « Local » de 9 h 46 (oui, j’ai traîné ce matin). Plus lent, moins cher et qui a fait le job pour aller jusqu’à Toyohashi, où j’avais une correspondance. Selon l’horaire officiel de la Japan Rail, j’avais très exactement une minute pour aller d’un train à l’autre. Large.

Le second train est un omnibus. Pas bien grave. Je ne suis pas vraiment pressé d’arriver, car je sais que les occupations sont pour le moins limitées à Hamamatsu. Pourquoi y avoir stoppé alors ? Bah, pourquoi pas en fait ?

Je laisse mon sac à dos dans une consigne à la gare, histoire d’être le plus léger possible. Je suis parti tellement léger que j’ai oublié ma bouteille dans le sac. Bref.

Donc, à Hamamatsu, il y a le siège de Suzuki, le centre de recherche Yamaha (division instruments de musique) et il y a un petit château tout mignon dans un parc très sympa. Le château date de 1958. Le donjon a été reconstruit à l’identique. Le reste n’a pas été recréé, car la ville empiète sur l’ancienne enceinte. Et puis il y a… bah voilà. Même en prenant le train le plus lent et en traînant à mort, il est 13 h 30 : la journée est pliée.

J’improvise en allant voir un temple dans le centre. C’est le temple du coin. Classique, basique. Rien d’exceptionnel. Et puis je me souviens que l’océan est tout proche. Donc, j’ai la pire des idées : aller voir l’océan. Ce ne sont que 5,5 km d’où je suis. Je fais ça en plein sous 32 °C, en traversant des quartiers résidentiels et des rizières. C’est long. Et puis enfin… un distributeur de glaces.

Il faut ensuite traverser les dunes pour enfin y arriver. M’est avis que les dunes ne sont pas naturelles et que c’est plutôt là pour protéger la ville en cas de tsunami. Il y a d’ailleurs des blocs en béton pour briser les vagues visibles le long de la côte.

Il y a un vent à décorner les bœufs, mais c’est agréable vu la chaleur. Quant au Pacifique, je n’y mettrai pas les pieds. Enfin, pas ici du moins. Les vagues faisaient autour de 3 mètres.

Trop

Dans les dunes, un clip de rock se tourne. Rigolo à regarder deux minutes. Deux minutes qui vont me coûter cher. Il est hors de question que je fasse le trajet retour à pied. J’opte donc pour le bus… que je vois me partir sous le nez. Je suis littéralement au cul du bus et le mec démarre. Bien. Le suivant est dans… ha bah tiens, une demi-heure. Je vais prendre à boire en attendant.

Le bus arrive et, ô surprise, il ne prend pas ma carte de transport. Il faut soit payer avec la carte du coin, soit payer en liquide. Est-ce que j’ai assez de monnaie ? Le suspense est insoutenable, car le prix augmente avec la distance. Oui, c’est bon.

Je récupère mon sac et je file à l’hôtel. Je l’ai choisi pour sa proximité avec la gare. J’ai une rue à traverser. C’est le seul truc positif que j’ai à dire sur l’hôtel. Je n’ai parlé à personne à l’accueil. Il y a des machines qui s’occupent de tout pour le check-in, donc on ne m’a même pas calculé. La chambre est OK en soi. À part la chasse d’eau qui goutte et me rend zinzin. Même porte fermée. L’insonorisation est cataclysmique. Une mouche pète à l’autre bout de l’étage, on l’entend.

Le moindre truc dans le couloir, on a l’impression qu’ils sont 12 à la porte. Et à l’étage, ce soir, j’ai des champions du « je vais d’une chambre à l’autre ». Je suis sorti une fois leur demander de faire moins de bruit. On m’a cordialement ignoré. La seconde fois, le « shut the fuck up » a été mieux intégré. J’appréhende le petit déj demain.

Avant ça, je suis quand même ressorti pour voir la non-existence de la vie nocturne ici. Pas un bar sympa, rien. Ou alors j’ai mal cherché. Ça s’est donc fini à la gare, dans un resto, littéralement sous les voies de shinkansen, qui tremble chaque fois qu’un train passe. Donc toutes les 5 minutes à peu près. J’ai commandé beaucoup trop à manger. En fait, j’ai surtout sous-estimé la taille des plats. C’était bon. J’ai tenté les soba avec de la tempura. Bah, je préfère les udon.

Donc, Hamamatsu, impression mitigée. Je sais qu’il y a des choses à voir dans le coin, mais être véhiculé est plus adapté, car les temples et autres grottes sont plutôt loin dans les terres. Certes, c’est accessible en transport, mais c’est la mission (genre 2 trains, 2 bus) et c’est long.

J’aurais peut-être dû rester une nuit de plus à Nagoya et rayonner autour. On fait assez vite le tour de la ville, mais il y a plein de choses dans le coin. Le circuit de Suzuka, Gifu, etc., etc.

Quant à demain… mon plan sent très fort le fion. Donc, je vais peut-être improviser un stop à Shizuoka dans la journée avant de reprendre la route vers le nord.

PS : comme j’étais sur la météo pour demain, j’ai aussi vu que 2 nouveaux typhons s’approchaient. Le premier devrait éviter le Japon. Par contre, le second, il y a un monde où il tape Tokyo à peu près à la date de mon retour. J’ai bien fait de poser mon mercredi.


Vous avez peut-être manqué